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« Notre ambition est de faire circuler notre robot-voiturier dans des environnements de plus en plus complexes », clame Clément Boussard, CEO de Stanley Robotics

Alexandre Couto

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« Notre ambition est de faire circuler notre robot-voiturier dans des environnements de plus en plus complexes », clame Clément Boussard, CEO de Stanley Robotics

© Stanley Robotics

La jeune pousse française Stanley Robotics, conceptrice d’un robot-voiturier 100% autonome, a récemment annoncé un partenariat avec le japonais Mistubishi Heavy Industries. Cet accord commercial, technologique et financier permettra à la société de se positionner sur de nouveaux marchés, comme l’explique à Industrie & Technologies Clément Boussard, CEO de Stanley Robotics.

Industrie & Technologies : Vous avez annoncé il y a quelques semaines avoir signé un partenariat avec Mitsubishi Heavy Industries. Quels changements cela va-t-il amener à Stanley Robotics ?

Clément Boussard : Notre rapprochement avec Mitsubishi n’est pas qu’un simple accord commercial, car la firme japonaise a choisi de prendre une participation – minoritaire - au capital de notre société. Pour Stanley Robotics, il s’agit d’une opportunité pour le développement de nos robots mobiles, tant sur le plan commercial que technologique. Le marché japonais est très intéressé par nos robots-voituriers et Mitsusbishi va nous permettre de mettre en place des projets dans toute la région Asie-Pacifique. Nous allons également diversifier notre activité vers de nouveaux segments de marché : jusqu’à présent nous avions développé notre offre autour des parkings des aéroports. Mais cette activité a été fortement impactée par la crise du Covid, qui a touché durement l’aérien. Nos projets se sont ralentis dans ce domaine. Nous proposons désormais des solutions pour le secteur de la logistique automobile.

Où sont produits actuellement vos robots ? Envisagez-vous une production au Japon ?

A l’heure actuelle nos robots sont assemblés en France par une filiale du groupe Michelin, Imeca, située près de Lyon. En 2022, nous allons produire un peu plus de 10 robots pour répondre aux projets que nous avons en cours. Deux d’entre eux seront déployés au Japon. Pour le moment, nous n’avons donc pas besoin de déployer un site d’assemblage en Asie. Mais cela est tout à fait envisageable. Cela pourrait être fait rapidement car nous travaillons avec de nombreux composants disponibles sur le marché. L’utilisation de ces éléments « sur étagères » facilite l’étape d’assemblage. Avec le développement de notre activité,  nous visons une production d’une centaine de robots par an.

Mitsubishi est une société également très impliquée dans la robotique. Va-t-elle vous apporter des choses technologiquement ?

Oui, nous avons déjà identifiés des points que nous souhaitons améliorer sur notre robots, comme la vitesse de déplacement que nous voulons accroître ou encore la charge utile que notre robot est capable de lever. Nos systèmes peuvent aujourd’hui soulever la plupart des voitures du marché, mais ils y a encore quelques modèles qui leur échappent. Nous voulons peaufiner notre robot pour qu’il soit le plus polyvalent possible et les équipes de Mirsubishi Heavy Industries vont pouvoir nous apporter leur expérience du terrain pour affiner notre solution.

Notre ambition est également de faire évoluer nos robots dans des environnements de plus en plus complexes pour devenir les leaders de la robotique mobile outdoor. Notre feuille de route prévoit de pouvoir les faire évoluer sur des sols irréguliers et dans des zones avec d’autres véhicules et des piétons. Notre solution est pour le moment cantonnée à des zones sécurisées. Nous voulons un robot capable de circuler partout !

Quelles briques technologiques comptez-vous utiliser pour y parvenir ?

Ces technologies rejoignent en grande partie celles du véhicule autonome. Nous sommes nombreux chez Stanley Robotics à venir de ce domaine. Je ne peux pas rentrer dans les détails mais nous réfléchissons à plusieurs solutions que nous développons avec des labos de recherches : des algorithmes de machine learning pour la reconnaissance des obstacles à l’aide des lidar embarqués, mais aussi des moyens plus simples afin d’identifier des personnes sur le terrain à l’aide de certains dispositifs comme les téléphones portables par exemple.  Nous réfléchissons également à l’utilisation de caméras infrarouges de surveillance réparties sur la zone. Positionnées en hauteur, elles seraient capables d’évaluer les dangers et d’informer le système robotisé.

Si toutes ces technologies sont en cours d’exploration, nous voulons y arriver par étapes. Nous voulons être en phase avec les besoins du terrain pour apporter une solution pertinente. Notre partenariat avec Mitsubishi sera précieux pour identifier ces besoins.

Les applications industrielles de la robotique mobile sont actuellement en croissance. Envisagez-vous d’adapter votre solution pour de grands entrepôts, ou pour mettre en place des navettes entre plusieurs sites industriels ?

Ce ne sont pas des applications sur lesquelles nous nous positionnons pour le moment. Nous avons conçu notre robot avec une plateforme de levage dédié aux voitures, aussi voulons nous explorer le plus possible ce segment de marché. Cependant, notre équipement peut être facilement adapté pour transporter d’autres éléments. Nous restons à l’écoute du marché et si notre solution peut apporter un véritable bénéfice, nous pourrons aller vers ces applications.

 

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