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Malgré tout, le Cnes met le cap sur Mars en 2016

Guillaume Lecompte-Boinet

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Malgré tout, le Cnes met le cap sur Mars en 2016

Le Rover de la mission martienne Curiosity en 2012.

© © NASA/JPL Caltech/, 2012

Le Centre national d’études spatiales, qui a signé son nouveau contrat d’objectifs 2016-2020 le 15 décembre dernier, reste confiant dans la mise en œuvre de missions martiennes en 2016. Et ce, malgré l’incident qui a affecté le sismomètre SEIS du programme martien Insight mené conjointement avec la Nasa.

Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes, qui tenait aujourd’hui sa conférence de rentrée à Paris, a dû faire face à un feu roulant de questions sur l’anomalie qui a affecté le sismomètre SEIS, l’un des principaux instruments du programme martien Insight mené par la Nasa. L’agence spatiale américaine a annoncé à la veille de Noël le report du vol prévu en 2016. « C’est un contretemps mais une commission d’enquête externe a été mise en place, et nous attendons ses conclusions », explique le président du CNES. La mission -qui a vocation à étudier la structure interne de Mars- aura au moins 26 mois de retard et devrait partir courant 2018. Cet instrument, composé d'une sphère comportant notamment trois capteurs sismiques très large bande (Very Broad Band - VBB), et de trois capteurs sismiques courtes périodes, chacun avec leurs capteurs de température, est d’une grande complexité. Ce qui explique sans doute les difficultés rencontrées par le Cnes pour découvrir l’origine de la panne.

Pour autant, la conquête de Mars reste l’un des objectifs prioritaires du Cnes pour 2016 et les deux à trois prochaines années. En dehors d’Insight, il y a Exomars, menée avec l’Agence spatiale européenne (ESA). Ce programme européen va chercher à savoir si une forme de vie a existé sur Mars. Deux missions de l’ESA seront lancées en 2016 et 2018. Cette dernière comportera l'atterrissage d’un véhicule –véritable laboratoire sur roues– à la surface de la planète rouge.

Autre programme auquel le Cnes va participer, la mission américaine Mars 2020, qui prend la suite de Curiosity. Le Cnes sera responsable de la  SuperCam, l'un des sept instruments scientifiques de la mission. Il sera placé sur un véhicule robotisé semblable à Curiosity, provisoirement baptisé Mars 2020 Rover, et qui doit se poser sur Mars en février 2021. Comme ChemCam, le précédent instrument, SuperCam réalisera des tirs lasers focalisés sur un point de roche qui auront pour effet de le chauffer jusqu’à une température de 8 000 °C. La lumière émise par le plasma créé sera analysée et fournira la composition chimique des roches.

Juste après avoir signé un nouveau contrat d’objectifs avec Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le 15 décembre, pour la période 2016-2020, Jean-Yves Le Gall a placé 2016 sous le signe de « l’innovation et de l’inspiration ». Pour ce faire, le Cnes a réussi à stabiliser son budget à 2,12 milliards d’euros prévu sur 2016. Par ailleurs, il a créé une nouvelle entité, la Direction de l’innovation, des applications et des sciences. « L’objectif de cette direction est de travailler sur les technologies de rupture, les nouveaux systèmes et les projets, comme la propulsion électrique ou les études sur les lanceurs réutilisables », explique le patron du Cnes.

Concernant les lanceurs réutilisables, l’Europe paraît un peu à la traîne des Américains. Les sociétés Blue Origin et SpaceX ont chacune réussi à faire revenir un étage de leurs lanceurs respectifs, BE-3 et Falcon 9 entre novembre et décembre 2015. De son côté, le Cnes travaille sur un projet de moteur réutilisable avec Airbus Safran Launchers qui fonctionnera soit au kérosène soit au méthane. Les premiers tests au banc pourraient avoir lieu d'ici 2020. Cette initiative lancée fin 2015 fait suite au projet de fusée réutilisable Adeline mené depuis 2010 par Airbus Defense and Space.

Pour en savoir plus : https://cnes.fr/fr

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