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Open Innovation : Cisco parie sur les start-up et les chercheurs français

Juliette Raynal
Open Innovation : Cisco parie sur les start-up et les chercheurs français

© Juliette Raynal pour Industrie & Technologies

Le géant américain des réseaux a inauguré officiellement, jeudi 8 octobre, son nouveau centre de R&D parisien. John Chambers, le patron de Cisco, a profité de l'événement pour annoncer que 100 millions de dollars supplémentaires seraient débloqués afin de doper l'écosystème de start-up français.

Cisco double la mise. A l’occasion de l’inauguration officielle de son nouveau centre de R&D parisien, en présence du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, le spécialiste américain des réseaux a annoncé qu’il injecterait 100 millions de dollars supplémentaires dans l’écosystème de start-up français. Cette enveloppe vient s’ajouter aux 100 millions de dollars déjà débloqués en février dernier. Sur place, le patron de Cisco, John Chambers, n’a cessé de vanter le dynamisme de l’Hexagone en matière d’innovation : « C’est incroyable à quel point votre pays est en train de changer », et n’a pas hésité à comparer, à plusieurs reprises, la France à la Silicon Valley. Les fonds débloqués seront directement injectés dans les start-up ou indirectement via des fonds d’investissement. L'accent sera porté sur la cybersécurité, la Smart City et les réseaux intelligents. Depuis février dernier, 50 millions de dollars ont déjà été utilisés. « Je serais déçu si on s'arrêtait à 200 millions de dollars » a confié Robert Vassoyan, le directeur général de Cisco France.

Un centre basé à Paris, mais d'envergure mondiale

Outre cette enveloppe consacrée aux jeunes pousses, Cisco a donc ouvert un nouveau centre de R&D : le PIRL (Paris innovation research lab). Nichée au 6e étage des locaux parisiens, l’entité, qui représente un investissement d’un million de dollars, est pilotée par Alain Fiocco. Son épicentre : une salle de téléprésence immersive où 21 écrans couvrent deux murs de la pièce.  Présenté comme un véritable outil de travail, le dispositif vise à doter le centre de recherche d’une envergure mondiale. « Il est possible d’échanger et de co-innover avec des chercheurs situés à l’autre bout du monde, mais également avec les autres acteurs de l’écosystème français » explique Alain Fiocco. Des répliques plus petites de ce mur de téléprésence doivent d’ailleurs être déployées dans différents incubateurs, à commencer par celui de l’Ecole Polytechnique. « L’idée est d’implanter des mini-labs que l’on appelle les "Solution Garages". Ils comprendront, un mini data center, une station de téléprésence et un logiciel pour permettre aux différentes équipes de travailler sur nos API », détaille Alain Fiocco.

Sur place, une trentaine d’ingénieurs et de chercheurs planchent d’ores et déjà sur le futur des réseaux et des applications de Big Data et d’intelligence artificielle. « Nous travaillons, par exemple, sur un projet lié à la sécurité, qui vise à récupérer des flux d’information issus des réseaux afin de détecter des signaux faibles, et donc de potentielles attaques, grâce à des algorithmes de Machine Learning, expose Alain Fiocco. Cette technologie est utilisée pour des applications de cyberdéfense. Nous l’utilisons sur nos propres réseaux et nous avons déployé des POC (Proof of concept) sur des réseaux clients ». L’équipe de R&D travaille également sur la récupération en temps réel des informations issues de caméras, couplées à des données de géolocalisation, afin d’identifier des flux de passants. « L’enjeu aujourd’hui consiste à optimiser les algorithmes d’intelligence artificielle pour pouvoir travailler sur des vidéos en temps réel et non sur des informations stockées. Nous nous penchons aussi sur la normalisation des données », ajoute Alain Fiocco.

Des partenariats pour réinventer l'architecture d'Internet

L’équipe de recherche est également mobilisée autour de l’IPv6, le protocole Internet qui doit venir remplacer l’IPv4 grâce auquel les différentes adresses IP sont actuellement attribuées. « L’IPv6 existe depuis longtemps mais a eu beaucoup de mal à se déployer car il n’y avait pas de cas d’usages » raconte Alain Fiocco. Mais depuis l’explosion des objets connectés, la donne a bien changé et le protocole IPv4 arrive à bout de course. « Il n’y aura plus suffisamment d’adresses IP pour connecter toutes les infrastructures », précise le directeur du centre. Plus long et constitué d’une combinaison de chiffres et de lettres, le format de l’IPv6 permet d’avoir bien plus d’adresses que le protocole Internet actuellement utilisé. «Comparer l’IPv4 et l’IPv6, revient à comparer le volume d’un grain de sable à celui de la terre » explique un chercheur de l’équipe. « Nous travaillons également sur l’après IPv6 » confie Robert Vassoyan. Il s’agit ici d’un véritable changement de paradigme. « Avec l’Information Centric Networking (ICN), on pourra lancer une requête à travers tous les réseaux existants (3G, 4G, Wifi, etc.) en décrivant l’objet dont nous avons besoin, et non en donnant son adresse », détaille le directeur du PIRL. Ce projet de recherche fait l’objet de divers partenariats avec l’Inria, l’IRT SystemX et plusieurs industriels dont les noms n’ont pas été dévoilés. Tout comme Facebook, Cisco entend donc définitivement s’inscrire dans une logique d’Open Innovation et entretenir des liens étroits avec la communauté scientifique locale.

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