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[Meilleures technos de l'année] L'industrie s'empare de la blockchain

[Meilleures technos de l'année] L'industrie s'empare de la blockchain

La start-up Connecting Food travaille sur une blockchain capable d'assurer de la conformité des produits agroalimentaires et restaurer la confiance du consommateur.

© Connecting Food

Jusqu'ici cantonnée au secteur de la cryptomonnaie, la blockchain, ce système de registre décentralisé et sécurisé, séduit de plus en plus d'industriels. Les secteurs de l'énergie, de l'agroalimentaire et de la santé sont particulièrement intéressés. Globalement, les investissements dans cette technologie devraient atteindre les 2,3 milliards de dollars d'ici 2021, selon le rapport Blockchain Technology industriels sont Market – Global Forecast to 2021.

Il y a près de 10 ans, en 2009, les plus avertis découvraient la technologie blockchain au travers du Bitcoin. Sous cette appellation, un système informatique inédit, sous-tendant la fameuse cryptomonnaie, capable de transférer et d’enregistrer de façon ultra-sécurisée l’ensemble des échanges opérés entre les acteurs d’un même réseau qui ne se connaissent pas, indépendamment de toute autorité centrale. Longtemps cantonnée au secteur de la finance en raison de sa réputation sulfureuse et de sa complexité, la blockchain élargit désormais son périmètre. De 210 millions de dollars en 2016, les investissements dans cette technologie devraient atteindre les 2,3 milliards de dollars d'ici 2021, selon le rapport Blockchain Technology Market – Global Forecast to 2021. Les industriels - qui voient notamment dans la blockchain une opportunité de stocker leurs documents ou d’assurer la traçabilité de leurs produits de façon plus sûre, rapide et à moindre frais - se montrent particulièrement intéressés.

Energie, agroalimentaire, santé... la blockchain élargit son champs d'applications

Confronté à une crise de confiance des consommateurs, le secteur alimentaire l’envisage désormais pour s’assurer de la conformité des produits agroalimentaires. Avec l’aide du CEA, la start-up Connecting food planchait dès janvier sur une blockchain dédiée à cinq filières sensibles : le porc, les oeufs, la volaille, le boeuf et le lait. “La plateforme digitale doit pouvoir auditer en temps réel le parcours des produits agroalimentaires en fonction d’un cahier des charges spécifique à chaque filière afin de s’assurer de leur conformité et d’apporter la preuve d’un label - sans OGM - par exemple”, expliquait Stefano Volpi, son fondateur. La blockchain pourrait également devenir un outil précieux en vue de développer l’autoconsommation d’électricité. Greenflex, filiale de Total spécialisée dans le développement durable, et le cabinet Blockchain Partner, ont lancé fin mai l'alliance Blockchain pour les boucles énergétiques locales (ABBEL). La technologie permettrait de monter une place de marché sur laquelle l’ensemble des entreprises, collectivités et particuliers échangeraient de l’électricité issue de nouvelles sources d’énergies renouvelables et locales. Même le secteur très fermé de la santé lui ouvre ses portes. Fabricants de médicaments et d'appareils médicaux considèrent la technologie comme un moyen efficace d’améliorer le contrôle de la qualité, et de se prémunir des contrefaçons.

Vers des blockchains spécialisées ?

Pour répondre aux besoins de secteurs si différents, la technologie tend à s’adapter. Les blockchains se spécialisent : à la différence de la blockchain Bitcoin, Ethereum permet de stocker des données et de déclencher des smart-contracts - ces protocoles informatiques qui exécutent automatiquement les termes d’un contrat. De même, les blockchains adoptées par les entreprises sont pour la plupart des modèles privés ou semi-privés, bien moins décentralisés que les blockchains publiques de type Bitcoin ou Ethereum. Certaines, telle Hyperledger, permettent avant tout de créer un réseau privé ou de consortiums entre un nombre d’acteurs restreints dont l’identité est connue et vérifiée. Pour accélérer la vitesse de validation des données, le protocole lui-même - le processus au coeur de la sécurité de la blockchain - se voit parfois modifié. Ainsi adaptée, la technologie devrait être plus facilement adoptée. Mais encore faut-il s’y retrouver. Pour lever les barrières techniques à l’entrée, des fournisseurs de services cloud comme Google ou AWS commencent donc à proposer des plateformes “clé-en-main” permettant de bâtir, tester et déployer rapidement des applications blockchain sans avoir à se préoccuper de l’architecture sous-jacente. L’ère de la “blockchain as a service” est née.

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