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Mission Orion : quand la Nasa veut relancer l'exploration spatiale habitée

Julien Bergounhoux

Mis à jour le 05/12/2014 à 19h53

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Mission Orion : quand la Nasa veut relancer l'exploration spatiale habitée

© United Launch Alliance

L'agence spatiale américaine prépare le premier vol d'essai du module de commande du 21e siècle. Baptisé Orion, il a comme objectif d'envoyer des astronautes plus loin qu'aucun être humain n'est jamais allé : sur la planète Mars. Ce premier test est donc déterminant, car au-delà de l'aspect technique et stratégique, il symbolise un renouveau de l'exploration spatiale habitée dont l'arrêt du programme Apollo dans les années 70 avait sonné le glas.

La Nasa a lancé sa capsule Orion MPCV (Multi-Purpose Crew Vehicle) pour son premier test en conditions réelles le 5 décembre à 13h05. Le lancement était auparavant prévu le 4 décembre à la même heure, mais il a été reporté après plusieurs avaries, d'abord car un bateau se trouvait trop près de la zone de décollage, puis à cause de vents trop violents, et finalement car deux valves contrôlant l'oxygène liquide dans les propulseurs central et gauche du lanceur ne s'étaient pas correctement fermées.

Lors de ce vol de 4,5 heures, baptisé "Exploration Flight Test-1" (EFT-1), Orion fera deux fois le tour de la Terre, couvrant une distance d'environ 96 600 km. Il amènera la capsule à 5 800 km d'altitude dans l'orbite terrestre, plus loin qu'aucun vaisseau habitable n'a été depuis plus l'arrêt du programme Apollo dans les années 1970. La capsule sera expédiée sans équipage pour ce premier vol, qui s'assurera que tous ses systèmes fonctionnent correctement.

Le lanceur qui amènera Orion dans l'espace est un Delta IV Heavy, le plus puissant que la Nasa ait à sa disposition à l'heure actuelle tant que le programme du Space Launch System, le lanceur définitif prévu pour envoyer Orion au-delà de l'orbite terrestre, n'est pas terminé. Le vol est géré par Lockheed Martin Space Systems, qui a fabriqué Orion pour la Nasa. La fusée Delta IV Heavy est quant à elle fournie par United Launch Alliance (coentreprise entre Lockheed Martin et Boeing).

Lors de ce vol d'essai, Orion fera deux fois le tour de la Terre, puis retournera vers le sol (pour un amerissage) à une vitesse de 32 000 km/h, endurant des températures approchant 2 200 °C. Il permettra d'évaluer les performances du bouclier thermique d'Orion, mais aussi de s'assurer que ses systèmes électroniques ne sont pas pertubés lors de son passage dans la ceinture de Van Allen, une zone en forme de tore qui entoure la planète et qui émet de très fortes radiations, mortelles pour l'homme.


Il servira également à tester la bonne éjection du Launch Abort System (tourelle de sauvetage pour l'équipage en cas d'incident au décollage), la séparation d'Orion et de son module de service avant sa rentrée dans l'atmosphère, le système de guidage et de contrôle de l'altitude, et le déploiement des 8 parachutes qui doivent ralentir la descente du module à une vitesse d'à peine 32 km/h avant son amerrissage à environ 1 100 km au large de la côte ouest des Etats-Unis. Cet amerrissage sera de son côté une opportunité d'évaluer les procédures et les moyens mis en place par l'US Navy pour récupérer Orion et le ramener jusqu'à la terre ferme.

Le premier vol habité d'Orion est pour le moment prévu pour 2021. Il se fera dans le cadre de la mission de redirection d'astéroïde de la Nasa, qui servira elle-même en partie à préparer l'agence pour une éventuelle mission habitée sur Mars dans les années 2030.

Revivez ci-dessous le décollage d'Orion pour ce premier vol de test :

Et suivez en direct le vol d'Orion avec les commentaires de la Nasa :

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