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[Meilleures technos de l'année] L'hydrogène a le vent en poupe

[Meilleures technos de l'année] L'hydrogène a le vent en poupe

Le 25 juin 2018, la filiale Pôle Utilités Services d’Engie Cofely a inauguré une centrale de production d’hydrogène par un procédé d’électrolyse sur le campus Minatec de Grenoble.

© Engie Cofely

Dans les bâtiments, sur les routes ou sur les rails, dans les airs ou en mer… l’hydrogène en tant que vecteur énergétique - et produit par électrolyse - stimule nombre de secteurs industriels. Le plan hydrogène annoncé le 1er juin 2018 devrait aider à multiplier les projets dans l'année à venir.

Tant d’espoirs reposent sur cette si petite molécule d’hydrogène. Evènement marquant de l’année 2018 pour les industriels du secteur : l’annonce, le 1er juin, du « Plan de déploiement de l’hydrogène pour la transition énergétique » par le Ministre de la transition écologique et solidaire d’alors, Nicolas Hulot. L’objectif est fixé : 10% d’hydrogène produit à base de sources renouvelables d’ici 2023 et 20% à 40% en 2028. Repris dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) dévoilée le 27 novembre 2018, ces ambitions s’accompagnent d’un fond de soutien de 100 millions d’euros. Mobilisé dès 2019 et géré par l’Ademe, il permettra de lancer des appels à projet sur la mobilité et la production d’hydrogène à l’aide d’électrolyseurs. Le but : développer les flottes de véhicules utilitaires légers et lourds et les stations de recharge, et rendre sa production plus propre.

Objectif : Verdir la filière

Bien moins émettrice de CO2, l’électrolyse est un mode de production différent de celui largement utilisé dans l’industrie. « Aujourd’hui, l’hydrogène est produit majoritairement à partir de méthane par un procédé appelé « vaporeformage » consistant à casser la molécule de gaz naturel avec de la vapeur d’eau pour obtenir de l’hydrogène, indique le Plan hydrogène. Ce procédé émet du CO2. » Treize tonnes pour produire une tonne d’hydrogène précise le document.

Le 25 juin 2018, la filiale Pôle Utilités Services d’Engie Cofely a inauguré une centrale de production d’hydrogène par un procédé d’électrolyse sur le campus Minatec de Grenoble. Stocké sous forme solide ou gazeuse, l’hydrogène doit servir aux besoins du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et à l’alimentation d’une flotte de 25 véhicules électriques Kangoo ZE équipés d’une pile à combustible.

Un mois plus tôt, l’entreprise Sylfen et le CEA annonçaient avoir conçu, assemblé et testé le premier démonstrateur fonctionnel du Smart Energy Hub. Un dispositif capable de produire par électrolyse et de stocker de l’hydrogène. Réversible, le système peut le réutiliser dans une pile à combustible. Egalement couplé à des batteries lithium-ion, l’ensemble est piloté automatiquement par un logiciel. Installé chez un partenaire industriel, le démonstrateur devrait être suivi d’une version de 100 kW livrée fin 2019 chez un premier client en Italie.

L'hydrogène pour tous

Du côté de l’Allemagne, les premiers trains à hydrogène du monde ont été mis en service le 17 septembre. Produits par Alstom et baptisés Coradia iLint, ils sont équipés de piles à combustible qui transforment l'hydrogène et l'oxygène en électricité. Sur une ligne de près de 100 kilomètres dans le Nord de l’Allemagne, ils relient les villes de Cuxhaven, Bremerhaven, Bremervörde et Buxtehude. Quatorze exemplaires supplémentaires devraient être livrés en 2021.

L’hydrogène intéresse également les industriels du drone et de l’aéronautique. Le projet HyDrone, qui vise à développer un drone à hydrogène, est né le 26 septembre. Il est le fruit d’un partenariat entre Ergosup, startup spécialisée dans le développement de générateurs d'hydrogène sous pression, et Delair, spécialiste toulousain des drones professionnels. De son côté, la société singapourienne HES Energy Systems, également spécialisée dans la propulsion électrique pour drones, a annoncé le 7 novembre le lancement commercial de son drone à hydrogène Hycopter pour la maintenance industrielle. Un mois plus tôt, elle avait déjà annoncé le développement d'un avion électrique, baptisé Element One, à propulsion hydrogène et destiné au transport interrégional.

Enfin, du côté de Cherbourg, les Chantiers Allais ont annoncé en octobre qu’ils construiraient dès 2019 un chalutier propulsé par un moteur électrique utilisant des piles à combustibles alimentées en hydrogène. Ergosup est encore partenaire du projet, aux côté de Symbio et du laboratoire universitaire de Cherbourg. Sur terre, dans les airs et en mer, 2018 semble avoir enclenché un mouvement prometteur pour l’hydrogène, qui devrait se poursuivre en 2019.

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