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Nasa : le véhicule spatial Orion est prêt pour son premier vol

Julien Bergounhoux

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Nasa : le véhicule spatial Orion est prêt pour son premier vol

© NASA - Rad Sinyak

L'agence spatiale américaine vient de mettre la touche finale au premier modèle de son nouveau véhicule spatial, l'Orion MPCV. Celui-ci sera testé lors d'un vol dans l'orbite terrestre moyenne qui aura lieu le 4 décembre. L'Orion est, avec le lanceur SLS, la clé de voûte du programme d'exploration spatiale de la Nasa, qui culminera par une mission habitée sur la planète Mars.

Le module de commande du premier vaisseau Orion MPCV (Multi-Purpose Crew Vehicle) vient d'être finalisé au sein du Centre spatial Kennedy, en Floride. Ce véhicule spatial, conçu par la Nasa pour transporter à la fois un équipage et de l'équipement, sera transféré mercredi 10 septembre du Neil Armstrong Operations and Checkout Building, où il a été assemblé, vers un autre bâtiment pour y recevoir son carburant. Il sera ensuite déplacé une dernière fois pour l'installation du Launch Abort System (LAS), puis sera prêt à être monté sur la fusée Delta IV Heavy qui l'emportera le 4 décembre lors de son premier vol.

Ce vol d'essai, baptisé "Exploration Flight Test-1" (EFT-1), amènera Orion à 5 800 km d'altitude au-dessus de la Terre, plus loin qu'aucun vaisseau habitable n'a été depuis plus de 40 ans (à noter qu'Orion sera expédié à vide pour le test). Il fera deux fois le tour de la Terre, puis retournera vers le sol (pour un amerissage) à une vitesse de 32 000 km/h, endurant des températures approchant 2 200°C.

Orion fait partie, avec le Space Launch System (SLS) et le projet de modernisation du Centre spatial Kennedy, du nouveau programme d'exploration spatiale de la Nasa, qui vise à envoyer l'homme sur Mars d'ici une vingtaine d'années. Il est auparavant prévu qu'il s'acquitte d'une autre mission, celle d'emporter des astronautes à la surface d'un astéroïde qui aura été redirigé pour le placer dans l'orbite lunaire.

Le véhicule spatial multi-usage Orion est fabriqué par Lockheed Martin Space Systems et se compose de trois sous-systèmes principaux :

Le module de service

Il est développé par l'Agence spatiale européenne (ESA) sur la base des technologies de l'ATV (Automated Transfer Vehicle), dont le dernier vol a eu lieu le 30 juillet. Il est la principale source d'énergie et de propulsion d'Orion après sa séparation avec le SLS et jusqu'à sa rentrée dans l'atmosphère. Pour générer de l'électricité, il est équipé de panneaux solaires qu'il déploie une fois dans l'espace. Il fournit l'eau et l'oxygène nécessaire à l'équipage, et gère la température interne du module. Il peut de plus emporter de l'équipement, notamment scientifique, dans une soute non pressurisée. Ce module est fabriqué en Allemagne par Airbus Defence and Space.

Le module de commande

Il emporte l'équipage (jusqu'à 4 personnes), les produits consommables et l'équipement sensible. Il est situé au-dessus du module de service. Composé d'un alliage aluminium-lithium, sa forme générale rappelle celle du module des missions Apollo des années 1960. Il est équipé de technologies de pointe, et notamment d'un "glass cockpit" (poste de pilotage utilisant des écrans d'affichage au lieu des jauges traditionnelles) dérivé de celui développé par Honeywell pour le Boeing 787 Dreamliner. Il disposera également d'une fonction d'auto-amarrage similaire à celle de l'ATV, utile dans l'éventualité de missions de rendez-vous avec la station spatiale internationale (ISS), par exemple si l'une des entreprises privées qui devrait à terme prendre en charge le ravitaillement de la station ne peut y parvenir.

Des efforts ont de plus été faits pour le confort des astronautes, avec des toilettes similaires à celles de la Station spatiale internationale (les sacs en plastique utilisés sur les missions Apollo n'avaient pas remporté les suffrages de leurs utilisateurs) et une atmosphère composée d'un mélange de diazote et dioxygène proche de l'air terrestre, avec une pression équivalente à celle du niveau de la mer. C'est la seule partie d'Orion qui reviendra sur Terre à chaque mission, et elle est conçue pour être partiellement réutilisable (pouvant s'acquitter d'une dizaine de missions avant d'être remplacé).

Le Launch Abort System (LAS)

Cette tour de sauvetage a pour but d'éviter une tragédie similaire à celle de la navette spatiale Challenger, qui a explosé en vol le 28 janvier 1986 suite à une défaillance de son lanceur, tuant son équipage. Elle est située au sommet d'Orion, au-dessus du module de commande. Elle est prévue pour pouvoir éjecter le module en question en cas de problème au décollage, le propulsant loin du lanceur grâce à son propre système de propulsion. En plus de cette fonction de sécurité, le LAS protège le module de commande des changements violents de température et de pression subis lors de la mise en orbite. Il se détache et retombe sur Terre une fois qu'Orion a atteint suffisamment d'altitude.

Ci-dessous, une vidéo présentant la mission Exploration Mission-1, qui sera le second vol d'Orion. Prévue pour 2017, elle utilisera le lanceur SLS et verra Orion faire le tour de la Lune avant de revenir sur Terre.

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