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Machine arrière, toute !

Kevin Poireaultkevin.poireault@industrie-technologies.com
Machine arrière, toute !

Le RT-flex50 est un moteur à injection électronique à deux temps conçu par WinGD et adapté à la navigation en slow steaming.

En réduisant leur vitesse, les navires diminuent également leurs émissions de CO2. Facile à mettre en œuvre, le slow steaming pourrait constituer la première étape de la transition énergétique du fret maritime.

La démarche peut surprendre. Plus d’une centaine d’armateurs ont réclamé à l’Organisation maritime internationale (OMI), dans une lettre ouverte datée du 30 avril, de leur imposer une vitesse maximale pour leurs navires de transport à la demande (vraquiers et pétroliers), qui représentent environ les deux tiers de la flotte mondiale. Objectif : réduire la consommation de carburant, donc les émissions de CO2, pour répondre « au besoin urgent du secteur maritime d’apporter le plus rapidement possible sa contribution à la lutte contre le changement climatique ». La France a soumis une proposition en ce sens à la 74e session du Comité de la protection du milieu marin, en mai. Si elle n’a pas été votée, ce n’est que partie remise selon Jean-Marc Roué, le président d’Armateurs de France. Outre la réduction des émissions, il y voit un intérêt majeur : « Faute de disponibilité du carburant à 0,5 % de soufre qui sera imposé dès 2020, les navires devront utiliser des carburants à 0,1 % de soufre, de 40 à 70 % plus chers. La réduction de la vitesse va permettre d’absorber une partie de ce surcoût. »

Conséquences sur les moteurs

Régulation ou pas, la navigation lente, ou « slow steaming », semble promise à un bel avenir. Le potentiel, énorme avec une consommation de carburant qui varie au cube de la vitesse, a déjà été démontré par les porte-conteneurs. Face à la hausse du prix du pétrole et à l’effondrement de la demande à la suite de la crise de 2008, ces derniers ont réduit, en quelques ans, leur vitesse de croisière de 22-26 nœuds à 18-20 nœuds, rappelle Jean-François Segretain, le directeur technique du service marine de Bureau Veritas. À la clé, « une réduction de 60 % de la consommation de fioul ».

Le slow steaming est séduisant par sa facilité de mise en œuvre : il suffit de réduire la vitesse. Mais faire tourner une motorisation en sous-régime de façon permanente n’est pas sans conséquences sur la santé des machines. Le moteur subit un encrassement dû aux imbrûlés et souffre d’un manque de lubrification. Ce qui nécessite une maintenance accrue. Il peut alors être avantageux de modifier le moteur. Les deux grands motoristes, l’allemand MAN et le suisse WinGD (ex-Wärtsilä), offrent depuis 2012 des kits de modernisation (« retrofit ») afin d’éviter ces problèmes. Mieux, le « détarage » (« derating ») des moteurs permet de maximiser les gains liés au slow[…]

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