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Ne pas confondre open source avec open innovation !

Aurélie Barbaux

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Ne pas confondre open source avec open innovation !

Le 2e Paris Open Source Summit, qui se tient les 16 au 17 novembre 2016, est placé sous le signe de l’open innovation. Un choix osé, voire aventureux. Car si les deux concepts partagent en effet des aspects — comme la collaboration d’acteurs variés — et peuvent s’alimenter l’un l’autre, leur philosophie et finalité diffèrent souvent totalement.

En France, « l’Open » se porte bien, très bien même ! Pour ceux qui en doutent encore, un tour au deuxième Paris Open Source Summit, qui se tient les 16 et 7 novembre aux Dock de Paris, s’impose. À défaut, une petite recherche sur la timeline Twitter #POSS2016 devrait vous convaincre.

Sinon, il y a les faits. La filière open source française va bien, mieux que prévu même. Selon une étude de la CNLL (Union des entreprises du logiciel libre et de l’open source en France) sa cinquantaine de membres ont enregistré une croissance de plus de 15 % entre 2015 et 2016, soit mieux que les 9 % prévus par le cabinet PAC lors d’une étude publiée il y a an. Elle devrait créer 1 000 emplois nets l’année prochaine. Et les développeurs français seraient même les plus actifs dans les communautés open source internationale, selon Karen Sandler, directrice exécutive du Software Freedom Conservancy.

La France championne en open source, open data et open gouv

Côté open data, la Loi pour une République numérique, votée à l’unanimité par les deux chambres de l’assemblée, a institué l’ouverture par défaut des données publiques. Et en décembre, « alors que l’idée n’était même pas envisageable il y a 5 ans, la France préside cette année l’International Forum of Open Government et accueille son événement annuel du 6 au 9 à Paris », explique Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du Numérique et de l'Innovation.

L’open hardware (matériel libre) fait aussi une poussée en France, notamment via le projet Echopen, qui fédère une communauté de 300 personnes, dont un tiers de médecins, pour développer le premier écho-stéthoscope open source, ou via le projet de hacking de voiture La Fonderie Car.

Enfin, bien sûr l’open innovation - nouveau sésame Innovation de tous les grands groupes du pays pour innover et surtout tenter de ne pas se faire « ubériser » par les géants du numériques - a plus que jamais le vent en poupe. En 2016, l’entreprise, tous secteurs confondus, qui n’a pas son accélérateur de start-up et ses missions d’immersion dans la Silicon Valley, a raté sa R&D ! Ce concept d’innovation ouverte, apparu en 2005 aux États-Unis, notamment chez Procter & Gamble, est basé sur l’idée qu’une entreprise ne peut plus innover seule dans son coin, mais doit ouvrir sa R&D aux influences extérieures.

Tous les modèles ouverts ne se valent pas

Mais de là à assimiler une démarche d’open innovation à la gestion d’une communauté open source… il y a un gouffre, dans lequel le co-organisateur du Paris Open Source Summit 2016, Benjamin Jean, PDG d’Inno Cube, un cabinet conseil en innovation, s’est malheureusement jeté. Passons sur les questions maladroites de l’animateur de la session plénière d'ouverture sur les liens open innovation-open source à plusieurs des intervenants, bien embêtés pour répondre. Mais le « guide », Empowering Open Innovation, Du rôle et de la place des modèles ouverts, publié par Inno3 et le pôle Aquinetic pour l’occasion et qui vise, selon Benjamin Jean, à expliquer aux grands comptes (État français compris), comment ces organisations doivent se positionner pour tirer profit des modèles ouverts, fait au fil des pages l’amalgame entre open source et open innovation. A tord.

Certes, les deux concepts partagent certains des aspects — comme la collaboration d’acteurs variés — et peuvent s’alimenter l’un l’autre. Mais leur philosophie et leur finalité diffèrent souvent totalement. La stratégie de Google de "donner" un OS ouvert, Android, à la communauté, n’a rien d’une démarche d’open innovation. C’est une stratégie pour prendre le contrôle des données, en rendant gratuit pour les constructeurs, l’OS pour les collecter ! Certes, au passage, le développement sur Android alimente d’autres projets open source et communautés du libre, mais on ne peut assimiler les deux ! Et ce n'est qu'un des contresens du rapport.

Dommage, un guide expliquant comment bien utiliser et respecter les codes de l’open source dans une stratégie d’open innovation serait le bienvenu.

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