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Nuage de gaz : plus d’odeur que de mal

Hugo Leroux
Nuage de gaz : plus d’odeur que de mal

© France 3 (capture d'écran)

Une forte odeur de gaz d'origine industrielle a alerté mardi matin les habitants de la Normandie et de la région parisienne. Selon les mesures réalisées par le Ministère de l'Intérieur, le risque toxique serait très limité. Les incidents similaires qui ont eu lieu ces dernières années sont restés sans conséquences graves.

Un nuage de gaz très odorant a été émis lundi par l’usine de lubrifiants Lubrizol à Rouen, suite à l’instabilité constatée sur l’une de ses spécialités. Dispersé par les vents sur la Normandie et jusqu’en région parisienne, le nuage a suscité de forte inquiétudes de par sa similitude à l’odeur du gaz naturel. L’incident a généré un afflux massif d’appels auprès des services de secours. Le Ministère de l’Intérieur a réagi par un communiqué : "le mercaptan est un marqueur très olfactif de type gaz de ville, connu de tous, et qui ne présente pas de risque pour la santé", a voulu assurer la place Beauvau, qui conclut à « l’absence de danger ».

Les mercaptans, bien connus des industriels

Famille de composés soufrés bien connus pour leurs propriétés olfactives repoussantes, les mercaptans sont employés comme additif au gaz naturel, inodore, pour avertir les utilisateurs en cas de fuites explosives. Ils rentrent encore dans la composition des boules puantes.

« Les alcanethiols [ndlr : autre nom des mercaptans] dégagent une odeur caractéristique qui est ressentie par les individus à très faible concentration », détaille la fiche toxicologique disponible sur le site de l’Institut national des risques sanitaires (INRS). On peut également lire sur cette fiche que les seuils relatifs à une exposition aigue – synonyme de risques sérieux pour la santé - sont hauts (entre 1350 et 12060 mg/kg/4 m3). Des seuils loin d’être atteints selon le ministère de l’Intérieur, dont les mesures font état d’un « seuil de concentration de mercaptans très faible ». Une exposition prolongée dite « chronique » peut également induire une irritation de la peau ou des muqueuses respiratoires et oculaires.

Des précédents sans conséquence

La base de données Aria sur les accidents industriels recense une poignée d’incidents liés à des émissions accidentelles de mercaptans entre 1986 et 2012, tous restés sans conséquences graves. Ainsi, en juin 2012, un dysfonctionnement de la raffinerie de Feyzin, dans l’agglomération lyonnaise, avait provoqué « plus de mille appels, déclenchant de manière intempestive cinq procédures d'intervention pour fuite de gaz […] ».

En 2009, à Oudalle (76), une usine de produits chimiques avait également émis les composés odorants, entraînant le transport à l'hôpital « de 8 employés d'une société voisine incommodés (nausées, céphalées, vomissements) qui ressortiront rapidement de l'hôpital »


Hugo Leroux
 

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