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Nucléaire : L'Andra cherche des idées pour gérer ses futurs déchets

 Nucléaire : L'Andra cherche des idées pour gérer ses futurs déchets

Démantèlement du dernier réacteur du CEA de Grenoble, en janvier 2013

Douze projets de gestion des déchets radioactifs ont été retenus parmi les 29 projets présentés dans le cadre de l'appel à projets lancé en novembre 2014 par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) et l'Agence nationale de la recherche (ANR). Ils doivent aider l'Andra à trouver des solutions innovantes face aux volumes croissant des déchets à venir dus aux démantèlements des centrales en fin de vie.

La gestion des déchets radioactifs issus du démantèlement des installations nucléaires est un enjeu majeur pour la France. Dans les années à venir, la part de ces déchets va en effet croître considérablement avec le grand carénage : 1,1 million de m3 de déchets de très faible activité (TFA) et 1,2 million de m3 de déchets de faible et moyenne activité (FMA) devraient être produits d’ici 2030, auxquels il faut rajouter les déchets de haute activité (HA), pour un volume total de 2,5 millions de m3, et presque le double à la fin de vie des installations actuelles.

Avec le volume croissant des démantèlements qui vont arriver, le volume des déchets sera tel que les solutions actuelles de stockage, de 1,3 millions de m3 seront insuffisantes. « Nous devons avoir une solution pour tous les déchets, » explique  Bruno Cahen, directeur industriel de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). En outre, « nous n’avons jamais démantelé de réacteur EDF ».

Trouver des solutions alternatives au stockage

Des solutions alternatives au stockage existent évidemment, principalement pour les déchets TFA. Une fois récupérés, les déchets peuvent être recyclés, par exemple des aciers TFA qui une fois décontaminés pourraient être réutilisés dans de nouvelles installations. Ils peuvent également être réutilisés autrement, toujours pour le nucléaire, c’est l’option possible pour des bétons TFA, qui une fois concassés pourraient servir à combler des vides sur des zones d’anciennes installations nucléaires. D’autres peuvent encore être incinérés. Mais ces solutions ne sont pas toutes au point, ni économiquement acceptables, ou encore adaptées aux spécificités des démantèlements à venir, pour lequels la gestion des déchets commence dès la mise à bas des centrales.

D’où l’appel à projets lancé par l’Andra et l’Agence nationale pour la recherche (ANR) en 2014 sur l’optimisation de la gestion des déchets radioactifs de démantèlement, dans quatre thématiques : caractérisation des installations et des sites à démanteler, tri et traitement des déchets radioactifs, nouveaux matériaux pour le stockage, innovation et société.

Donner un effet de levier à l'industrie française

« Le développement de ces technologies doit donner à l’industrie française un effet de levier. Ces innovations doivent permettre de développer des technologies qui s’étendront au-delà de l’industrie nucléaire française et au-delà du nucléaire lui-même », explique Frédéric Plas, directeur R&D de  l’Andra.

Sur 29 projets soumis, 12 ont été finalement sélectionnés, dont la moitié sont présentés par des acteurs qui ne travaillent pas traditionnellement pour l’industrie du nucléaire.

Les noms des douze lauréats sont les suivants : Cadet, Camrad, DCND, Dem'N'Melt, Discard, Igan,  Inspect, Matrice, Maud, Profusion, Temporal et Valofusion. Un second appel à candidatures doit être lancé cet automne.

A titre d’exemple, le projet Cadet veut tester la destruction des contaminants organiques dans les déchets radioactifs liquides secondaires formés au cours de la décontamination des installations nucléaires, grâce à des techniques de cavitation acoustique et par ondes de choc.

 L'objectif principal du projet Camrad est de développer un prototype de camera CMOS de haute performance capable de supporter des niveaux de doses importantes, l’industrie nucléaire étant aujourd’hui en demande de systèmes d’imagerie résistants aux radiations, plus polyvalents et plus performants.

Le projet Inspect s’intéresse quant à lui à des technologies alternatives de dosimétrie à distance. Celle-ci constitue un des outils essentiels de l’assainissement et du démantèlement permettant d'anticiper l'impact des opérations sur le personnel d'intervention, et de mettre au point un scénario optimisé en termes de logistique, de coût, de maîtrise des risques et de gestion des déchets.

 

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