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Pas de mystère de la Pyramide Rhomboïdale

Jean-François Preveraud

Mis à jour le 28/04/2016 à 12h36

Pas de mystère de la Pyramide Rhomboïdale

La mise en places des détecteurs de muons pendant 40 jours n'a pas permis de trouver de chambre secrète au cœur de la Pyramide Rhomboïdale

© Egyptian Ministry of Antiquities, HIP Institute and the Faculty of Engineering (Cairo University)

La première campagne de ‘‘muographie’’ de la Pyramide Rhomboïdale construite pour le pharaon Snéfrou à Dahchour en Égypte vient de s’achever. Si la technique s’est avérée efficace, elle n’a toutefois pas permis de trouver de chambre secrète inconnue dans la structure de l’édifice.

L’équipe #ScanPyramids a présenté devant le ministre des Antiquités, le docteur Khaled El-Enany, l’ancien ministre des Antiquités le docteur Mamdouh El-Damaty et les membres du Comité Permanent des Antiquités égyptiennes les résultats de sa première campagne de muographie dans la pyramide rhomboïdale. Le principe de cette technologie innovante est de ‘‘radiographier’’ l’intérieur du monument grâce aux muons, des particules cosmiques qui bombardent en permanence la terre et sont capables de franchir des matériaux sur de grandes épaisseurs.

#ScanPyramids

La Faculté des ingénieurs de l’Université du Caire et l’Institut HIP (Heritage Innovation Preservation) ont lancé et coordonnent depuis le 25 octobre 2015, sous l’autorité du Ministère des Antiquités égyptien, le projet #ScanPyramids.

Celui-ci vise à ‘‘scanner’’, durant une année, les grandes pyramides d’Egypte (Kheops, Khephren, La Pyramide Rhomboïdale et la Pyramide Rouge). Il combine plusieurs disciplines non invasives et non destructives pour tenter de révéler la présence de structures internes méconnues à ce jour dans les monuments antiques et de mieux comprendre à la fois leur plan et leur construction.

Les technologies utilisées mêlent la thermographie infrarouge, la radiographie par muons et la reconstruction en 3D.

#ScanPyramids réunit plusieurs institutions scientifiques internationales dont le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives/France), l’Université de Nagoya (Japon), le KEK (High Energy Accelerator Research Organization – Tsukuba Japon), l’Université Laval (Quebec Canada).

 

Rappelons que l’équipe de l’Université de Nagoya (Japon) a installé en décembre 2015 dans la chambre basse de la pyramide un dispositif constitué de 40 plaques couvrant une surface totale de 3,5 m². Chaque plaque contenait 2 films sensibles aux muons. L’ensemble a été récupéré en janvier 2016, après 40 jours d’exposition – soit la durée de vie maximale des émulsions chimiques dans les conditions de température et d’humidité de la pyramide. Les films ont été ensuite développés dans un laboratoire spécialement installé au Grand Egyptian Museum, puis expédiés pour analyse à l’Université de Nagoya.

Pas de chambre secrète

Plus de 10 millions de trajectoires de muons ont été reconstruites. Avec un résultat spectaculaire : pour la première fois, on a pu ‘‘visualiser’’ la structure interne d’une pyramide égyptienne grâce aux muons. Les images obtenues montrent en effet la deuxième chambre de la pyramide, qui se trouve à une vingtaine de mètres au-dessus de la chambre basse où étaient placées les émulsions. Les statistiques accumulées pendant les 40 jours d’exposition ne sont pas suffisantes pour révéler avec précision les couloirs connus. En revanche, différentes simulations ont été réalisées en plaçant de manière aléatoire dans le cône de vision muonique une chambre hypothétique de taille supérieure ou égale à la chambre du haut. Ces simulations, comparées à la radiographie obtenue par l’équipe japonaise, permettraient de conclure qu'il n'existe pas d’autre pièce de ce type dans cet espace.


        Les scientifiques mettent en place les capteurs de muons dans la chambre principale

Une technique validée

Cette première scientifique valide la technique de muographie appliquée aux pyramides d’Egypte. La technique utilisée dans la pyramide Rhomboïdale va désormais être appliquée aux autres pyramides de l’ancien empire. Aux côtés des films à émulsion chimique de l’Université de Nagoya, deux autres types de capteurs, numériques, vont être déployés. Ils ont pour avantage de ne pas avoir un temps d’exposition limite, et de permettre une analyse en temps réel.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.scanpyramids.org

Le résumé de l'opération en images

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