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Marquage laser : cap sur l'entrée de gamme

ERICK HAEHNSEN / TCA-INNOV24
Marquage laser : cap sur l'entrée de gamme

ALAIN LECLANCHER RESPONSABLE COMMERCIAL DES LASERS DE MARQUAGE DE TRUMPF EN FRANCE

© D.R.

Utilisé à des fins d'embellissement, de marketing ou de traçabilité, le marquage laser cherche à se démocratiser. Pour séduire les PME, les constructeurs tirent les prix à la baisse. En entrée de gamme, les offres deviennent à la fois plus compactes et plus polyvalentes.

Un code DataMatrix gravé sur une tête d'épingle ! C'est la performance réalisée par le fabricant de laser Rofin Baasel. Une façon de prouver que le laser est bon pour tout marquer. Disjoncteurs, façades d'autoradio, télécommandes, composants électroniques, pacemakers, implants médicaux, claviers de téléphones portables ou d'ordinateurs, panneaux solaires, montres, flaconnages, lunettes de soleil et même bonbons... Grâce à la lumière du laser, les fabricants transforment leurs produits en porte-étendards de leur marque, ou l'embellissent par gravure directe dans les métaux, plastiques, cartons, bois, papiers, verres, abrasion de la couche superficielle, coloration par recuisson pour les métaux. Voire décoloration, pour les plastiques, par chauffage ou par moussage.

 

Des produits spécialisés dans le marquage ou le codage

 

Dans un autre registre, le laser s'impose également en remplacement de la tampographie ou de l'étiquetage-collage à des fins de traçabilité. À la volée et à des cadences très élevées, il s'agit alors d'imprimer sans encre un nombre croissant d'informations : dates de fabrication, de fraîcheur, de péremption, numéros de lot, numéros de série, numéros individuels d'identification, code-barres, DataMatrix... Hager, qui fabrique des produits d'électricité pour l'habitat et le tertiaire marque ainsi des millions de produits par semaine, avec des solutions de chez Trumpf et ES Technology. Bref, en quelques décennies, le marquage laser s'est imposé dans les ateliers industriels.

Afin d'élargir leur clientèle, les fabricants peaufinent leur offre d'entrée de gamme. Trumpf, le grand leader du secteur, prépare une série d'annonces en ce sens : « Nos prix démarrent actuellement à partir de 30 000 euros et nous comptons les faire baisser », confirme Alain Leclancher, responsable commercial des lasers de marquage de Trumpf en France. Avec son Powerline Prime 15, sorti début 2012, Rofin Baasel lui avait déjà volé la politesse. D'une puissance de 15 W, cette machine démarre à 25 000 euros. « Nous espérons réduire davantage nos prix en semi-automatisant notre processus de production », ajoute Jean-François Poisson, responsable de la division marquage et codage de Rofin Baasel en France. À côté de sa gamme ES Fly de lasers de marquage, le bordelais ES Technology propulse sur le marché un laser de codage de 20 W, l'ES Code 200, à partir de 20 000 euros. De son côté, l'américain Videojet veut toucher la PME avec son mini laser CO2 Videojet 3020, commercialisé à 12 500 euros à peine. Bien sûr, mieux vaut ne pas demander l'impossible à ce type d'équipement ultraléger et aux dimensions réduites. En revanche, il s'installe en 30 minutes et traite le métal, certains plastiques et même le bois.

On l'aura compris, les lasers sont, le plus souvent, spécialisés soit dans le marquage (gravure, abrasion, recuisson, décoloration...) avec, entre autres, Cerinnove, Epilog, ES Technology, etchON, Gbos Laser, Rofin Baasel, Sisma ou Trumpf, soit dans le codage (code-barres, Data Matrix, dates, numéros d'identification) avec, notamment, ES Technology, Macsa, Matthews Marking Products, Videojet. Une spécialisation indispensable pour tenir des cadences élevées et réaliser des tâches complexes.

 

Des machines polyvalentes adaptées aux PME

 

Les parois s'avèrent en revanche plus poreuses en bas de la gamme des constructeurs, qui proposent des machines polyvalentes adaptées aux attentes des PME. À l'instar, par exemple, du laser Powerline Prime 15 de Rofin Baasel. Celui-ci travaille les métaux et certains plastiques dans la longueur d'onde de 1 064 nm (nanomètre) avec une fréquence d'impulsion variant de 0 à 200 kHz. « Cette machine peut être configurée aussi bien pour le marquage que pour le codage », affirme Jean-François Poisson. Même combat chez Videojet, qui offre une vitesse de codage allant, dans certaines applications, jusqu'à 500 caractères par seconde.

Les constructeurs planchent aussi sur la compacité et la sobriété. « La taille et le poids des têtes laser ne cessent de diminuer, ainsi que la puissance requise », souligne Alain Renaud, président fondateur d'ES Technology. De fait, la longueur de ses têtes de laser de codage est passée de 120 mm pour un poids de 15 kg dans les années 1980 à 216 mm pour un poids de 800 grammes en 2010. En entrée de gamme, une majorité de constructeurs abandonne le refroidissement de la tête laser par eau au profit de l'air pulsé. Pour sa part, Trumpf renforce cette idée avec l'architecture modulaire de sa série TruMark 3000, en déplaçant la principale source de chaleur, le module de pompage, de la tête laser vers l'unité d'alimentation. Le poids de la tête, par exemple celle du TruMark 3020, est ainsi réduit d'un tiers à 10 kg. Idem pour Rofin Baasel qui a compacté l'EasyMark et le Powerline Prime 15 d'un tiers par rapport aux générations précédentes. « Personne ne nous l'avait demandé. Mais la recherche de la compacité est en fait très appréciée. Notamment par les intégrateurs », confirme Jean-François Poisson.

 

cLa durée de vie des lampes est essentielle

 

Du côté des utilisateurs, les coûts de maintenance des lasers sont une préoccupation réelle. Certaines lampes des systèmes anciens de laser Yag, installés il y a 15 ans, ne tiennent pas 600 heures... C'est bien peu comparé aux 30 000 à 40 000 heures annoncées pour les lasers diode et aux 100 000 heures pour les lasers à fibre. « Il n'y a pas si longtemps, la durée moyenne des lampes allait de 8 000 à 20 000 heures. Avec le laser à fibre, il n'y a plus du tout d'entretien. Notamment car il n'y a plus de refroidissement à eau », détaille Florian Cotret, technico-commercial chez Sisma SPA dont le nouveau laser de marquage, le Waveform, commence à 35 000 euros. « Le laser à fibre Ytterbium a un coût de fonctionnement très faible : moins de 1 000 euros par an ! », renchérit Alain Renaud dont le dernier né ne consomme en effet que 350 W/h.

Performant, le laser à fibre suscite toutefois quelques réserves. Certains reprochent ainsi aux fabricants d'acheter leur source à un fournisseur externe et, donc, de ne pas maîtriser la conception de l'ensemble du produit. Par ailleurs, « personne n'a le recul nécessaire pour affirmer que la durée de vie d'un laser à fibre sera bien de 100 000 heures », reconnaît Alain Leclancher de chez Trumpf qui fabrique des lasers à diode et à fibre.

TROIS ATOUTS POUR SÉDUIRE LES PME

1. LA COMPACITÉ Le mini laser CO2 Videojet 3020, avec ses 7 kg à peine et ses dimensions réduites (61 x 18 x 15,5 cm), est l'un des monoblocs les plus compacts de sa catégorie. Commercialisé à 12 500 euros seulement, il s'installe en 30 minutes et traite le métal, certains plastiques et même le bois. 2. LA POLYVALENCE Le laser Powerline Prime 15 de Rofin Baasel peut être configuré aussi bien pour le marquage que pour le codage. Il travaille les métaux et certains plastiques dans la longueur d'onde de 1 064 nanomètres, avec une fréquence d'impulsion variant de 0 à 200 kHz. 3. LA LONGÉVITÉ Le laser à fibre Ytterbium, du bordelais ES Technology, réduit les coûts de maintenance à 1 000 euros seulement par an, grâce à une consommation minimaliste de 350 W/h, garante d'une longévité accrue.

ALAIN LECLANCHER RESPONSABLE COMMERCIAL DES LASERS DE MARQUAGE DE TRUMPF EN FRANCE «Le laser fibré, moins efficace que le laser diode solide »

« On entend souvent parler du marquage couleur avec le laser fibré grâce au procédé de recuisson de la surface de métaux comme le titane ou certains aciers. Or c'est un abus de langage. Tout au plus, on obtient des « teintes », mais il est impossible de respecter un nuancier du genre Pantone. Bien que réelles, les possibilités sont donc limitées, car le laser fibré présente une efficacité moindre. En effet, la densité d'énergie qui passe par la fibre d'Ytterbiumest limitée. Passée une certaine densité, la fibre peut donc casser. Tandis que le faisceau qui sort à l'air libre de la tête d'un laser diode solide n'est pas limité. En solide, la fréquence d'impulsion va de 0 à 120 kHz, alors que le fibré ne descend pas en dessous de 20 kHz, ce qui interdit la décoloration de certains plastiques. »

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