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Moteurs électriques : Se réinventer pour conquérir l’automobile

Aline Nippert

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Moteurs électriques : Se réinventer pour conquérir l’automobile

Valeo produit des moteurs de 48 V pour la propulsion électrique et l’hybride, à Étaples (Pas-de-Calais).

© FRANÇOIS LO PRESTI / AFP

Alors que l’électrification du secteur automobile s’accélère, constructeurs et équipementiers réinventent les moteurs électriques pour les adapter aux contraintes de l’embarqué. Compacité extrême, optimisation du rendement… La R & D est sur tous les fronts.

« Le train de l’électromobilité est parti… aucun retour en arrière n’est possible ! », assure Jean-Luc Brossard, le directeur de la R & D au sein de la Plateforme automobile (PFA), qui représente la filière française de l’auto. Ce nouveau départ chamboule la chaîne de valeur du secteur. L’irruption de la batterie comme élément clé du véhicule est le phénomène le plus spectaculaire. Mais il ne doit pas occulter la montée en puissance d’un autre composant essentiel : le moteur électrique. Omniprésent depuis des décennies, de l’électroménager au TGV en passant par les chaînes de production, ce vénérable convertisseur d’énergie électrique en énergie mécanique est aujourd’hui l’objet de toutes les innovations pour l’embarqué dans l’auto. Avec, à la clé, un coup de fouet sur les ventes : le secteur automobile est désormais le principal vecteur de croissance pour les moteurs électriques selon Market Research Future, qui estime que le marché mondial du moteur électrique de traction automobile devrait croître de 20 % en seulement deux ans.

La voiture électrique appuie sur le champignon

La Chine et l’Europe jouent un rôle essentiel dans la transition vers l’électrique : elles se partagent la moitié du marché automobile mondial et sont soumises à des réglementations fortes en faveur de l’électrique. D’après le cabinet BCG, à l’horizon 2030, les véhicules 100 % électriques représenteront 26 % du marché automobile en Chine et 25 % en Europe. Parallèlement, les véhicules thermiques, qui frôlent aujourd’hui 95 % des ventes, chuteront à 34 % en Chine et à 42 % dans le Vieux Continent.

Un virage stratégique encouragé par l'Union européenne

En 2020, l'Europe a enregistré une hausse de 144 % du nombre d’immatriculation de véhicules électriques rechargeables (100 % électriques et hybrides rechargeables), avec 1 364 813 voitures, d’après le bilan établi par le cabinet Inovev. Les électriques ont conquis un dixième du marché européen des voitures particulières en 2020, contre 3,5 % en 2019. Ce n’est qu’un début. La politique volontariste de l’Union européenne à l’ère du Pacte vert ne laisse pas le choix aux constructeurs. Dernière mesure en date, la réglementation Cafe (Corporate average fuel economy), portant sur la consommation moyenne de carburant, entrée en vigueur en janvier 2021 sur le Vieux Continent, leur impose un seuil moyen maximal à ne pas dépasser de 95 g de CO2/km pour l’ensemble de leurs gammes (véhicules particuliers et utilitaires légers), sous peine d’une sanction financière de 95 euros par gramme supplémentaire et par véhicule vendu. Volkswagen devrait ainsi écoper d’une amende de 140 millions d’euros pour non-respect du seuil sur l’année 2020. Et la future norme Euro 7, délibérée cette année pour une mise en application en 2025, pourrait aller jusqu’à sonner le glas des véhicules à combustion.

Pour les constructeurs et équipementiers automobiles, la maîtrise de la motorisation électrique s’avère stratégique. « Sa performance est essentielle : un moteur à haut rendement offre plus d’autonomie, ou permet d’utiliser une batterie plus petite donc moins chère pour une même autonomie. Et bien sûr, c’est un composant clé de l’agrément de conduite et des capacités d’accélération du véhicule », souligne Éric Blanchard, le directeur des organes zéro émission chez Renault. Il s’agit pour les constructeurs d’un prolongement naturel de leur activité dans le moteur à combustion. « Historiquement, les constructeurs avaient la main sur la conception et la fabrication de leurs moteurs, les usines étaient internalisées », rappelle Jean-Luc Brossard, de PFA. Surtout, le virage vers le moteur électrique est davantage à leur portée que celui vers la batterie. « La motorisation électrique est proche du cœur de métier des équipementiers et des constructeurs. La barrière à l’entrée est plus forte pour le secteur de la batterie, où il existe des industries chimiques asiatiques déjà bien implantées », résume Klaus Stricker, consultant automobile pour[…]

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