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Le renouveau du spatial à l'honneur à VivaTech

Le renouveau du spatial à l'honneur à VivaTech

Directrice des vols à la Nasa, Holly Ridings participait à une conférence intitulée "The new space race" au salon VivaTechnology.

© Xavier Boivinet

Le salon VivaTechnology, qui se tient du 16 au 18 mai à Paris, Porte de Versailles, met en avant le new space. Cette révolution du spatial initiée par l'émergence d'acteurs privés démocratise l'accès à l'espace, en particulier aux orbites basses. De la Nasa aux start-up en passant par ArianeGroup, de nombreux acteurs exposent leurs projets et technologies.

Alors que le Falcon 9 de SpaceX attendait sur son pas de tir pour lancer les 60 premiers satellites de sa constellation Starlink, VivaTech faisait la part belle au new space. Le matin du 16 mai à la Porte de Versailles (Paris), deux conférences - « The new space race » et « The low Earth orbit economy » - étaient dédiées à cette révolution du spatial déclenchée par l’émergence d’acteurs privés. Agences étatiques (Nasa), grands groupes (ArianeGroup) ou plus petites entreprises étaient tous réunis sur le salon pour en parler, faire découvrir leurs technologies ou les applications qu’elles permettent.

« Il existe beaucoup de définitions du new space, relève Holly Ridings, directrice des vols à l’Agence spatiale américaine (Nasa). Pour nous, c’est une démarche qui consiste à embarquer des entreprises privées et à conclure des partenariats internationaux pour aller plus loin en travaillant ensemble. » Vice-président des futurs programmes chez ArianeGroup, Jean-Christophe Henoux complète : « Au-delà des investissements massifs de quelques millionnaires, le new space est aussi caractérisé par une bascule : alors que le spatial faisait émerger des technologies qui trouvaient des débouchés sur Terre, le mouvement inverse se produit aujourd’hui. » Il illustre son propos avec la robotique, l’impression 3D ou le numérique, qui ont trouvé leur place dans le spatial. Enfin, pour les plus petites entreprises qui émergent, c’est sans doute Rob Coneybeer, fondateur de Shasta Ventures, qui résume le mieux ce que représente le New Space : l’opportunité de développer une activité en exploitant l’orbite basse.

Ruée vers l’orbite basse

Certaines entreprises envoient leurs propres satellites pour proposer leurs services. Fin 2018, l’entreprise néerlandaise Hiber a envoyé ses deux premiers satellites en orbite à 600 km pour les objets connectés (IoT). La start-up finlandaise Iceye souhaite exploiter des satellites pour faire de l’imagerie radar et proposer des services à des industriels. D’autres développent des technologies ou des applications à partir des données satellites fournies par d’autres. C’est le cas d’EarthCube qui développe des algorithmes d’intelligence artificielle pour faire de l’analyse d’images aériennes, notamment fournies par les satellites de DigitalGlobe ou Planet Labs.

Directrice des opérations chez EarthCube, Ségolène Husson se réjouit des projets de constellations de satellites qui pourraient augmenter le nombre et la qualité des données venues de l’espace : « Nous gagnerions beaucoup à avoir des images de meilleure résolution car elle est aujourd’hui limitée à 30 cm. Des revisites plus fréquentes nous aideraient également car actuellement le temps le plus court entre deux passages au-dessus d’un même point est d’une semaine. Enfin, les images satellites sont encore assez chères, surtout lorsqu’il s’agit de photos de zones peu demandées. »

Mettre en place les infrastructures

Pour que l’économie de l’orbite basse décolle, reste à fournir un accès à l’espace et aux données venues de l’espace. Pour souligner le besoin de mettre en place les infrastructures, le PDG et cofondateur de Vector Launch, Jim Cantrell, fait une analogie avec les débuts d’internet : « Il a fallu mettre en place les infrastructures adéquates avant que l’économie numérique explose. C’est la même chose avec le spatial. Pour commencer, il faut mettre en place des moyens d’accès à l’espace fiables et peu chers avant d’envoyer des satellites pour développer des applications et des services. »

Pour miniaturiser les satellites, réduire leur coût et améliorer la qualité des données fournies, certains travaillent sur des technologies de pointe. Pour sa première participation à VivaTechnology, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) présente les travaux de ThrustMe et Curve-One. La première start-up développe des moteurs ioniques miniaturisés pour nano-satellites. La seconde, issue du laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM), développe des capteurs d’images incurvés qui en améliorent la qualité. « Evidemment, le new space est quelque chose que nous regardons avec intérêt, indique Emmanuel Hugot, astrophysicien spécialisé dans les innovations technologiques sol et spatiales au LAM. L’année prochaine, nous allons tester la résistance au froid et aux vibrations de nos capteurs courbes en vue d’applications spatiales. »

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