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« Nous espérons mettre en place une production pilote d’hydrogène naturel en Europe dès 2025 », prévoit Nicolas Pelissier, président de 45-8 Energy.

Quentin Fenech

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« Nous espérons mettre en place une production pilote d’hydrogène naturel en Europe dès 2025 », prévoit Nicolas Pelissier, président de 45-8 Energy.

Nicolas Pelissier, Président de 45-8 Energy

© 45-8 Energy

Fondée en 2017 et basée à Metz, 45-8 Energy vise à extraire des gaz industriels du sous-sol, hélium et hydrogène en tête. Son président, Nicolas Pelissier, intervenant du sommet H-Nat 2021 des 2 et 3 juin, détaille pour I&T comment l'entreprise progresse vers la production et explique les spécificités des forages d'hydrogène.

Cela fait depuis bientôt 4 ans que vous existez et prospectez des gisements d'hélium et d'hydrogène, notamment, quels sont vos résultats ?

Nous avons exploré dans 9 pays et nous avons plusieurs projets de différentes maturités. A chaque fois, nous partons d'une vaste zone d'intérêt de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés. Nos tests et mesures nous permettent de réduire progressivement la zone ciblée, puis nous demandons un permis d'exploration, qui nous offre l'exclusivité, sur l'exploration et une éventuelle production. Aujourd’hui, nous avons deux permis d’exploration déposés en France et trois autres en préparation en Europe. Nous sommes en phase finale dans la Nièvre, une source d’hélium, qui deviendra une production pilote en 2023 pour atteindre une production industrielle en 2027. Pour ce qui est de l’hydrogène naturel, nous avons identifié des zones extrêmement porteuses et nous espérons mettre en place une production pilote en Europe dès 2025 et une version industrielle dès 2028.

L'exploration et la production de l'hydrogène naturel se rapprochent-elles de celles du pétrole et du méthane ?

Nous sommes complétement différent de l'oil & gas. Nous prospectons dans des contextes géologiques différents et beaucoup moins profonds. Sur la Nièvre notre forage est à 100 mètres. Au Mali, où ils produisent de l'hydrogène depuis 7 ans, c’est à 110 mètres. Nous sommes plus proches du forage à eau que du forage pétrolier. Aussi, nous ne faisons pas de fracturation hydraulique, nos forages sont de petits diamètres, nous récupérons un gaz respectueux de l’environnement, etc. En outre, à 45-8 Energy nous tenons à ce qu’il y ait un foyer de consommation local contrairement au pétrole qui est pompé puis transporté partout.

Les technologies permettant l'extraction d'hydrogène naturel sont-elles prêtes ?

Il y a des technologies existantes que nous pouvons utiliser, certaines que nous pouvons adapter et d’autres à créer. Ce qui est important c’est de travailler sur les trois en même temps. Nous avons dû développer un certains nombres de technologies, notamment un capteur innovant développé avec le CNRS, l’Université de Lorraine et l’Institut Lafayette. C’est un exemple de verrou technologique que nous avons surmonté, il y en aura d’autres.

Nous avons aussi beaucoup travaillé avec le BRGM [Bureau de recherches géologiques et minières, ndlr] pour adapter certaines technologies d’imagerie du sous-sol, spécifiquement pour détecter l’hélium et l’hydrogène à de faibles profondeurs. Nous testons aussi d’autres choses : des technologies de sismique passive pour détecter et pister le gaz en sous-sol. Mais aussi des membranes pour séparer l’hélium et l’hydrogène afin de se passer de la liquéfaction des gaz et réduire l’impact carbone.

Comment voyez-vous l’avenir de l’hydrogène naturel ?

Pour l’instant nous en sommes au même niveau que l’industrie pétrolière était au début du Xxe siècle. Il faut rester humble, nous mettrons probablement des années à comprendre l’hydrogène naturel et son fonctionnement. L'exemple du Mali est encourageant mais c’est une production intermittente de quelques heures par jour sur un seul puits. il y a eu beaucoup d’effets d’annonce au sommet H-Nat, il faut relativiser. Il y a d’autres zones tout aussi encourageantes si ce n’est plus car dans des contextes plus favorables pour la valorisation de la ressource.

Ce qu’il faut garder en tête, aussi, c’est qu’il y a des zones propices et d’autres non. Et je pense qu’il y a un très bel avenir pour ces zones propices. La France a d’ailleurs un sous-sol porteur où nous avons plusieurs projets. On peut imaginer que l'hydrogène naturel représenterait à terme une part importante, plusieurs dizaines de pourcents, du mix d’hydrogène décarboné.

Et l’avenir de 45-8 Energy ?

Nous avons déposé deux permis d’exploration, notre objectif ce serait d’en avoir cinq à six d’ici 2-3 ans. Notre second objectif est de continuer à mûrir nos autres projets pour les amener à la production. J’aimerais aussi ajouter qu’à l’échelle de la France il y a une belle dynamique, c’est un fer de lance. La grande majorité des publications viennent de chercheurs français ; les sociétés et les universités les plus actives sont françaises. Nous espérons vraiment qu’il y aura un engouement sur le sujet comme il y a pu en avoir sur l’hydrogène par électrolyse.

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