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Micad et les JEC, les outils de conception en vedette

Industrie et  Technologies
La semaine dernière fut chargée avec notamment deux événements majeurs dans le domaine de la conception, le salon Industrie avec le Micad et le JEC Composites Show où les logiciels de conception et de simulation étaient bien présents.


Après une année sabbatique, le Micad est de retour en 2008, couplé avec IND.ao au sein du salon Industrie 2008. A l'inverse de la dernière édition, tenue en décembre 2006, tous les grands noms de la CFAO étaient là, sur des stands mettant largement en avant leurs revendeurs. Dassault Systèmes, Siemens PLM Software, PTC, Autodesk, SolidWorks, Missler Software, Sescoi, Spring Technologies, DP Technology, Autoform, Trace Software, IGE+XAO... Bref, une petite cinquantaine d'exposants.

Etrangement les leaders du calcul et de la simulation, présents lors de la dernière édition, étaient cette fois aux abonnés absents. Dommage, car les visiteurs n'ont pas pu avoir une vision complète de l'offre en outils de développement de nouveaux produits.

Du coté des présents, on est plutôt content. « Nous avons vu passer beaucoup d'étudiants, les deux premiers jours, mais nous avons aussi rencontré de nombreux industriels qui ont des projets réels d'investissement », affirme Jérôme Longuet, responsable marketing de l'activité Manufacturing chez Autodesk. « Le choix du début avril est beaucoup plus judicieux que celui de décembre fait en 2006. Là au moins nous aurons le temps d'exploiter commercialement nos contacts, car nous ne sommes pas dans l'urgence de la clôture d'une année fiscale », estime quant à lui Anthony Hervo, son homologue chez SolidWorks.

Reste que certains trouvent qu'il y a eu beaucoup de passage ... pour rejoindre les autres pôles d'intérêt d'Industrie. Ce qui est en partie vrai car Micad était près de l'entrée, mais c'est aussi une façon comme une autre de se faire voir. Un passage qui d'ailleurs fait le bonheur des éditeurs de FAO. « Nombre de nos clients ont fait le déplacement à Villepinte pour voir de nouvelles machines-outils et ils en profitent pour venir nous dire bonjour au passage, un bon moyen de maintenir des liens déjà forts », estime Catherine Marko, directrice générale de Sescoi. Un sentiment partagé par Dominique Laffret, directeur commercial chez Missler Software : « Les usineurs viennent voir les fabricants de machines-outils qui sont tous là, et ils en profitent pour jeter un Å“il sur la FAO afin de se tenir au courant. Charge à nous de leur monter des produits innovants ».

Quid de 2009 ?

Il reste maintenant une grande interrogation autour du Micad. Que va-t-il devenir en 2009 ? Restera-t-il rattaché à Industrie 2009 ? Dans ce cas il faudra aller à Lyon, ce que beaucoup d'exposants refusent, parlant de salon régional plutôt que national. Faut-il le rattacher à SCS 2009 ? Mais la prochaine édition aura lieu début décembre 2008, avec les réticences des exposants, que nous avons déjà évoquées, quant à la période. Et puis deux Micad dans l'année, est-ce bien nécessaire ?

Et si Micad redevenait autonome ? On pourrait envisager un événement à Paris en mars ou avril 2009, qui s'ouvre à l'ensemble de la chaîne des outils, méthodologies et services nécessaire au développement de produits innovants. Outre les logiciels de CAO, de FAO, de calcul et de simulation, de GDT, il serait intéressant d'y retrouver des spécialistes capables de traiter les aspects intégration (PLM) ou d'aider les industriels à mettre en place de nouvelles méthodologies de travail (travail collaboratif, éco-conception, développement durable, design...). Un salon où les prestataires de services en ingénierie y auraient bien entendu leur place.

Lorsque je visite des bureaux d'études, les discussions que j'ai avec les responsables ne portent plus sur les mérites comparés du 2D ou du 3D, ou sur les performances des différents logiciels pour réaliser un coin de valise. On me parle de réglementations et de directives telles Reach sur les substances chimiques, RoHS pour éliminer certaines substances des équipements électriques, Deee/Weee pour la valorisation de ces équipements en fin de vie, VHU/ELV pour la valorisation des vieux véhicules, EUP qui impose l'éco-conception pour les produits électriques et électroniques. Bref de tout ce qui touche au développement durable. On me parle aussi des apports du design. On évoque l'out-sourcing d'une partie des tâches de développement.

S'ouvrir à toutes les préoccupations du bureau d'études

Les responsables de bureaux d'études savent qu'ils vont devoir y passer ou pour certaines réglementations, devraient même déjà y être passés, mais ils sont perdus dans la jungle de ces directives et ne savent pas où trouver des explications et des conseils fiables. Un marché potentiel pour un vrai salon du bureau d'études, traitant à la fois des outils, des méthodologies, avec même la présence de prestataires de services en ingénierie ou en prototypage. Pourquoi, en effet, ne pas y retrouver Alten, Altran, Assystem ou Segula. Ne sont-ils pas parmi les plus grands bureaux d'études de France ? Et les visiteurs d'un salon sur le bureau d'études ne sont-ils pas leurs donneurs d'ordres ?

Et le besoin d'information est fort. Ainsi les conférences, organisées cette année autour de la filière numérique de développement produits, ont attiré de 20 à 30 auditeurs à chacune de leurs sessions. Pas si mal quand on sait que les visiteurs viennent avant tout pour l'exposition.

Il n'est aussi que de voir l'intérêt marqué cette année par de nombreux visiteurs pour l'exposition Focus Design organisée en marge du Micad, pour prendre conscience de ce besoin plus global d'information qui va bien au-delà de l'équipement informatique. Le designer Olivier Frenoy avait rassemblé 80 objets datant de 1928 à 2008 pour illustrer les apports du designer autour des systèmes voie - donnes - image. Il expliquait pour chacun d'eux à la fois l'évolution technologique et le travail du designer autour d'un nouveau concept de produit. Et, au-delà de la nostalgie des objets du passé, cela a plu et peut-être ouvert de nouveaux horizons à certains.

Et si vous avez d'autres idées n'hésitez pas à nous les communiquer, nous les transmettrons aux organisateurs.

Au fil des allées

Mais avant d'imaginer le futur, regardons le présent. Micad 2008 a été l'occasion pour un certain nombre d'exposants de mettre en avant de nouveaux produits. Voici ce que j'ai pu remarquer.

Le Cetim, en collaboration avec Axemble, faisait les première présentations de Cetim-Teamworks, un outil de travail collaboratif de premier niveau destiné aux TPE de la mécanique. « Il s'agit, à travers ces présentations, de recueillir les premières réflexions d'utilisateurs potentiels pour peaufiner les derniers réglages du produit, qui devrait être disponible à la rentrée », explique Jean-Charles Delplace, responsable du projet au Cetim.
Notons que ce logiciel très intuitif, qui s'adapte aux habitudes de travail de l'utilisateur, sera soit distribué à travers un réseau de revendeurs (une première au Cetim) dont Axemble, soit disponible en ASP à travers des plates-formes comme Pi3C.

Rare représentant du monde de la simulation, AutoForm Engineering mettait en avant le module de planification et de chiffrage CostCalculator intégré à sa solution de simulation d'emboutissage. Il génère, à partir de la géométrie de la pièce finie, un pré-programme d'emboutissage, afin d'évaluer son coût de revient en fonction de la faisabilité, du coût de l'outillage nécessaire, du coût matière et du choix de la presse. Il peut aussi comparer rapidement différentes solutions envisageables.
Autre nouveauté, DieAdviser qui, partir de résultats de simulation d'emboutissage, analyse virtuellement l'usure des surfaces d'outillage de presse et de propose des recommandations en termes de traitement de surfaces et de protection d'outils.

Sescoi fêtait le 20e anniversaire de son logiciel de FAO WorkNC, mais était surtout très fier du Trophée de l'Industrie obtenu par son nouveau logiciel WorkXPlore 3D d'analyse collaborative et de visualisation 3D. Ce Micad a aussi été l'occasion de présenter l'ERP WorkPlan Enterprise, destiné aux fabricants à l'affaire.
Notons que Catherine Marko a été l'un des rares dirigeants d'éditeurs de logiciels de CFAO à pouvoir faire part des difficultés du marché à Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation, venu inaugurer le salon Industrie.

DP Technology mettait en avant l'approche Model Based de son logiciel de FAO Esprit. « Il s'agit avant tout de comprendre une situation technique en analysant les entités technologiques présentes (features) et d'y répondre par un processus d'usinage adaptable », explique Paul Ricard, l'un des deux fondateurs de la société.

Chez Open Mind, la version hyperMill V9.7 affiche de réel atouts pour l'usinage complet dans un seul montage, grâce à son module de fraisage-tournage millTurn. Notons aussi les nouvelles intégrations avec Inventor et SolidWorks 2008.

MDTVision continue à faire évoluer ses logiciels de contrôle et de mesure Prélude V5 et Prélude Inspection. Parmi les nouveautés, notons l'intégration du scanning continu, ainsi que les interfaces avec les têtes de mesures RDS Zeiss et les systèmes de poursuite laser Tracker3 et Omnitrac d'API.

Chez Siemens PLM Software ont mettait en avant la version 20 de Solid Edge, la version 5 de l'application de programmation CN CAM Express et la version 3 de l'outil de PDM Teamcenter Express, qui sont au cÅ“ur de la gamme Velocity Series. Autre nouveauté, la création par l'éditeur d'Innovation Connection, une île dédiée à la conception et au design sur le monde virtuel Second Life, où les résidents peuvent créer leur propre scooter Razor en 3D grâce à Solid Edge. De quoi faire patienter les clients jusqu'à la foire de Hanovre où une technologie innovante devrait être annoncée.

Situation un peu similaire chez SolidWorks où était seulement présenté SolidWorks 2008, alors que le coin du voile a déjà été levé sur la version 2009 lors de la conférence utilisateurs qui s'est tenue en février aux USA. Seules vraies nouveautés les outils de création de documentation 3DVia Composer et 3DVia Sync développés par Dassault Systèmes autour de la technologie de Seemage, société française acquise en octobre dernier.

Spring Technologies reste fidèle à son concept d'Atelier Numérique. Il présentait notamment son logiciel de simulation d'usinage NCSimul 8.4 lancé en novembre dernier, qui dispose d'une interface utilisateur plus attrayante. Notons aussi une fonction d'enlèvement de matière réversible qui facilite la mise au point des parcours d'outils, en évitant de refaire une simulation complète à chaque modification de programme ou d'outil.

Chez Trace Software, l'un des rares éditeurs de CAO-Electrique présents, on mettait en avant le concept de licence nomade pour Trace Elec Pro, qui permet d'emporter son outil de travail lors d'une visite chez un client. Notons aussi l'arrivée d'un module de routage de câbles, ainsi que d'un autre pour la création des araignées de câblage préfabriquées en usine.

Tebis attirait le visiteur par une superbe Porsche 356C de 1964, réduite au 1/5e (80 cm de long). Elle a été digitalisée puis recréé à partir du nuage de points grâce à Tebis RSC (Reconstruction rapide de surfaces), puis intégralement taillée dans un unique bloc d'aluminium grâce aux logiciels de FAO 3 et 5 axes de l'éditeur. Il a fallu 36 outils différents et 41 heures d'usinage pour arriver à un modèle présentant des très bonnes qualités de surfaces.

Vero présentait sa chaîne intégrée de conception de moule et de simulation de l'injection. Cette solution répond à la demande des moulistes qui souhaitent faire la différence en s'impliquant dans les avants-projets aux côtés des donneurs d'ordres.
La préparation du moule, sa récupération, son étude puis l'ébauche du plan de joint est réalisée dans VISI Mould, ainsi que la définition des canaux d'alimentation et de refroidissement. L'utilisateur, à ce stade, dispose d'outils métiers spécialisés pour préparer son moule y compris pour gérer des épaisseurs de pièces variables, classer ses composants dans des filtres différents ou analyser la dépouille pour voir comment démouler la pièce.
Il va ensuite lancer une simulation dans VISI Flow et de façon interactive analyser comment modifier sa conception ou son process d'injection pour optimiser son moule et obtenir une qualité de pièces démoulées en phase avec les attentes de son client.

Oh là, l'heure tourne et je ne vous ai pas encore parlé du JEC Composites Show. On le fera la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.industrie-expo.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 26 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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