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[Meilleures technos de l'année] Intelligence artificielle : l'année charnière

[Meilleures technos de l'année] Intelligence artificielle : l'année charnière

© Florent Robert

Source de toutes les craintes, mais également de tous les espoirs de renouveau économique, l'intelligence artificielle est peut-être LA technologie phare de l'année 2018. Elle s'est imposée au cours de l'année dans le débat public. En annonçant un plan de financement de la recherche, la France veut s'imposer comme l'un des principaux pourvoyeur mondiaux d'algorithmes.

Il y a un an, presque jour pour jour, l’intelligence artificielle était au centre de toutes les attentions. Dans le sillage des annonces des géants du numérique en faveur du développement de cette technologie, et de la mise en chantier, en septembre 2017, du rapport Villani sur les enjeux de l’IA, la France a redécouvert ses compétences dans ce domaine. Développées par une recherche académique de pointe depuis de nombreuses années, les découvertes restaient pourtant jusqu'à ce jour peu exploitées. Cette prise de conscience, à la fois des politiques et de l’opinion, a suscité un vif engouement et amorcé le débat, au travers des médias généralistes, sur la place de l’humain vis-à-vis de ces nouvelles « intelligences ». Mais au-delà des fantasmes, relevant pour certains de la science-fiction, qui ont nourri les discussions fin 2017, le sujet de l'IA s’est finalement sédimenté avec la remise, en mars 2018, du rapport chapeauté par le mathématicien Cédric Villani. Intitulé « Donner un sens à l’intelligence artificielle », il a privilégié une approche multi-disciplinaire, pour faire définir des domaines dans lesquels l’utilisation de l’IA apporterait une valeur ajoutée, tant stratégique qu’économique. Ce travail de synthèse a notamment mis en avant l’importance pour l’Europe de développer rapidement ses compétences pour éviter toute forme de dépendances technologiques vis-à-vis d’autres pays. Deux leviers vont être essentiels pour faire monter en compétences les IA « made in France » : une meilleure circulation des données, et un écosystème de recherche à la fois fort et visible à l’international.

Les données, carburant des IA

Sur le premier point, le rapport prône une meilleure circulation des informations.  Les données en tant que telles ont souvent peu de valeur, mais en gagnent lorsqu'elles sont contextualisées, croisées avec d’autres », indiquent les auteurs. Selon eux, il convient de mutualiser au maximum les données pour en « maximiser l’utilité économique et sociale », mais aussi pour garantir la sécurité des solutions d’IA. La source des données peut être publique, mais également privée. Selon le rapport Villani, un premier verrou a été levé par les grandes plateformes du numérique, concernant les données personnelles. Reste maintenant à se concentrer sur le partage des données sectorielles, ce qui permettrait à la France et à l’Europe, de rivaliser avec les géants mondiaux. « La puissance publique doit porter un autre modèle de production et de gouvernance des données, qui met l’accent sur la réciprocité, la collaboration et le partage pour favoriser le partage de données entre les acteurs d’un même secteur », prône le rapport. Il s’agirait là des fondations d’une intelligence artificielle typiquement européenne.

Une meilleure visibilité des pôles de recherche

Concernant le développement de l’infrastructure de recherche, le texte insistait sur l’importance de « fédérer les forces vives » du pays avec la création d’instituts interdisciplinaires, les 3IA, et la mise à disposition de la recherche de puissances de calcul. Au total, 660 millions d’euros d’ici 2022 vont être alloués pour renforcer cet écosystème. La répartition de ce budget a été dévoilée le 28 novembre par Frédérique Vidal, Ministre de la recherche et Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au Numérique. 300 millions d’euros seront investis dans les programmes d’enseignement et de recherche, dont 100 millions directement pour les 3IA. Quatre pôles ont été pré-sélectionnés : Grenoble, avec « MIAI@Grenoble-Alpes » spécialisée dans la santé, l’environnement et l’énergie ; Nice, avec « 3IA Côte d’Azur » dans la santé et le développement des territoires ; Paris avec « PRAIRIE » pour la santé, les transports et l’environnement et Toulouse avec « ANITI » pour le transport, l’environnement et la santé. Les quatre pôles sauront au printemps 2019 s'ils ont été sélectionnés et le montant du financement accordé. L’Etat a également mis en avant la création de « Labcom », des laboratoires associant privé et public, qui seront soutenus à hauteur de 60 millions d’euros. Outre, la coopération avec les autres pays européens et les aides ponctuelles sur certains sujets ciblés, financés pour 215 millions d’euros, le gouvernement prévoit une dotation de 115 millions d’euros pour renforcer la puissance de calcul dédiée à l’IA et son accès. En juin 2017, la France s'est dotée d'un nouveau supercalculateur. Celui-ci, mis au point par le constructeur ATOS Bull, développe une puissance de calcul de 9 pétaflops - c’est-à-dire 9 millions de milliards d’opérations par seconde. Une extension de ses capacités à 20 pétaflops est prévue pour 2019. Ce supercalculateur va être suivi par l’entrée en fonction en 2019 d’une machine dotée d'une capacité de calcul de 10 petaflops (soit 10 millions de milliards d’opérations par seconde) au laboratoire Idris du CNRS, à Saclay.

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