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Les technologies du pôle Capenergies face au défi climatique

Thomas Blosseville
Du nucléaire aux énergies marines, en passant par l'hydrogène, le pôle Capenergies s'est spécialisé sur les modes de production d'énergie non émetteurs de gaz à effet de serre. Etat des lieux des technologies les plus avancées.

L'état d'urgence climatique est déclaré. Le Groupement international d'experts sur le climat (Giec) appelle à stabiliser dés 2015 les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour remplacer les énergies fossiles, selon le pôle Capenergies, il faut produire autrement 8 milliards de tonnes équivalent pétrole, dans le monde, chaque année. Soit l'équivalent de 8 000 nouveaux réacteurs EPR, ou plus de 18 millions d'éoliennes de 2 MW. Capenergies promeut le mix énergétique, mais toutes les technologies n'en sont pas au même niveau de maturité.


Déploiement à grande échelle

"Les énergies fossiles restent très compétitives en termes de coût et de facilité de mise en oeuvre. A part le nucléaire et l'hydraulique, aucune énergie ne rivalise encore", diagnostique Bernard Besnainou, directeur adjoint de Capenergies. Le pôle développe toutes les énergies non émettrices de gaz à effet de serre. Certaines sont prêtes pour un déploiement à grande échelle. L'éolien terrestre de grande puissance, supérieure à 2 MW, est arrivé à maturité. En matière d'innovation, les défis de la filière portent désormais sur l'off-shore et le micro-éolien. Le photovoltaïque est au stade de la rupture technologique. Alors que la recherche explore de nombreuses voies, le silicium cristallin standard dispose de nombreuses références.


Verrous technologiques

Du côté des énergies balbutiantes, Capenergies a fait son choix. Exit les agrocarburants de première génération, cap sur les deuxième (résidus agricoles et ménagers) et troisième (algues) générations. "Le plus pertinent consiste à bâtir des chaufferies pour exploiter la biomasse locale dans des réseaux de chaleur. Les faibles puissances, entre 5 et 15 MW, n'ont plus qu'à être optimisées", poursuit Bernard Besnainou. Parmi les technologies marines, Capenergies mise sur les solutions thermiques. Soit par gradient de température dans les zones tropicales. Une différence d'une vingtaine de degrés est nécessaire entre les sources froides et chaudes. Soit par pompe à chaleur marine. Tandis que l'hydrogène possède encore de nombreux verrous technologiques à surmonter, Capenergies croit aux réacteurs nucléaires à neutrons rapides. Le pôle envisage des couplages avec la production d'hydrogène, le dessalement d'eau de mer ou la production de chaleur pour l'industrie. Encore faudra-t-il trouver les combustibles, matériaux et fluides caloporteurs pour ces réacteurs de 4e génération. Ce ne sera pas avant 3 ou 4 décennies, bien après le rendez-vous de 2015 fixé par le Giec.

Thomas Blosseville

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