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Les supercalculateurs franchissent la barre du petaflops

Industrie et  Technologies
Le Laboratoire national Los Alamos, aux Etats-Unis, se dote de la première machine au monde offrant une puissance de calcul intensif supérieure à 1 petaflops.


Le calcul à haute performance vit un moment historique. Pour la première, un supercalculateur franchit la barre symbolique de traitement de 1 petaflops (1015 opérations en virgule flottante par seconde). Cette machine vient d'entrer en service au Laboratoire national Los Alamos du Département de l'Energie des Etats-Unis. L'information vient de son constructeur IBM. Elle sera confirmée le 17 juin par la publication à Dresde, en Allemagne, du nouveau Top500, le classement qui répertorie les 500 supercalculateurs les plus puissants au monde.

Le nouveau supercalculateur se destine au système de calcul Roadrunner du nom de l'oiseau ultra rapide emblème de l'Etat du Nouveau Mexique où se trouve le laboratoire Los Alamos. Au test de référence Linpack, il affiche une puissance de calcul de 1,026 petaflops. Soit plus deux fois celle du supercalculateur Blue Gene/P d'IBM équipant le Laboratoire national Laurence Livermore aux Etats-Unis et qui détenait jusqu'ici le record mondial avec une capacité de 480 Tflops (1012 opérations en virgule flottante par seconde).

Le nouveau supercalculateur, un monstre de 250 tonnes, inaugure une architecture inédite combinant des processeurs génériques et des processeurs graphiques issus du monde des jeux vidéo. Une partie de la machine s'appuie en effet sur le processeur Opteron à double cÅ“ur d'AMD, tandis qu'une autre fait appel au processeur Cell développé au départ par IBM, Toshiba et Sony pour la console de jeux PS3. Cette dernière partie joue le rôle de coprocesseur pour accélérer certains calculs.

La machine, qui comprend une capacité de stockage de 80 To, se compose de 296 châssis occupant près de 600 m2 au sol. Elle consomme près de 4 MW d'électricité. Malgré cette voracité énergétique, elle reste la plus efficace au monde avec 376 millions d'opérations par watt. Représentant un investissement de 130 millions de dollars, elle est destinée d'abord à la simulation nucléaire puis à des applications de recherches civiles sur l'astronomie, l'énergie, la génétique ou les changements climatiques.

Ridha Loukil

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