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[Mission Mars 2020] Le rover Perseverance reporte son lancement au 30 juillet, les scientifiques s'impatientent

Xavier Boivinet
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[Mission Mars 2020] Le rover Perseverance reporte son lancement au 30 juillet, les scientifiques s'impatientent

Au Centre spatial Kennedy (Floride), le rover Perseverance a été intégré dans la coiffe d'un lanceur Atlas V de United Launch Alliance.

© Twitter / @NASAPersevere

Le Cnes a présenté le 30 juin la mission Mars 2020 de la Nasa, et notamment sa participation au développement de l’instrument SuperCam du rover Perseverance. Le même jour, la Nasa a annoncé un troisième report du lancement, maintenant prévu le 30 juillet, et une extension de la fenêtre de tir jusqu'au 15 août. Le rover a jusqu'à cette date pour partir vers la planète rouge afin de préparer des échantillons de roche martienne à ramener sur Terre lors de futures missions.

A quelques semaines du lancement, le Centre national d’études spatiales (Cnes) a présenté le 30 juin la mission Mars 2020 de l’Agence spatiale américaine (Nasa), et notamment sa participation au développement de l’instrument SuperCam du rover Perseverance. Successeur de Curiosity - qui foule le sol martien depuis 2012 - , le rover s'envolera depuis Cap Canaveral (Floride, Etats-Unis) à bord d’un lanceur Atlas V en direction de la planète rouge.

Initialement prévu le 17 juillet, le lancement a été repoussé au 20 juillet, puis au 22 et maintenant au 30 juillet, après un nouveau report annoncé par la Nasa le 30 juin. La raison évoquée est une défaillance d'un capteur au niveau de la ligne d'oxygène liquide. D'abord fixée au 11 août, la limite de la fenêtre de tir a également été repoussée au 15 août, précise l'Agence américaine : « Les équipes examinent la possibilité de l'étendre plus tard en août. » Si le tir n’a pas lieu dans cette période, il faudra attendre 26 mois avant de pouvoir l’envisager de nouveau. Le temps que Mars revienne dans une position favorable.

L’impatience du lancement

Autant dire que tout le monde trépigne : « Nous attendons ce départ avec impatience, a déclaré Antoine Petit, président du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), au siège du Cnes. Ce sont des moments rares dans la vie des scientifiques que peu de disciplines peuvent offrir. »

Si tout se passe comme prévu cet été - et quelle que soit la date du lancement -, l’arrivée sur le sol martien se fera le 18 février 2021, pour une mission d’une durée minimale de deux ans. « Le lancement est important, mais l’étape la plus cruciale sera cet atterrissage », insiste Sylvestre Maurice, coresponsable de SuperCam à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (Irap).

Retour d'échantillons : un plan en trois temps

La mission de Perseverance sera d’analyser et de prélever des roches martiennes. Elle marquera le début des missions qui visent à ramener des échantillons sur Terre, indique Jean-Yves Le Gall, président du Cnes : « Appelés de leur souhait par la communauté scientifique depuis deux décennies, ils sont attendus d’ici une dizaine d’années. »

Après l’exploration par le rover, le prélèvement et le conditionnement des échantillons dans des tubes déposés au sol, deux autres étapes suivront. D’abord une mission américaine posera une plateforme avec un petit rover européen - le Fetch rover - qui récupérera les échantillons et les déposera dans une petite fusée - le Mars Ascent Vehicle. Celle-ci les enverra en orbite autour de Mars où un satellite les récupérera avant de les renvoyer vers la Terre.

Sept instruments scientifiques

Pour sonder et isoler des roches dignes d’intérêt, le rover Perseverance emporte un drone, sept instruments scientifiques – dont SuperCam -, et un système de prélèvement et de conditionnement des échantillons. Le drone servira de guide en analysant le sol aux alentours. Les instruments sont une combinaison de caméras, spectromètres, sondes, station météorologique et un démonstrateur pour produire de l’oxygène à partir de CO2.

Protection planétaire : « du jamais vu »

Quant au système de prélèvement et de conditionnement des échantillons, il s’agit du mécanisme « le plus complexe et le plus propre jamais envoyé dans l’espace », indique la Nasa. « Du point de vue de la stérilité, c’est du jamais vu », assure Pernelle Bernardi, ingénieure système au Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique (Lesia) et coresponsable de SuperCam, qui, lui, est moins exposé : « Situé sur la tête du rover, notre instrument est moins soumis à ces contraintes, mais nous avons tout de même dû prendre d’énormes précautions. » Etant donné que le but est d’analyser des traces potentielles de vie passée sur Mars, ces mesures strictes de protection planétaire visent à ne surtout pas envoyer de vie d'origine terrestre à sa surface.

A la recherche de traces de vie passée

C’est bien là le but ultime de ces missions : trouver les traces d’une éventuelle vie passée sur la planète rouge. Le site d’atterrissage de Perseverance - le cratère Jezero - a été choisi parce qu'il a abrité dans le passé un ancien delta de rivière qui débouchait dans un lac. « C'est typiquement un site candidat pour avoir piégé, si elle a existé, des traces d'une vie passée », précise Jean-Yves Le Gall, président du Cnes.

Quant au retour d’échantillons sur Terre, au-delà de l’exploit, il s’agit surtout de pouvoir les étudier dans des laboratoires plus performants que les systèmes embarqués qu'il est possible d’envoyer sur Mars, explique Michel Viso, expert en exobiologie au Cnes : « Je pense qu’il faudra attendre ce retour d'échantillons pour pouvoir répondre de façon déterminée à la question de la vie sur Mars. » Rendez-vous après 2031, date de leur retour actuellement prévue.

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