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Partenariats de R&D tous azimuts pour le Cetim

Industrie et  Technologies
Le centre technique de la mécanique annonce pas moins de quatre partenariats majeurs dans le domaine de la R&D où les aspects conception ne sont pas oubliés. Les domaines concernés sont les matériaux composites, les procédés avancés de production, la méca


Le Centre Technique des Industries Mécanique (Cetim) a officialisé mercredi quatre partenariats majeurs. Cela a été l'occasion pour Philippe Choderlos de Laclos, directeur général, de présenter la stratégie de développement du centre technique. « Le cas du Cetim est unique en Europe car nous sommes issus d'une fédération professionnelle, celle de la mécanique, branche industrielle pour laquelle nous menons des actions de R&D et auprès de laquelle nous commercialisons des technologies associées. La poursuite de notre réussite et le développement de notre marché passent par un élargissement du cercle de nos partenaires et le développement de nos implantations internationales telle Cetim-Maroc Développement ».

Notons que cette volonté de développement international est partagée par l'association des Instituts Carnot, dont le Cetim fait partie. Un récent séminaire leur a ainsi permis de prendre contact avec les Instituts Fraunhofer en Allemagne, le TNO aux Pays-Bas et le VTT en Finlande.

« 2008 va être pour nous une étape importante. Nous souhaitons devenir l'un des grands organismes européens de R&D. Cela passe par le développement de partenariats avec des organismes "autoportants" et non plus en devenir. Les accords que nous présentons aujourd'hui illustrent parfaitement cette stratégie », estime Philippe Choderlos de Laclos.


Participation au Technocampus_EMC2

Le Cetim va participer au Technocampus_EMC2 qui est entrain de sortir de terre près de Nantes (44). Né de la volonté de la Région Pays de Loire de développer son tissu industriel d'entreprises, en particulier autour des matériaux composites, ce centre regroupera, dès mars 2009 sur 18 000 m², des laboratoires de recherche universitaires et industriels, un centre d'expertise sur les composites issu du Cetim, des halles industrielles équipées de moyens de caractérisation, de fabrication, de contrôle et de parachèvement de structures en composites, ainsi que de locaux dédiés à la formation et à l'information autour de ces matériaux. Plus de 300 personnes y seront employées.

Outre le Cetim, on retrouve dans cette opération, qui nécessite 45 millions d'euros pour la construction des bâtiments et 27 M€ pour leur équipement, des industriels tels EADS Innovation Works et Airbus, ainsi que des universitaires tels l'Ecole Centrale de Nantes (ECN), l'Ecole des Mines de Nantes (EMN), l'Ecole Polytechnique de l'Université de Nantes (Polytech) et l'Institut Catholique d'Arts et Métiers de Nantes (ICAM).

Une partie de la mécanique entre dans une phase de mutation profonde qui va l'amener à appréhender le passage culturel du métal vers le composite. Pour répondre aux besoins des filières de la mécanique, le Cetim estime qu'il doit augmenter son périmètre de savoir-faire dans les composites, en s'appuyant sur ses 25 années d'expertise dans le domaine et son cœur de métier "conception". Le projet Technocampus_EMC2 n'a de sens pour le Cetim que s'il constitue une réelle plate-forme de R&D et de transfert tournée vers des applications multi-filières au-delà d'un simple hébergement et d'une concentration physique de compétences.

La mutualisation au sein du Centre Technocampus_EMC2 des moyens et expertises du Cetim avec ceux d'acteurs aéronautiques très avancés technologiquement en Région Pays de Loire dans les matériaux composites (en particulier sur les procédés de mise en œuvre) est un facteur clé du développement de ces matériaux. Elle permettra au Cetim d'apporter une réponse globale aux besoins industriels, de l'idée de conception d'un nouveau produit jusqu'à son industrialisation.

« Les prestation que nous serons à même de réaliser iront du simple conseil en amont d'un projet à l'accompagnement d'industrialisations, voire à la participation à des projets collaboratifs, en passant par de la formation ou des prestations très ponctuelle », explique André Golvan, directeur marketing et technologies du Technocampus_EMC2.

http://www.technocampusemc2.fr


Collaboration avec l'Enise autour des procédés avancés de fabrication

Le Cetim signe un accord de coopération avec l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Saint-Étienne (Enise) pour développer des procédés innovants en usinage par enlèvement de matière, des technologies de fabrication directe de pièces mécaniques à partir de poudres, des revêtements épais, ainsi que des procédés de découpage et de cisaillage adiabatiques. Les domaines connexes de modélisation, de simulation, de contrôle et d'essais sont aussi couverts.

De plus, l'Enise et le Cetim vont créer, en association avec l'Ecole Nationale Supérieure des Mines de Saint-Étienne (ENSMSE), une structure commune d'accueil d'unités pilotes de production à dispositif partagé (UPDP). Chacune associera plusieurs industriels qui s'impliqueront dans le processus de validation technique et économique d'un procédé innovant, en partageant les risques et les résultats. Cette structure portera le nom de Centre de transfert, d'innovation et de recherche sur les Procédés Avancés de Fabrication (CPAF).

L'Enise et le Cetim se connaissent bien pour collaborer depuis plus de 10 ans dans des réseaux locaux puis nationaux (Mécapole, Ingrid, Viaméca, Mecafutur) et avoir réalisé un certain nombre de projets en commun (Inoprod, PIHT...). Durant cette période ils ont appris à travailler ensemble pour exploiter leurs complémentarités en R&D, sur les procédés avancés de fabrication, les transferts de technologies, l'innovation technologique et organisationnelle.

« Notre objectif est de proposer aux différentes communautés d'intérêt concernées, un espace commun dédié aux procédés avancés de fabrication et de mettre en synergie les moyens humains et matériels issus de nos sites », explique Bernard Laget, directeur de l'Enise. « Cela nous permettra de mieux accompagner les utilisateurs potentiels dans leur démarche de recherche, d'innovation, de formation et de transfert autour des procédés avancés de fabrication ».

http://www.enise.fr


Création d'un institut de mécatronique avec l'UTC

Nous avons déjà évoqué la création de cet institut commun dédié à la mécatronique, qui sera à la fois un pôle de formation, de R&D et de transfert, destiné à reprendre l'initiative dans ce domaine en Europe. Il commence à se mettre en place autour de la notion de "chaires thématiques". « Une chaire est un programme d'enseignement et de recherche qui est parfaitement adapté à la problématique mise en exergue par une profession dont les besoins ont été clairement identifiés. Dans le cadre de l'institut, elle trouve un prolongement naturel avec les projets de transfert industriel que nous menons avec le Cetim », explique Bruno Bachimont, directeur de la recherche de l'UTC.

Une chaire est légitimée par la pertinence du thème et la reconnaissance du porteur. Elle s'articule autour : d'un programme pédagogique ; d'un programme de recherche fondamentale, correspondant à une perspective du domaine ; d'un programme de R&D avec des points d'étapes aux résultats issus de la recherche fondamentale ; d'un processus d'évaluation, donc de révision de ces trois programmes. Sa mise en place se fait autour d'un enseignant universitaire de haut niveau, d'une logistique et d'un environnement de laboratoires de recherche fondamentale s'appuyant sur les structures existantes à l'UTC et au Cetim, de postes d'enseignants-chercheurs.

Deux chaires ont déjà été créées, l'une en hydraulique et pneumatique, l'autre sur les technologies de l'information pour la mécatronique. Si la première reste à dominante mécanique, elle s'articule toutefois autour d'une approche système dans laquelle l'électronique apporte flexibilité et précision. Elle bénéficie du soutien des principaux acteurs de la profession et de leur syndicat professionnel (Artema). La seconde chaire est, quant à elle, très orientée vers le traitement du signal avec ses applications aux capteurs, images et à la gestion numérique des processus.

« Ces chaires sont à la croisé des chemins entre la recherche industrielle, la recherche métier et la recherche académique. Le positionnement respectif de nos organismes fait que l'UTC est plus "R&d" et le Cetim plus "r&D". C'est pourquoi il est important que nous travaillions ensembles sur ces sujets. Nous allons ainsi créer un véritable "synchrotron de la connaissance et des compétences" qui, en les faisant tourner plus vite, fournira plus d'énergie », espère Bruno Bachimont.

http://www.utc.fr


Rapprochement avec le LRCCP dans les élastomères

Dernière annonce, celle du rapprochement avec le Laboratoire de Recherches et de Contrôle du Caoutchouc et des Plastiques (LRCCP). « Il existe une forte complémentarité entre la mécanique et le caoutchouc, matériau d'interface assurant des fonctions d'étanchéité et d'amortissement », constate Maurice Masdoumier, président du LRCCP. Ce laboratoire issu du Syndicat National du Caoutchouc et des Polymères (SNCP), emploi 35 personnes. 80 % de ses activités portent sur des prestations pour des clients privés et 20 % correspondent à des recherches d'intérêt général. Pour favoriser ce rapprochement, chacune des professions concernée va investir 500 k€ par an et s'engage dans un plan triennal reconductible.

« Le rapprochement entre les deux entités va permettre de mettre en place une équipe d'une centaine de chercheurs capables d'intervenir aussi bien sur les matériaux, les procédés, le dimensionnement et la simulation produit & process, ou les essais. Nous allons aussi mettre en place un programme d'études communes portant sur la modification des propriétés des polymères suite à l'incorporation de nanomatériaux, ainsi que sur le comportement des élastomères en contact avec des biolubrifiants. Nous sommes aussi ouverts à d'autres coopérations et partenariats au niveau européen ».

http://www.lrccp.com


On le voit, le Cetim entend aller vite dans de multiples domaines en misant sur une R&D forte avec des partenaires de premier plan. Il apporte dans ces coopérations son expérience du terrain, notamment auprès des PME, et une réelle expertise en conception, qui devraient permettre de faire déboucher l'ensemble de ces actions de R&D vers des innovations concrètes dans les produits industriels et leurs process de production.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.cetim.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 26 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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