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Massileo décentralise la production d’énergie à partir de l’eau de mer

Massileo décentralise la production d’énergie à partir de l’eau de mer

Massileo a une capacité de production de chaud et de froid de 21 MW, dont 2.5 MW pour l'écoquartier de Smartseille.

© EDF Optimal Solutions

La nouvelle centrale de thalassothermie de Marseille a été inaugurée le 13 octobre. Massileo récupère les calories de l’eau de mer, les transporte via un réseau d’eau douce tempérée, et produit du chaud et du froid au niveau du quartier alimenté. Une solution décentralisée qui permet de faire également de la récupération de chaleur et du transfert d'énergie d'un bâtiment à l'autre.

Il y a un an, presque jour pour jour, Engie inaugurait la centrale de thalassothermie Thassalia sur le port de Marseille. Vendredi 13 octobre, une deuxième station du même type a été inaugurée, cette fois-ci par Dalkia, filiale d’EDF. Les deux récupèrent les calories de l’eau de mer pour fournir chauffage, climatisation et eau chaude sanitaire aux bâtiments des deux zones Euroméditerranée 1 et 2. Thassalia est raccordée à la première, et Massileo à la seconde.

Alors que Thassalia produit du chaud et du froid directement sur le port et achemine calories et frigories vers les bâtiments via deux réseaux distincts, Massileo n’en possède qu’un. Ni chaud, ni froid, il est tempéré. « Sa température suit celle de l'eau de mer et varie entre 10°C et 27°C », précise Charles-Antoine Raclet, directeur grands projets chez Optimal Solutions. La filiale de Dalkia travaille depuis 2011 sur la conception et la réalisation du projet.

Récupérées au niveau du port, les calories de l’eau de mer sont transmises vers les bâtiments où se trouve la centrale de production de chaud et de froid. « La décentraliser permet de l'utiliser pour récupérer la chaleur fatale et faire des transferts entre les différents bâtiments, confie M. Raclet. Si nous devions prendre le chaud produit par la climatisation, l’amener jusqu’au port, le transformer en chaleur haute température et le renvoyer vers le bâtiment, nous aurions beaucoup de pertes dans l'aller-retour. Ça n’est pas intéressant. »

4 kWh de chaud ou froid pour 1 kWh électrique consommé

Sur l’année, il affirme qu’un tiers des besoins en chauffage, climatisation et eau chaude sanitaire sont couverts grâce aux transferts d’énergie d’un bâtiment à l’autre. « L’eau de mer est une source d’équilibrage », souligne-t-il. D’où l’intérêt d’avoir une température constante dans le réseau d’eau tempérée toute l’année. « Les dissipations d'énergie dans le sol permettent de stabiliser la température du réseau. »

Pour fournir 4 kWh de chaud ou de froid, le réseau consomme 1 kWh d’électricité. Cela comprend les pompes d’eau de mer, celles du réseau, mais aussi les trois pompes à chaleur de la centrale de production. Pour l’instant, le réseau de 1.4 km alimente l’écoquartier de Smartseille. Mais il a vocation à grandir pour alimenter 500 000 m² de la zone Euroméditerranée 2. « Le local de pompage a été conçu pour les futures extensions », assure Charles-Antoine Raclet. Concernant les centrales de production de chaud et de froid, il estime qu’entre 10 et 20 nouvelles unités pourraient voir le jour au pied des futurs bâtiments du quartier. Elles seront construites et raccordées en fonction du besoin.

 

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