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Les technologies de la médecine prédictive

Les technologies de la médecine prédictive

© Smart Risks

Les objets connectés, le big data et l'intelligence artificielle joueront un rôle indéniable dans l'essor de la médecine personnalisée et prédictive. Toutefois, si les acteurs de la santé ne misent pas sur l'Open Innovation, la France pourrait passer à côté de nombreuses opportunités.  

« Avec la médecine personnalisée, on ne soigne pas une pathologie mais une personne », précisait ce matin Béatrice Falise-Mirat, directrice des affaires publiques et réglementaires d’Orange Healthcare, invitée au Hacking Health Camp, un hackathon géant dédié au futur de la santé.

Depuis quelques temps, ce concept de médecine personnalisée est dans toutes les bouches. Et pour cause, outre une demande de plus en plus pressante des patients, la médecine personnalisée doit permettre de répondre à des enjeux économiques énormes : aujourd’hui 70 % des dépenses de santé seraient liées aux maladies chroniques.

Or, la pratique de la médecine personnalisée doit ouvrir la voie de la médecine préventive, voire prédictive. L’objectif, à terme, n’est plus de guérir et de soigner les patients, mais de les maintenir en permanence en bonne santé. Un but qui ne peut être atteint sans avoir accès aux données liées à leurs activités, à leurs habitudes. « 80 % de l’état de santé d’une personne dépend d’elle-même : de son génome, de son environnement et de son comportement », rappelle Béatrice Falise-Mirat.  

Les objets connectés

Les objets connectés et capteurs de santé vont donc jouer un rôle prépondérant dans la médecine personnalisée et préventive. T-shirt connecté, glucomètre intelligent, tracker d’activité… Ils vont permettre de produire ces fameuses données. Si certains professionnels craignent l’éclatement d’une bulle, c’est tout de même grâce à eux que l’on pourra entrer dans l’ère de la médecine en continu. Un objectif que s’est notamment fixé la start-up Betterise. Cofondée par Christophe Brun, épaulé par un collège d’experts, la jeune pousse a mis au point un algorithme comportemental compatible avec une grande majorité des objets connectés. Objectif : donner le bon conseil, au bon moment, à la bonne personne. « Aujourd’hui, nous proposons un service de prévention primaire, mais l’objectif est de se lancer également dans la prévention secondaire dédiée notamment à la maternité, au diabète et aux maladies cardiovasculaires », précise l’entrepreneur.

Le Big Data

Mais ces masses de données non structurées n’apportent une valeur ajoutée que si elles sont traitées et analysées. C’est ici qu’intervient le Big Data : ses 4V  (volume, variété, variabilité et vélocité) semblent, en effet, pouvoir relever le défi de la médecine des 4P (personnalisée, préventive, prédictive et participative).

La génération de ces masses de données soulève toutefois de nouvelles interrogations. Le médecin doit-il devenir Data Scientist ? « Non » , répond Jack Challis, cofondateur de la start-up américaine CliniCast. D’après ce spécialiste, le médecin n’a pas besoin d’être Data Scientist. En revanche, il doit détenir les bons outils pour pouvoir utiliser correctement les données dans le traitement des patients. Un avis également partagé par Lionel Reichard, auteur du blog Pharmageek : « Dans la santé, c’est l’intelligence artificielle des ordinateurs qui traitera les données. Le médecin, lui, devra les contextualiser, les interpréter ».

L’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle apparaît ici comme un véritable outil d’aide à la décision. IBM a par exemple mis à disposition des cancérologues son super-ordinateur Watson, capable de lire plus de 200 millions de pages d’études en quelques secondes. Après ce travail et en fonction du profil du patient, l’intelligence artificielle va faire des recommandations de traitements au médecin. Ce dernier conserve alors son rôle d’expert, mais bénéficie d’une aide à la décision à la fois rapide et pertinente.

L’Open Innovation

Si les nouvelles technologies vont jouer un rôle indéniable dans l’essor de la médecine prédictive, le partage des données, la coordination des différents acteurs et la création de synergies entre start-up, grands groupes, laboratoires, hôpitaux et professionnels de la santé sont tout aussi indispensables. « Aujourd’hui, en matière d’e-santé, on a une maturité technologique beaucoup plus grande que la maturité des acteurs, estime Béatrice Falise-Mira. Les informations doivent absolument être partagées et cette approche constitue une rupture, une intrusion dans le monde médical ».

L’accent doit donc être porté sur l’Open Innovation afin que ces deux mondes (celui des high-tech et de la santé) qui ne parlent pas le même langage s’entendent. « Si la France n’accélère pas dans cette voie, elle risque de devenir le simple consommateur de solutions développées par d’autres » alertent unanimement les experts réunis par l’Atelier BNP Paribas à l’occasion d’une conférence dédiée à la santé. 

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