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Mercedes-Benz ouvre sa "service factory"

Franck Barnu

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- Le Centre technologique de réparation et de carrosserie de Stains a l'ambition d'industrialiser ces activités. Une première.

Même les personnes les mieux formées perdent la main si elles n'ont pas l'occasion de mettre souvent leur savoir-faire en pratique. Cette logique fait ouvrir à Mercedes-Benz son Centre technologique de réparation et de carrosserie (CTRC). Cette "service factory", comme on l'a nommée en interne, a débuté ses activités en janvier. Elle constitue une première dans le monde de la réparation automobile. Et pourrait bien faire école. Les responsables allemands de DaimlerChrysler, en tout cas, suivent avec intérêt le développement de ce centre made in France.

Le but du CTRC est naturellement d'améliorer la "qualité des soins" apportés aux voitures à l'étoile. Harry Salamon, directeur général des services de DaimlerChrysler France, à l'origine du projet, a en outre pour objectif d'atteindre une amélioration de 20 % de la productivité de cette activité.

La logistique joue un rôle essentiel

Cette initiative concerne les six établissements de la filiale parisienne de Mercedes-Benz. Ce n'est pas un hasard. Outre le volume de véhicules de la marque, « Paris a une clientèle très exigeante qu'il était très difficile de satisfaire avec les fortes contraintes d'espace que connaissent les garages situés dans l'agglomération », souligne Harry Salamon.

Ces contraintes conduisaient notamment les sites parisiens à sous-traiter leur activité de peinture. Elle se fera désormais systématiquement au CTRC. Il est doté en la matière des meilleurs équipements : trois cabines de peinture, des postes d'étuvage et un poste de "spot repair".

De même, l'ensemble du travail de tôlerie des six garages parisiens sera rapatrié à Stains (Seine-Saint-Denis). Avec pas moins de 24 postes de travail, c'est sans doute l'activité clé qui tirera le meilleur profit du CTRC. « Le travail de tôlerie a énormément évolué, ces dernières années, avec l'arrivée de nouveaux matériaux », indique ce spécialiste de Mercedes. Et de citer l'exemple d'un modèle qui mixe allègrement acier, magnésium, aluminium et plastique. Un véhicule dont la réparation réclame une compétence hors norme.

La mécanique enfin occupe 21 postes au CTRC. Mais pas toute la mécanique : « Seuls les travaux exigeant plus de cinq heures de travail se dérouleront à Stains », indique Pierre Lamar, directeur du centre. Le reste continuera à être traité localement.

Concrètement, pour les clients de Mercedes, le centre de Stains est "transparent". Ils continuent d'amener leur véhicule dans leur garage habituel. C'est lui qui, en fonction des réparations à effectuer, l'aiguillera sur Stains ou continuera, comme par le passé, à les accomplir sur place. La logistique joue donc un rôle essentiel pour le CTRC. Une personne est ainsi entièrement vouée à la gestion des camions qui font la navette entre les garages parisiens et le centre de Stains.

Reste le vrai challenge que doit réussir ce centre flambant neuf : celui de l'intégration par ses employés, venus des différents sites parisiens, d'un tout nouveau mode de travail. Pour donner son plein en termes de productivité, cet outil high-tech fonctionne en effet en deux huit. Deux équipes se relaient entre 6 heures et 21 heures. Cette "industrialisation" de la réparation ne va pas sans bouleverser profondément les habitudes dans une activité jusque-là très artisanale. Un véritable changement de pratique.

EN BREF

Le problème - Améliorer la qualité et la productivité des réparations des véhicules des six établissements de la filiale parisienne. La solution - Une plate-forme unique dotée des meilleurs équipements et d'un personnel très qualifié. - Elle prend en charge les lourds travaux de mécanique, toute la tôlerie ainsi que la peinture qui, jusque-là, était sous-traitée.

GAGNER 20 % DE PRODUCTIVITÉ

- Le centre de Stains (93) a représenté un investissement de 10 millions d'euros, dont 1,7 million pour les équipements. Il dispose de 6 300 m2 de bâtiments sur une surface de 26 000 m2 et emploie 105 personnes, dont 80 en ateliers.

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