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L'américain Moderna Therapeutics décroche près de 450 millions d'euros pour son vaccin anti Covid-19

L'américain Moderna Therapeutics décroche près de 450 millions d'euros pour son vaccin anti Covid-19

Une partie du financement accordé par la Barda couvrira l'augmentation des capacités de production du vaccin.

© Capture d'écran Youtube / Moderna

Moderna Therapeutics a annoncé le 16 avril avoir conclu un accord portant sur 483 millions de dollars avec les autorités américaines. L’objectif est d’accélérer le développement de son vaccin contre le Covid-19 et de financer les étapes à venir. Mais sa technologie innovante à base d'ARN messager doit encore faire ses preuves.

Moderna Therapeutics a annoncé le 16 avril avoir conclu un accord portant sur un financement de 483 millions de dollars (446 millions d’euros) de la part de l’Autorité pour la recherche et développement avancée dans le domaine biomédical (Barda) - un bureau du ministère américain de la santé et des services sociaux. L’objectif est « d’accélérer le développement du vaccin candidat de l’entreprise à base d’ARN messager (mRNA-1273) contre le nouveau coronavirus (SARS-CoV-2), précise un communiqué. La Barda financera l’avancement du vaccin mRNA-1273 jusqu’à l’obtention d’une licence de la part de l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (FDA). »

Les étapes venir concernent la poursuite de l'essai clinique de phase 1 ainsi que les phases 2 et 3 et l'augmentation des capacités de production. Lors d'une conférence de presse téléphonique vendredi 17 avril, le président directeur général de Moderna Therapeutics, Stéphane Bancel, n'a pas souhaité détailler comment serait réparti le financement sur ces différents volets.

Extension de l'essai clinique de phase 1

L’entreprise américaine a également annoncé que l’essai clinique de phase 1 portant sur son candidat vaccin serait étendu à des personnes plus âgées. Lancé le 16 mars et conduit par l’Institut américain de la santé (NIH), il incluait initialement 45 volontaires de 18 à 55 ans. Trois groupes de 15 personnes doivent recevoir des doses différentes de vaccin : 25 microgrammes (µg), 100 µg et 250 µg. Moderna Therapeutics précise que le recrutement pour cette phase originale est terminé mais que le NIH a étendu le protocole à six autres cohortes : trois avec des personnes âgées de 56 à 70 ans, et trois autres de plus de 71 ans. « Le recrutement est en cours », indique le communiqué.

En fonction des résultats de cet essai de phase 1, Moderna Therapeutics envisage de lancer la phase 2 de son essai clinique au deuxième trimestre 2020. « En fonction des résultats de ces études et de discussions avec les régulateurs, la phase 3 pourrait commencer dès l’automne 2020 », estime l’entreprise dans son communiqué.

Augmentation des capacités de production

Le financement de la Barda devrait également permettre d’augmenter les capacités de production du vaccin mRNA-1273. « Nous envisageons d’embaucher jusqu’à 150 personnes aux Etats-Unis cette année », indique l’entreprise en précisant que cela inclut des personnes pour mener le développement clinique, des ingénieurs pour réaliser le passage à l’échelle du procédé de fabrication, et une augmentation significative des équipes de production pour passer de 2 postes par jour, 5 jours par semaine à 3 postes par jour, 7 jours sur 7.

« Nous pensons être capables de fournir des millions de doses par mois en 2020, indique Stéphane Bancel dans le communiqué. Avec de nouveaux investissements, nous pourrions passer à des dizaines de millions de doses par mois en 2021. » Bien sûr, tout cela dépendra du succès des essais cliniques.

Développement rapide

Tout comme les vaccins à ADN, les vaccins à ARN messager (ARNm) font partie des vaccins à base d’acides nucléiques, jamais autorisés chez l’humain. Face au besoin de développer un vaccin en urgence contre l’infection par le virus SARS-CoV-2, le moment est opportun pour ces technologies de montrer leurs atouts par rapport aux stratégies traditionnelles de vaccination. Leur principal point fort : la réactivité, avec des méthodes de développement et de fabrication plus simples et plus courts par rapport aux vaccins plus traditionnels.

Le principe consiste à injecter chez un patient de l’ARNm codant pour une protéine virale contre laquelle le système immunitaire devra fabriquer des anticorps (voir vidéo ci-dessus). Actuellement, les candidats vaccins développés se concentrent sur la protéine S, pour « Spike », du virus Sars-CoV-2 qui lui permet de s’accrocher aux cellules humaines. L’ARNm est injecté dans le cytoplasme - qui entoure le noyau de chaque cellule - et le patient devient capable de produire lui-même la protéine virale. Pour faire entrer l’ARNm dans le cytoplasme, Moderna Therapeutics, l’encapsule dans des petits assemblages lipidiques pour le faire entrer grâce des endosomes qui permettent la traversée de la membrane cellulaire.

Réponse immunitaire suffisante ?

Toutefois, la technologie de vaccination à ARNm - tout comme celles à ADN - devront encore lever certains verrous. « Toute la question sera de savoir si la quantité de protéines exprimées et le signal de danger seront suffisants pour déclencher une réaction immunitaire d’ampleur et produire des anticorps fonctionnels », nous expliquait Bruno Pitard, directeur de recherche à l’Inserm et spécialiste de ces stratégies de vaccination, en ajoutant que, dans l’hypothèse où ces vaccins seraient efficaces, le défi suivant sera de les industrialiser.

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