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« Nos clients nous demandent de pouvoir piloter leurs imprimantes comme une machine-outil », pointe Nicolas Aubert, directeur impression 3D d'HP France

Alexandre Couto
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« Nos clients nous demandent de pouvoir piloter leurs imprimantes comme une machine-outil », pointe Nicolas Aubert, directeur impression 3D d'HP France

© HP

L’impression 3D gagne du terrain dans les usines. Pour favoriser son intégration au sein du flux de données de l’industrie 4.0 des logiciels font leur apparition. Nicolas Aubert, directeur Impression 3D d’HP France, revient pour nous sur les outils numériques qui permettront de faire de l’impression 3D une réalité industrielle.

L’impression 3D commence à faire son apparition en production. Mais, les équipements ne semblent pas encore intégrés au flux de travail des usines. Comment favoriser l’adoption de ce nouvel outil de production dans l’environnement industriel ?

L’impression 3D a effectivement quitté le prototypage et la R&D pour devenir un outil de production à part entière. Mais pour l’intégrer complétement à l’usine 4.0, il faut pouvoir insérer les équipements de fabrication additive dans son workflow. De plus en plus de clients demandent à HP de pouvoir piloter leurs imprimantes de la même manière qu’une machine-outil.

Notre objectif est de pouvoir complétement intégrer nos machines de fabrication additive dans les logiciels de pilotage de la production (Manufacturing Execution System – MES) des usines. Il s’agit pour nous  d’une grande tendance pour 2021 qui permettra d’accélérer l’adoption de l’impression 3D dans l’industrie et déverrouiller la production à grande échelle.

Nous avons noué de nombreux partenariats avec des éditeurs de logiciels pour apporter aux industriels des outils et des infrastructures nécessaires à une fabrication numérique à grande échelle. Les imprimantes 3D HP s’intègrent désormais pleinement dans les solutions de grands acteurs du MES comme Aveva. Nous avons une stratégie de mise au point d’API pour remonter de nombreuses informations de production -  comme des données thermiques -  ou de traçabilité, à la couche logicielle supérieure de l’usine.

La partie logicielle semble également importante pour mettre en place des usines dédiées à la fabrication additive…

En effet. Il faut désormais pouvoir penser l’impression 3D, et piloter la production, à l’échelle d’un parc machine. Nous avons de plus en plus de demande allant dans ce sens. Comme la fabrication additive est une technologie bâtie très largement sur une approche numérique de la production, la gestion du flux de données est essentielle.

Nous proposons depuis quelques mois un logiciel baptisé 3D Center. Il permet aux industriels ayant installé un parc d’imprimantes 3D d’avoir un suivi sur de nombreux paramètres de production : consommation de poudre et d’agent, état des cycles d’impression dans chacune des machine, nombre de panne, taux de disponibilité des machines, état des cycles de refroidissement… Il s’agit d’une version packagée des API, donnant une vision globale de la production. Cette solution permet d’effectuer de la maintenance préventive et du monitoring.

Les logiciels peuvent-ils également améliorer la production ?

Oui, la production en elle-même peut être améliorée grâce à des logiciels plus performants. L’augmentation des volumes de production en fabrication additive nécessite souvent une opération de « nesting » [optimisation de l’agencement des objets à imprimer dans le bac d’impression, ndlr]. Plus on veut produire d’objets en un cycle de production, plus la masse d’informations à traiter et à convertir pour faire ce « nesting » est importante. C’est un retour que nous commençons à avoir de la part de nos clients qui se lancent dans la série. Avec la société américaine Dyndrite, HP a participé au développement d’un outil de création de fichier d’impression, le HP Universal Build Manager. Il facilite et allège la création des « nesting ».

Par ailleurs, les logiciels jouent également un rôle essentiel pour garantir la qualité de la production. C’est un enjeu lorsque l’on veut à la fois faire de l’impression à grande échelle et de la personnalisation de produits. Il faut pouvoir s’assurer que chaque production répond aux bons critères. Là encore, nous avons développé un outil.

Baptisé Process Control, il permettait à l’origine de mesurer l’homogénéité au niveau du bac de poudre. Nous avons étendu ses fonctionnalités  pour qu’il puisse contrôler la qualité de la production. Après une étape de calibrage, pendant laquelle l’utilisateur définit ses besoins de production pour une application donnée, il suffit à celui-ci de sélectionner le profil correspondant à une application pour que la machine s’adapte, calibre et contrôle chaque paramètre avant de lancer la production. Et même en cours de production, le logiciel effectue un suivi précis des paramètres de température. C’est un outil essentiel pour assurer la répétabilité de la production et donner accès à une impression 3D industrielle.

 

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