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Les technologies hydrogène d'Energy Observer en route vers l'industrialisation

Xavier Boivinet
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Les technologies hydrogène d'Energy Observer en route vers l'industrialisation

Vue d'artiste du générateur électrogène à hydrogène (GEH2) développé par Energy Observer Developments et basé sur une pile à combustible et une batterie.

© EODev / Jean Hiss

La start-up Energy Observer Developments (EODev) a annoncé le 17 septembre vouloir produire des technologies hydrogène chez Eneria, à Montlhéry (Essonne). Cette annonce fait suite à celle d’une levée de fonds de 20 millions d’euros pour industrialiser et commercialiser des produits issus de la R&D menée à bord du bateau-laboratoire Energy Observer.

Créée en mars 2019, Energy Observer Developments (EODev) a annoncé le 8 septembre une levée de fonds de 20 millions d’euros auprès de ses actionnaires historiques – Groupe Accor, Thélem Assurances – et de nouveaux venus comme le Groupe Monnoyeur. Dans les locaux d’Eneria – filiale du Groupe Monnoyeur – à Montlhéry (Essonne), EODev organise ce 17 septembre une conférence de presse pour présenter la société, ses produits et ses services.

Une ligne de production dans l’Essonne

« Ces fonds nous permettront d’accélérer l’industrialisation et la commercialisation des produits développés grâce aux travaux de recherche et développement effectués à bord d'Energy Observer », précise Jérémie Lagarrigue, directeur général d’EODev. Depuis 2017, le bateau-laboratoire propulsé à l’hydrogène parcourt les océans du globe pour tester différentes technologies telles que l’électrolyse de l’eau de mer pour produire de l’hydrogène vert à partir d’énergie renouvelable ou l’utilisation de cet hydrogène dans des piles à combustible pour propulser le navire.

« Une chaîne de production sera installée chez Eneria à Montlhéry, précise M. Lagarrigue. Plusieurs centaines de mètres carrés seront dédiés à la fabrication en série de nos produits. » Les premières livraisons sont prévues pour l’été 2021, après des premières préséries en cours de fabrication.

Piles à hydrogène et station-service

Dans son catalogue, EODev propose pour l’instant trois produits. Le premier est présenté ce 17 septembre chez Eneria : il s’agit d’un groupe électrogène à l’hydrogène (GEH2) - qui contient une pile à combustible et une batterie - pour des applications terrestres et en autonomie énergétique. Le deuxième sera présenté au Yacht Club de Monaco les 22 et 23 septembre : une pile à combustible pour la propulsion et l’alimentation en électricité des bateaux (REXH2). Enfin, le dernier est une station-service hydrogène flottante (STSH2). Celle-ci n’existe pas concrètement aujourd’hui : « Nous sommes en discussion avec plusieurs clients potentiels pour être capable de les intégrer », précise Jérémie Lagarrigue.

Les deux premiers - GEH2 et REXH2 – sont basés sur le modèle de pile à combustible Toyota intégrée dans le bateau Energy Observer en janvier dernier. « Nous n’avions pas annoncé à l’époque qu’elle serait industrialisée parce que nous attendions d’avoir suffisamment de retour d’expérience et aussi d’obtenir la certification pour pouvoir commercialiser le produit », admet Jérémie Lagarrigue.

Gestion de l’énergie et de l’environnement marin

L’apport principal de l’expérience Energy Observer depuis 2017 est la gestion de l’environnement marin, assure M. Lagarrigue. Corrosion, humidité, sel, mais aussi pollution. « Il y a énormément de pollution dans les ports, à proximité des gros moteurs diesel par exemple, et les membranes des piles à combustible n’aiment pas du tout, poursuit M. Lagarrigue. Nous avons un savoir-faire sur la filtration de tout ce qui va être injecté dans la pile à combustible. »

L’autre apport concerne la gestion de l’énergie, et notamment la capacité à avoir une réponse très rapide : « Grâce au couplage pile à combustible et batterie, notre groupe électrogène à l’hydrogène peut passer de sa puissance maximale à l’arrêt puis de nouveau à sa puissance maximale en trois secondes, assure M. Lagarrigue. C’est impossible avec un groupe électrogène au diesel classique, ou alors vous l’endommagez. » De quoi satisfaire les besoins des data-centers selon lui.

De plus, la batterie intégrée permet également d’absorber les pics de charge. « Ainsi, le générateur est dimensionné au plus juste et a un coût compétitif par rapport au générateur diesel qui doit être surdimensionné pour absorber ces pics », ajoute-t-il.

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