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Nokia externalise ses puces électroniques

Industrie et  Technologies
Le constructeur finlandais transfère à STMicroelectronics le développement des jeux de circuits au cœur de ses téléphones mobiles 3G. Une tendance qui se généralise dans l'industrie.


Après avoir tenu à maîtriser en interne le développement des puces au cœur de ses téléphones mobiles, Nokia s'ouvre de plus en plus à l'extérieur. Le constructeur finlandais vient ainsi de finaliser un accord avec STMicroelectronics pour lui transférer une partie de son activité de développement des circuits intégrés nécessaires aux téléphones portables 3G. Grâce à cet accord, STMicroelectronics va développer et fabriquer sous licence Nokia les jeux de circuits pour la génération de mobiles 3G et ses évolutions. Ces puces seront ensuite vendues non seulement au constructeur finlandais, mais aussi à d'autres fabricants de téléphone mobiles 3G. Pour Nokia c'est le moyen de réduire les coûts en élargissant la base d'utilisation de ses circuits au-delà de son marché propriétaire.

Une tendance générale

Dans les mobiles comme dans l'informatique ou l'électronique grand public, la maîtrise en interne des puces électroniques a longtemps été considérée comme stratégique. Le circuit intégré constitue en effet le cœur technologique de produits comme l'ordinateur, le téléphone ou le téléviseur, et il en concentre l'essentiel de la valeur ajoutée. Mais depuis peu, la mode est à l'externalisation de cette activité. Ainsi des grands groupes industriels, naguère intégrés, comme Motorola, Philips ou Siemens, se sont séparés de leurs puces électroniques. Leurs anciennes activités dans les semi-conducteurs sont devenues des sociétés indépendantes comme Freescale, NXP ou Infineon.

La contagion gagne maintenant le Japon, où les industriels étaient jusqu'ici très attachés au modèle d'intégration verticale. Alors que Sanyo, empêtré dans des difficultés financières chroniques, est en train de vendre ses usines de semi-conducteurs, Sony vient de céder à Toshiba ses lignes de fabrications du processeur Cell au cœur de sa nouvelle console de jeux Playstation 3. Développé conjointement avec IBM et Toshiba, ce processeur a mobilisé de la part de Sony des investissements considérables. Destiné à équiper aussi les futurs téléviseurs à écran plat, il était censé redonner à la marque japonaise l'avantage sur le marché de l'électronique grand public. Mais dans un contexte de baisse continue des prix et de concurrence exacerbée, la décision de l'externaliser répond à un impératif de réduction des coûts.

Panasonic aussi

Plus significatif est le changement d'attitude de Matsushita. Plus connu sous la marque Panasonic, ce géant japonais de l'électronique vantait jusqu'ici son modèle d'intégration verticale, l'un des plus poussés au Japon. Il considérait son système sur puce UniPhier au cœur de ses produits numériques (téléphones mobiles, enregistreurs vidéo, téléviseurs à écran plat...) comme la clé de sa compétitivité sur le marché. Ce système est présenté comme une "boîte noire" enfermant tout le savoir-faire de la marque. Il est utilisé comme un moyen de se différencier sur le marché sans prendre le risque de se faire copier. Matsushita continue à en assumer le développement et la fabrication. Mais pour réduire les coûts, il vient de décider de le mettre sur le marché. Avec une précaution tout de même : la puce n'est en vente qu'après la sortie chez Panasonic des produits l'utilisant. Ainsi le groupe garde une avance d'une génération sur les concurrents.

Ridha Loukil

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