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Les technos 3D de Dassault Systèmes au service de la culture

Philippe Passebon
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Les technos 3D de Dassault Systèmes au service de la culture

Dassault Systèmes : le projet Paris 3D

© Dassault Systèmes

Depuis 2005, l’institut Passion for innovation de Dassault Systèmes fait profiter scientifiques et artistes de ses savoir-faire technologiques dans le domaine de l’imagerie numérique. Dépassant le soutien traditionnel opéré par le mécénat et la commande d’œuvres, l’industriel travaille sur le mode de la co-production pour injecter ses technologies dans le monde culturel.

1981 : une start-up interne à Dassault Aviation prend son envol pour devenir Dassault Systèmes. La jeune pousse débute par un partenariat prometteur avec IBM, chargé de vendre Catia, le premier logiciel de CAO 3D de Dassault Systèmes, initialement destiné à la conception aéronautique. Ce logiciel connaît un succès planétaire, si bien que l’industriel en étend l’usage à d’autres secteurs : automobile, architecture, énergie, etc. Au point d'être aujourd'hui le leader mondial dans les logiciels de conception et maquette en 3D, ainsi que des solutions pour la gestion du cycle de vie d’un produit, en étant présent dans 12 secteurs industriels.

Ouvrir l'imaginaire grâce aux technologies 3D

En 2005, Vincent, un collaborateur de l’entreprise, utilise Catia pour concevoir un type d’embrayage lui permettant de conduire sur circuit malgré son handicap. Son initiative draine avec elle un certain enthousiasme. Richard Breitner, alors webmaster à Dassault Systèmes et maintenant manager du programme, remarque l’événement, qu’il détaille sur la page d’historique de l’institut. Comme lui ils doivent être des centaines à chercher des solutions pour des problèmes qu’ils ne peuvent résoudre, mais sans avoir la chance de maîtriser Catia, pense-t-il alors. Le programme Passion For Innovation, devenu depuis un institut, naît de cette intuition et est tout de suite très bien accueilli par la direction. « Nous avons un PDG [Bernard Charlès, ndlr] qui a toujours su utiliser le pouvoir de l’imagination. Si le mythe d’Icare n’existait pas, nous n’aurions jamais créé d’avions », explique Mehdi Tayoubi, l’actuel directeur de l’institut. Celui-ci a rejoint le programme dès 2005 pour porter le projet Khéops. L’architecte français Jean-Pierre Houdin porte alors une théorie révolutionnaire sur la construction de la grande pyramide de Khéops. Pour tester son idée, les ingénieurs de Passion for Innovation modélisent la pyramide et réalisent les simulations qui permettent de valider la théorie, qui fera ensuite l’objet d’articles scientifiques. La présentation des résultats donne une grande visibilité au programme. « Nous en profitons également pour communiquer vers le grand public. Le relief et la 3D arrivent alors tout juste. Nous transformons la Géode pour faire une conférence au grand public et montrer en 3D sur le grand écran de la Géode les images du chantier de Khéops tel qu’il aurait pu se dérouler à l’époque », détaille Mehdi Tayoubi.

Depuis, le programme a évolué et les projets se sont multipliés, tous destinés à mettre les technologies et le savoir-faire de Dassault Systèmes au service de la recherche, de l’éducation, de la culture et de la création artistique : Arthur et les Minimoys, Leonard de Vinci, D-Day, ils sont inventé le débarquement, etc. Il s’agit parfois de tester une hypothèse scientifique, à l’instar de Khéops, ou d’Ice Dream, destiné à démontrer la faisabilité technique du projet de remorquer des icebergs pour en faire des réservoirs d’eau douce, ou encore de redonner vie à d’anciens bâtiments, qu’il s’agisse de l’épave de La Lune, vaisseau amiral de Louis XIV qui sombra au large de Toulon en 1664 ou des monuments les plus célèbres de Paris à différents époques.

Le Script Walker, exposé au musée des Arts et Métiers jusqu'en janvier 2015, est un appareil appartenant à l'univers d'Enki Bilal, auquel les technologies 3D et un système interactif avec le public ont pu donner vie.

 

« Les ingénieurs sont heureux de participer aux projets »

Pour chacun des projets, l’institut fait appel en interne aux ingénieurs que le sujet intéresse, avec un certain succès. « Les ingénieurs sont heureux de participer. Leur travail c'est de résoudre des problèmes. Si c'est pour partager avec le grand public, ils en sont d'autant plus fiers. Lorsque j’ai fait un appel en interne pour la reconstitution d’une locomotive datant des années 1930, en collaboration avec François Schuitten, 10 ingénieurs passionnés par le sujet ont aussitôt répondu présents, à ma grande surprise », s’amuse encore Mehdi Tayoubi.

En externe, des experts du domaine exploré sont sollicités et parfois confrontés entre eux, à l’instar des historiens qui ont travaillés sur l’histoire de la construction de Notre Dame de Paris, dans le projet Paris 3D. Les images sont principalement fabriquées par des technologies "maisons" : Catia quand il s’agit d’examiner l’objet de plus près, ou encore 3DVia pour obtenir le rendu 3D final, mais aussi d’autres logiciels comme Photoshop. Sur leur campus de Vélizy, une salle de réalité virtuelle permet aux acteurs des projets de s’immerger totalement dans le projet. Doté de lunettes 3D dont le mouvement dans l’espace est détecté par infrarouge, l’utilisateur de la salle peut se diriger dans la ville de Paris au XIIe siècle, naviguer aux cotés de Michel Desjoyeau dans son monocoque ou encore se mettre dans la peau d’un malvoyant, tout en interagissant avec son environnement grâce à une manette. La méthode fait des émules. Suite au succès du projet Khéops et avec la collaboration de Dassault Systèmes, l'Université de Harvard dispose désormais d'une salle équipée en réalité virtuelle dans laquelle des égyptologues donnent des cours immersifs et interactifs.

Pour Dassault Sytèmes, il n’est pas question là-dedans d’un programme de sponsoring, ni de philantropie. L’industriel, via l’institut, est co-producteur des réalisations 3D, avec toujours pour objectif de faire profiter le grand public de l’expérience. Outre la notoriété formidable qu’il en retire, en interne les ingénieurs décloisonnent, et prennent conscience en travaillant sur ces projets des évolutions possibles à apporter aux logiciels. Après avoir déjà reconstitué une dizaine de bâtiments de Paris à différentes époques, l’institut travaille sur un nouveau projet, visant à montrer ce que la ville pourrait être en 2150, et qui sera présenté dans la Cité de l’Architecture. Rendez-vous en novembre pour en savoir plus !

La salle de réalité virtuelle de Dassault Systèmes

La conception du Script Walker d'Enki Bilal détaillé en vidéo :

 

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