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Pacte Automobile : et les sous-traitants d'études ?

Industrie et  Technologies
Syntec Ingénierie, la Fédération de l'Ingénierie, souhaite que le volet concernant les sous-traitants du Pacte Automobile soit élargi aux acteurs de la R&D, qui représentent un tiers des forces dédiées à l'innovation dans ce secteur.


« Nous regrettons profondément que le volet consacré aux sous-traitants dans le Pacte Automobile concerne uniquement les aspects production, en oubliant la partie amont du développement des produits que sont la conception et l'ingénierie, allant ainsi à l'encontre de ce qui se fait dans d'autres pays tels l'Allemagne », tonne Karine Leverger, Déléguée Générale Adjointe du Syntec Ingénierie.

En effet, selon cette Fédération de l'Ingénierie, dans la R&D automobile aujourd'hui en France, 15 000 personnes - un tiers sur un total de 45 000 - sont des salariés de l'ingénierie industrielle et conseil en technologies, travaillant dans des sociétés telles : ABMI ; Akka ; Assystem ; Bertrandt ; Cergi ; ECM ; Magna Steyr ; Segula et Matra Automobile ; Teuchos ; etc.

D'ailleurs le taux d'externalisation de la R&D a progressé ces dix dernières années. Il serait ainsi passé de 11 % en 1991 à 15 % et 2005 et le phénomène ne ferait que s'amplifier depuis (source BIPE). De fait, ces prestataires extérieurs ont su développer des compétences pointues que les constructeurs n'ont plus dans leur périmètre. Ainsi, 80 % d'un véhicule sont désormais conçus et produits hors constructeurs.
Malgré cela, le Syntec-Ingénierie constate que la R&D est absente des mesures du Pacte Automobile.

C'est pourquoi il : 
  • 1°) demande qu'il soit tenu compte de la valeur-ajoutée des sociétés spécialisées dans l'innovation, en les incluant dans le Pacte Automobile au même titre que les constructeurs et les équipementiers, car elles sont indispensables à la conception des nouveaux véhicules ;
  • 2°) regrette que le développement de la filière soit, dans ce plan, confié aux grands industriels pour qu'ils "soutiennent" les PME et les ETI, et souhaite au contraire la création de véritables partenariats favorisant la co-traitance, pour faire émerger des champions dans ce secteur ;
  • 3°) propose que le nouveau code de performance et de bonnes pratiques soit réellement mis en Å“uvre y compris dans la R&D, pour mettre fin aux pratiques d'achat qui détruisent les partenaires : enchères inversées ; prix sans rapport avec le savoir-faire ; etc.

Concernant la mobilisation du dispositif de formation professionnelle, Syntec-Ingénierie souligne que des actions collectives ont été mises en Å“uvre dès 2007 dans l'ingénierie à partir de l'analyse des besoins en compétences par des études spécialisées.

En outre, une cellule de crise soutient depuis fin 2008 les sociétés d'ingénierie concernées pour :

  • - améliorer et accélérer la gestion des compétences dans les entreprises ;
  • - faciliter le recours aux formations existantes (par exemple au travers du financement des périodes de professionnalisation, de 100 à 600h) ;
  • - accompagner la mise en Å“uvre des nouvelles mesures du chômage partiel.
Qui développera les véhicules de la reprise ?

On peut en effet se demander comment les constructeurs automobiles vont pouvoir concevoir et développer les fameux produits innovants qui les sortiront de la crise en évinçant de leurs bureaux d'études les prestataires extérieurs qui leur apportent des savoir-faire qu'ils n'ont plus.

Une situation plus qu'inquiétante car les bureaux d'études sont à l'avant-garde des produits nouveaux. Et quand on sait qu'il faut au moins 36 mois pour développer un véhicule entièrement nouveau, voir 18 à 24 mois de plus s'il intègre des technologies réellement novatrices pour sa motorisation, on peut se demander à quelle échéance les constructeurs automobiles envisagent la sortie de la crise actuelle.

Une crise qui les a déjà conduit à arrêter les développements en cours de certains modèles haut de gamme ou complémentaires d'une gamme (coupé-cabriolet...) et à mettre les équipes concernées en stand-by.

Ils semblent oublier que sortir de la crise s'anticipe au bureau d'études en misant sur l'innovation.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.syntec-ingenierie.fr

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