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« Notre activité de collecteurs de courant pour batteries double son chiffre d'affaires chaque année », se félicite Thierry Dagron, d'Armor

Aline Nippert

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« Notre activité de collecteurs de courant pour batteries double son chiffre d'affaires chaque année », se félicite Thierry Dagron, d'Armor

Les films des collecteurs de courant d’ARMOR sont produits en roll-to-roll.

© ARMOR

Entrée sur le marché des batteries il y a cinq ans avec des collecteurs de courant revêtus de carbone, l'entreprise française Armor collabore notamment avec la startup californienne NATRON, pionnier des batteries sodium-ion. Retour sur ce partenariat juteux avec Thierry Dagron, directeur du développement des affaires chez Armor Films for Batteries.

Fondée en 1922, Armor était surtout connu pour être le spécialiste des rubans à « transfert thermique » (pour les étiquettes et emballages souples), avant de se lancer dans les films photovoltaïques, la production additive de pièces sur-mesure et les collecteurs de courant pour batteries au début des années 2010. Pourquoi la jeune pousse californienne Natron a-t-elle fait appel à vous ?

Thierry Dagron : Lorsque nous avons commencé à travailler avec NATRON en 2016, ils étaient au début de la mise au point de leur technologie de batterie sodium-ion. Leur prototype fonctionnait bien en laboratoire, mais ils utilisaient un collecteur de courant en inox… cher et difficile à produire à grande échelle. Ce type de produit n’est pas industrialisable.

Nous leur avons donc fourni notre collecteur de courant. Situé dans le cœur électrochimique de la batterie (la cellule), le collecteur permet de faire ressortir le courant lorsque la batterie est en train de se décharger ou, au contraire, de faire entrer du courant lorsque la batterie est en phase de recharge. C’est un élément qui paraît simple : dans certaines batteries, il s’agit simplement une feuille d’aluminium du côté de la cathode et d’une feuille de cuivre du côté de l’anode.

Les collecteurs de courant ARMOR ont pour particularité d’être revêtu d’une couche très mince – de l’ordre d’un micron – de particules de carbone (graphène, nanotubes de carbone, graphite, noir de carbone… tout dépend du type de batterie). Ce revêtement permet d’améliorer l’interface entre les éléments électrochimiques : par rapport à un collecteur non revêtu, nous augmentons la durée de vie de la batterie de 20 % et nous optimisons sa densité énergétique.

Les batteries sodium-ion ont pour inconvénient d’être moins denses en énergie que les lithium-ion. Sur quel marché les batteries Natron se sont-elles imposées ?

La force de Natron, c’est d’avoir pris conscience très tôt des avantages et des limites de leur technologie et de s’être tout de suite concentré sur un marché : les data centers. C'est un secteur stratégique, car les centres de données ne peuvent pas se permettre de coupures de courant, même pour quelques secondes, ils ont donc nécessairement recourt aux batteries.

Sauf qu’aujourd’hui, la technologie dominante est la batterie lithium-ion. C’est une très belle techno, mais il existe un risque d’emballement thermique qui impose aux gestionnaires d’infrastructures de data centers de construire un bâtiment annexe, éloigné de l’ensemble de la partie informatique, spécifiquement dédié au stockage des batteries. Il faut donc également tirer les câbles d’un bâtiment à l’autre.

Les batteries sodium-ion sont idéales pour ce marché, car il n’y a pas mieux en matière de sécurité ! C’est prouvé : lors de tests qui consistent à transpercer la batterie avec un clou, la batterie Li-ion brûle, la sodium-ion non. Grâce à la techno de Natron, il est désormais possible pour des gestionnaires de disposer les batteries au plus près des serveurs (au milieu des racks eux-mêmes), ce qui évite de perdre de l’énergie au niveau des câbles et permet beaucoup de souplesse. Natron a déjà conquis ABB ou Schneider, deux acteurs majeurs dans le monde des data centers.

D’autres entreprises développent la technologie sodium-ion. En quoi Natron se distingue-t-elle ?

Natron est l’entreprise la plus mature sur la technologie des batteries sodium-ion à l’échelle mondiale. Il y a bien Tiamat en France et Faradion en Angleterre, mais seule la startup américaine a atteint le stade du déploiement industriel.

L’entreprise vient d’ailleurs de réaliser une levée de fonds de 35 millions d’euros, et le groupe ABB fait partie des investisseurs.

Le partenariat que vous réalisez avec Natron semble fructueux. Que représente l’activité des collecteurs de courant pour Armor ?

Aujourd’hui nous avons développé une gamme d’une dizaine de produits et nous travaillons avec une trentaine de clients, principalement basés en Europe ou en Amérique du Nord. À côté de Natron, notre client historique est le Français Blue Solutions qui fabrique des batteries pour bus électriques.

En 2019, le chiffre d’affaire total d’ARMOR s’élevait à 280 millions d’euros. L’activité des collecteurs de courants représente plusieurs millions d’euros de chiffres d’affaire et nous doublons chaque année ce montant. C’est clairement un de nos relais de croissance !

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