Nous suivre Industrie Techno

Moldflow au cÅ“ur du développement durable d'Autodesk

Industrie et  Technologies
J'ai eu le plaisir de rencontrer Roland Thomas, Chairman, President & CEO de Moldflow lors de son passage à Paris. L'occasion de faire le point sur l'acquisition de la société par Autodesk et les tendances d'évolution du marché de la rhéologie. Le tout su


Autodesk a annoncé le 1er mai son intention de se porter acquéreur de Moldflow, éditeur spécialisé dans les outils de simulation d'injection de pièces en matière plastique (voir notre lettre du 05 mai). A quelques jours de la clôture de cette offre d'achat, qui a été approuvée par le conseil d'administration de Moldflow, j'ai pu faire le point sur cette acquisition avec Roland Thomas, Chairman, President & CEO de la société, lors de son bref passage à Paris.

« L'histoire de Moldflow commence voici trente ans en Australie avec la création de la société par Colin Austin. Il s'agissait alors de proposer un logiciel de simulation en 2D aidant à la productivité individuelle des concepteurs de pièces en matières plastiques. Depuis les choses ont bien évolué. La société a émigré vers les USA, elle est devenue publique en 2000 et a connu une belle croissance tant organique que grâce à des acquisitions telle celle de son concurrent C-Mold. Aujourd'hui nous proposons de véritables solutions d'entreprises qui sont devenues partie intégrante du processus de conception de nombreux groupes industriels en automobile, électronique ou biens de consommation ».

Notons que les logiciels Altanium, Shotscope et Celltrack de la gamme Moldlfow Manufacturing Solutions, l'activité logiciels de mise au point et d'optimisation des processus de production a été vendue, il y a un an, à Husky Injection Molding Systems. Seule la partie logicielle de Moldflow Plastics Xpert (MPX) restant propriété de Moldflow. « Cela nous a permis de nous focaliser sur l'activité simulation et de ne pas disperser nos moyens de développement ». De fait, sur les deux derniers trimestres 2007 et le premier trimestre 2008, Moldflow a réalisé un chiffre d'affaires de 46 millions de dollars en hausse de 13 %, avec un Ebitda de 10 M$ en hausse de 25 %.

De nombreux acheteurs potentiels

« Notre spécialisation et notre position de leader sur un créneau très spécifique, indispensable à beaucoup d'industries, ont excité bien des convoitises. Nous avons eu plusieurs offres d'acquisition de "majors" du PLM depuis plus d'un an, mais le vÅ“u du conseil d'administration était de préserver les investissements faits par nos clients en garantissant la pérennité de nos produits, tout en garantissant la valeur de la société pour nos actionnaires ».

Pourtant Moldflow a fini par céder aux avances d'Autodesk. « Autodesk nous a exposé fin 2007 sa stratégie de développement pour les années à venir, qui met largement en avant le "Digital Prototyping" où la simulation occupe une grande place. De plus, le conseil d'administration de cette société est animé par une réelle volonté de favoriser le développement durable en proposant à ses clients des outils leur permettant d'économiser des matières premières et de l'énergie pour leur mise en Å“uvre. Ils nous ont aussi prouvé leur réelle capacité, à travers l'exemple d'Alias, à travailler dans des environnements multi-CAO faisant une large place à leurs concurrents. Ce qui était très important pour nous, car notre base installée travaille avec Catia ou NX dans le domaine automobile, Pro/Engineer dans le domaine électronique ou encore SolidWorks pour les biens de consommation. Enfin, l'offre financière faite par Autodesk, 297 M$, était acceptable par les actionnaires ».

Force est de constater que cette acquisition est dans la droite ligne de ce qui ce passe depuis plusieurs années dans le monde du calcul et de la simulation. Des généralistes leaders du PLM ou du calcul achètent des sociétés performantes, leaders de leur "niche". Cela a été le cas pour Abaqus repris par Dassault Systèmes en 2005, ainsi que pour Fluent et Ansoft repris par Ansys repris respectivement en 2006 et 2008.

Coté produits, Roland Thomas insiste sur la démocratisation de la simulation en 3D, facilitée par des interfaces utilisateurs beaucoup plus conviviales, ainsi que sur la possibilité pour l'utilisateur de créer un environnement de travail correspondant exactement à son besoin, avec tous les outils de communication nécessaires pour dialoguer avec ses partenaires, tant dans l'entreprise qu'à l'extérieur. « Avec un logiciel tel MPI-e (e pour enterprise edition, NDLR) nous pouvons ainsi servir plusieurs communautés d'utilisateurs avec le même produit », explique-t-il.

Toujours plus de multi-physiques

Coté tendances d'évolution du marché de la rhéologie, Roland Thomas note un intérêt croissant pour tout ce qui touche la simulation de la faisabilité des pièces, ainsi que pour la liaison avec d'autres types de simulations, analyses structurelles, optique ou thermiques. « Nous avons déjà une réponse dans le domaine structurel via notre Moldflow Structural Alliance qui permet d'échanger des informations entre Moldflow Plactics Advisers ou Moldflow Plastics insight et Abaqus ou Ansys. Dans le monde de l'optique nous commençons à voir émerger des échanges d'informations avec le logiciel de modélisation et d'analyse optique Code V d'Optical Research Associates. La transparence d'une lentille est en effet très dépendante de son processus de fabrication ».

Enfin, la nécessité de penser développement durable va profondément modifier l'approche des consommateurs vis-à-vis des produits qui leurs sont proposés. « Les industriels vont devoir affiner la conception de leurs produits pour les rendre plus efficaces, tout en minimisant leur impact sur l'environnement. Côté matériaux, cela passe par l'utilisation de nouveaux polymères, la réduction des déchets de fabrication et surtout le recyclage en fin de vie. Côté énergie pour leur mise en Å“uvre il va falloir réduire les champs de forces, les pressions d'injection et les temps de cycles. Autant de domaines où la simulation va jouer un grand rôle ».

Une vision et un discours que nous avons déjà entendus voici quelques mois chez Autodesk (voir notre lettre du 04 octobre 2007). Pas étonnant que les deux sociétés se soient entendues.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.moldflow.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 26 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Pour bien commencer la semaine : Chez Renault, un jumeau numérique pour optimiser la production

Pour bien commencer la semaine : Chez Renault, un jumeau numérique pour optimiser la production

Difficile de trouver la motivation en ce début de semaine ? Voici une petite sélection d’innovations qui pourraient vous aider[…]

Grâce à l'impression 3D et au design génératif, DWS lance ses mini-voiliers dans la course à l'allègement

Grâce à l'impression 3D et au design génératif, DWS lance ses mini-voiliers dans la course à l'allègement

Design génératif, batteries sodium, 5G… les meilleures innovations de la semaine

Design génératif, batteries sodium, 5G… les meilleures innovations de la semaine

Les cinq meilleures applications industrielles du design génératif montrées à l’Autodesk University

Les cinq meilleures applications industrielles du design génératif montrées à l’Autodesk University

Plus d'articles