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Paris Cyber Week : la crise du covid-19, catalyseur de la souveraineté numérique européenne ?

Kevin Poireault
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Paris Cyber Week : la crise du covid-19, catalyseur de la souveraineté numérique européenne ?

© Paris Cyber Week

Le 30 septembre et le 1er octobre avait lieu la Paris Cyber Week, événement annuel consacré à la cybersécurité et, plus généralement, à la santé du secteur numérique en France et en Europe. Lors de la table ronde d’ouverture, politiques et représentants du secteur privé du numérique ont voulu voir dans le plan de relance européen un moyen de faire émerger les pépites numériques européennes. A condition d’une stratégie commune des Etats-membres.

« Grâce à la crise, pour la première fois, le mot ‘souveraineté’ a été inscrit dans un accord européen », s’est réjouie Valérie Hayer, eurodéputée (LREM), invitée à une table ronde d’ouverture de la Paris Cyber Week, le 30 septembre. Celle-ci fait référence au plan de relance, signé le 21 juillet par les 27 Etats-membres de l’UE, dont 20% des 750 milliards d’euros sont consacrés à soutenir le secteur numérique européen. « C’est une formidable opportunité pour l’UE d’accélérer dans cette guerre technologique menée par les géants américains et chinois », a renchérit Guillaume Savornin, PDG du Centre national de prévention et de protection (CNPP), assis aux côté de la députée.

Dernièrement, la préférence européenne n’a pas toujours été de mise de la part des Etats européens – même pour ceux qui en sont ses plus grands défenseurs. Le choix initial de la solution de cloud Microsoft Azure par le gouvernement français pour héberger le futur Health Data Hub, sa plate-forme de données de santé, en est l’exemple le plus frappant. Et le covid-19, qui a contraint les entreprises à agir vite pour déployer des solutions numériques pour permettre à leurs employés de télétravailler, a largement bénéficié aux géants américains : « Chez Airbus, nous n’avions pas la capacité de connecter assez de personnes et nous avons dû nous diriger très rapidement vers des solutions… américaines », admet Frédéric Julhes, président d’Airbus Cybersecurity.

« Les géants du numérique doivent eux aussi contribuer à la relance européenne »

On pense aussi à la société de visioconférence américaine Zoom, dont le chiffre d’affaires a explosé avec la crise sanitaire (+355%). « Les outils de visio françaises ne tenaient pas l’échelle, assure Frédéric Julhes. Alors que les solutions américaines visent de base un public plus large. »

Marché trop fragmenté, écosystème trop compliqué pour les start-up européennes - « qui doivent multiplier les preuves de concepts à s’en épuiser avant qu’un géant arrive et signe le contrat à leur place », regrette le PDG –, l’Europe ne parvient pas à faire émerger ses pépites numériques.

Pour la majorité des invités de la Paris Cyber Week, l’Europe devrait aussi davantage réguler les géants extra-européens du numérique. « Tout d’abord, ces derniers doivent eux aussi contribuer à la relance européenne, on doit les taxer, insiste Valérie Hayer. Et il faut mettre la pression aux Etats-membres qui les accueillent, qui rechignent à une telle taxe. Il faut que l’Europe assume la préférence européenne. »

Un futur « Erasmus de la cyber »

Mais pour parvenir à faire émerger les start-up numériques européennes, les aider financièrement ne suffira pas, estime Guillaume Savornin : « Il faut aussi une coordination européenne des secteurs. Et quand on voit que, même au niveau de la politique sanitaire, on n’y parvient pas, je ne suis pas très optimiste sur cet aspect-là. »

Dans le cloud, l’initiative franco-allemande Gaia-X, qui vise à créer une offre multi-cloud européenne d’ici 2021, pourrait réussir là où d’autres ont échoué – notamment le cloud souverain français. Mais certains fustigent l’entrisme des Gafam, qui participent aux groupes de travail mis en place par l’association sur laquelle s’appuiera la plate-forme.

Côté cybersécurité, Jacques de La Rivière, cofondateur de Gatewatcher, a annoncé, lors de la Paris Cyber Week, que son entreprise collaborait avec d’autres acteurs européens du secteur pour créer l’« Erasmus de la cyber », une « plate-forme de partage d’information sur la cybersécurité qui sera mise à la disposition des gouvernements européens, des armées et des entreprises privées ». Une initiative prometteuse, qui pourrait faire tâche d’huile.

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