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« On attend toujours la CAO d’automatisme »

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Paris, le 17 mars. Lors de la journée organisée par le Club Automation sur «les méthodes et les outils pour l’automatisation», le responsable Qualité Automatisme de PSA a fait part de sa frustration quant aux outils de

La programmation des automatismes n’attire plus comme autrefois les foules. Une quarantaine de personnes seulement assistaient à la Journée débat organisé par le Club Automation le jeudi 17 mars 2005 et cela malgré l’intérêt du sujet traité : «les méthodes et les outils pour l’automatisation».

Très intéressant, le témoignage de Laurent Mauguy, responsable Qualité Automatisme chez PSA a fait le point sur les outils numériques qu’utilise le groupe automobile pour la mise en œuvre des automatismes de production. Et surtout, sur ses attentes pour faire face à des objectifs de production de plus en plus ambitieux.

«Le rythme de nos projets nécessite de plus en plus d’anticipation, car les délais sont de plus en plus serrés », indique le spécialiste. D’autre part, la pleine capacité de production exige une fiabilité sans défaut et donc une meilleure réalisation  des systèmes d’automatisme.»

Ces objectifs que doivent remplir les fournisseurs d’automatismes sont cependant, selon Laurent Mauguy, loin d’être atteints. La liste des attentes non satisfaites, toutjours la même depuis dix ans, est longue :
- la non-qualité en programmation, en schématique, en documentation (qui n’est pas à jour) ou en fonctionnel (oubli de fonctions car le programme n’est pas toujours très bien écrit) ;
- les données qui manquent de cohérence ou qui nécessitent plusieurs saisies avec des outils différents ce qui constitue une source d’erreurs…
- les constatation que la reconduction et la réutilisation de programmes restent rares (malgré des fonctions répétitives) et les fonctions de diagnostic ainsi que de remise en cycle sont toujours laborieuses.
- des coûts d’études qui ne baissent pas et des délais qui ne diminuent pas. « Ces délais vont donc devenir incompatibles avec notre volonté d’atteindre dans quelques années une production de 4 millions de véhicules », affirme l’ingénieur.

Alors que faire ? «Utiliser au mieux les outils actuels et développer des nouvelles solutions pour le développement et la mise en œuvre des automatismes », répond Laurent Mauguy.

Les outils actuels de simulation de la partie opérative des automatismes sont bien sûr nécessaires pour valider le fonctionnel et faire dialoguer les différents métiers intervenants sur un projet.

Mais il faut aussi valider les fonctions sensibles et non seulement le cycle nominal de l’installation. Une approche indispensable pour réduire les délais de conception et de mise en service des installations de production, faciliter et accélérer les interventions sur les moyens de production, éviter les tests longs et fastidieux sur site, obtenir la disponibilité des installations…

Les outils de simulation utilisés couramment par les fournisseurs de biens d’équipement qui travaillent avec PSA sont Simac (Prosyst/Schneider) et ControlBuild Validation (TNI Software).

Côté mise au point des installations, PSA utilise couramment des outils comme le Aidiag/Aidmap de Prosyst/Schneider et Codyscop+ d’Uptime System. Ces outils ne sont cependant utilisés que pour des installations qui posent un problème, donc en curatif.

«On attend toujours des outils intégrés dans les ateliers logiciels de fournisseurs d’automatisme», remarque Laurent Mauguy. En clair : les outils de conception assistée manquent toujours. «Les fournisseurs de biens d’équipements n’apportent pas la preuve que le ‘contrat’ est rempli : les outils de mise au point devrait être capables de mesurer l’atteinte des objectifs, ils devrait faire partie d’une démarche Qualité normale. »

Même constat pour les outils de contrôle du logiciel d’automatisme.

«Le contrôle à posteriori d’un programme reste d’actualité », déplore le spécialiste. L’écriture de programmes d’automatisme est une des faiblesses actuelles et ce domaine reste très sensible.» Il dépend de chaque programmeur, avec une rotation des programmeurs très importante, des programmeurs pas très motivés et jeunes, ce qui provoque une perte de maîtrise des règles de l’art…

« La situation se dégrade continuellement depuis dix ans avec des pertes de connaissances sensibles dans ce domaine », s’alarme le spécialiste de PSA.

Pour améliorer le contrôle du logiciel, le groupe automobile a développé en collaboration avec Siemens l’outil Logitest pour l’atelier logiciel Step 7. Les spécialistes de PSA sont d’autre part, en train de développer avec la société Novalis un outil de contrôle de programmes d’automatisme. Objectifs visés : des règles plus poussées, un traitement rapide et la compatibilité avec les différentes plates-formes de développement via le traducteur Glips (un langage de Novalis). PSA fait appel en effet, à trois fournisseurs, Schneider, Rockwell et Siemens, et les outils de deux premiers seront compatibles en 2005.

Mais ce qu’attend surtout le constructeur d’automobiles dans le domaine du contrôle du logiciel d’automatisme c’est une solution capable d’assurer cette fonction en temps réel à la saisie.

C’est l’outil de demain, à savoir, la conception assistée et automatisée des programmes d’automatisme. Capable autrement dit, d’automatiser le métier d’automaticien… C’est l’objectif du projet Spirale lancé en 1996, un développement réalisé en partenariat avec TNI Software.

«Aucun constructeur d’automatisme n’a voulu répondre à notre demande de partenariat », regrette l’ingénieur. Basé sur des standards internes PSA, l’application que développe le groupe et TNI utilise des outils comme SPEX (pour les spécifications) et Maxsim (pour la simulation). Avec une obligation indispensable : générer un code lisible selon la norme CEI1131-3. L’outil permettra de construire une application de manière graphique, avec des objets multi facettes (programme, schéma, documentation, etc.).

Un démonstrateur Spirale a vu le jour en 2000 (gestion de bibliothèque d’objet et de règles de conception, spécification graphique de l’installation, connexions automatiques entre objets, simulation de la partie opérative, électrique et logicielle, génération du schéma électrique, du programme automate, du manuel opérateur, vers consoles et traitements de texte).

Ce démonstrateur a été testé dans deux applications industrielles : le programme a été généré automatiquement pour un automate Siemens pilotant un circuit de manutention et pour un automate Schneider relié à Spirale, ce dernier étant utilisé comme simulateur de la partie opérative.

Dans le cas de l’automate Siemens, 70 à 80% du programme généré était bon du premier coup. Cette première expérience réussie a encouragé PSA a poursuivre les développements en collaboration avec TNI et Schneider. Le nouveau projet baptisé OI-PRO a été matérialisé dans la mise en test de cette solution sur deux projets pilotes chez PSA en 2004.

La faisabilité technique de l’approche a été ainsi prouvée dans des conditions industrielles. Prochaine étape : la concrétisation de ces recherches sur la base d’une bibliothèque de standards (un investissement), avec des développements supportés par les constructeurs d’automatismes ou permettant d’alimenter leurs ateliers logiciels, en liaison avec les autres outils (de schématique, de documentation, d’imagerie, etc.)…

Cette évolution devra être accompagnée d’un changement de comportement : les mentalités des développeurs au BE doivent évoluer, le métier de programmeur changera pour passer à celui de spécificateur, les fournisseurs d’automatismes devront s’impliquer plus. Bref une rupture technologique et comportementale est indispensable en conception et en qualité pour améliorer l’efficacité du millier de conception d’automatismes effectués bon an mal an chez PSA avec des fournisseurs différents.

Et pour boucler la boucle, ces futurs outils devront être relié avec les outils numériques de simulation de processus de production comme ceux de Tecnomatix ou Dextus.

«Reste maintenant à passer du rêve à la réalité», conclut l’expert de PSA. Si Dieu le veut, l’homme le pourra aussi…

Mirel Scherer

 

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