Nous suivre Industrie Techno

Les start-up de la tech au temps du covid-19 : trois questions à Massimo Magnifico, directeur des opérations d’Euratechnologies

Alexandre Couto

Sujets relatifs :

,
Les start-up de la tech au temps du covid-19 : trois questions à Massimo Magnifico, directeur des opérations d’Euratechnologies

L'émergence de la crise économique a rebattu les cartes dans de nombreux secteurs industriels. Les jeunes pousses de la tech ont connu un passage difficile comme nous l'explique Massimo Magnifico, directeur des opérations d'Euratechnologies, le plus grand incubateur de start-up d'Europe situé en région lilloise. Elles devraient pouvoir rebondir dans les prochains mois en se positionnant sur de nouveaux débouchés.

Industrie & Technologies : De nombreuses entreprises subissent de plein fouet la crise économique liée à la pandémie. Quel est l’impact sur le modèle « start-up » ?

Massimo Magnifico : La pandémie a été une véritable onde de choc dans l’écosystème des start-up. Les effets sont encore bien présents : sur l’effectif de 4500 salariés des entreprises que nous suivons au sein d’Euratechnologies, seulement 35% sont de retour ajourd'hui. Cela reprend peu à peu. Si les jeunes pousses du numérique ont pu s’adapter en mars à l’annonce du confinement, grâce notamment à leur taille et à leur facilité à télétravailler, elles ont été peu à peu rattrapées par la crise économique. Certains secteurs industriels ont été purement et simplement mis en berne, privant les startup de leur clients. Parmi les 300 entreprises incubées chez nous, nous estimons que 25 à 30 % d’entre elles sont actuellement dans une situation délicate. Certaines pourraient ne pas passer l’année. Un premier diagnostic nous a permis d’identifier deux causes principales : une trésorerie disponible faible et un manque de diversification qui rend les startup dépendantes d’un seul secteur industriel. Ce profil correspond à des entreprises encore immatures et dont la proposition de valeur est encore trop faible.

Quels sont les secteurs industriels qui s’en sortent le mieux ?

Pendant la période de confinement, certains secteurs ont pu continuer leur activité, tandis que d’autre ont connu un plongeon vertigineux. Cela est souvent lié au niveau d’intégration des outils numériques dans leur offre. L’industrie textile par exemple, que nous connaissons bien dans la métropole lilloise, a beaucoup souffert. Le groupe Camaïeu a perdu 95% de son chiffre d’affaires en 3 mois. En cause : une organisation qui n’était pas faite pour passer d’un modèle tout magasin, à celui des ventes en ligne. A la différence, un distributeur comme le groupe Boulanger, qui avait développé son activité en ligne avant le confinement, a connu une baisse minime de son chiffre d’affaires pendant le confinement. Des secteurs industriels, comme l’automobile, ont également connu un coup d’arrêt. Mais nous pensons que la demande pour des outils de contrôle et de maintenance à distance des équipements va s’accélérer dans les prochains mois.

Enfin, la crise a montré également que d’autres secteurs, de première nécessité comme l’agriculture ou encore l’éducation, peuvent bénéficier d’outils numériques performants. Le gouvernement souhaite d’ailleurs accélérer la mise en place de solution mixte « distanciel-présentiel » d’enseignement. De nombreuses start-up vont proposer des solutions dans ce domaine dans les prochains mois.

La crise économique ne freinera donc pas les créations de start-up selon vous ?

Non, je ne pense pas. La volonté d’entreprendre est intacte dans l'Hexagone, comme le montre les initiatives qui se sont multipliées au plus fort de la crise sanitaire. Par ailleurs, les industriels vont avoir plus que jamais besoin des start-up pour externaliser une partie de leur R&D. L’innovation va jouer un rôle important d’une part pour que les industriels puissent relancer rapidement leur activité, et d’autre part pour anticiper et se prémunir d’une nouvelle crise de ce type. Les groupes industriels vont devoir s’appuyer sur de petites structures innovantes pour des notions de « risk-sharing » - un partage du risque lié au développement des solutions. Des grands groupes industriels comme Michelin, Engie, PSA, Dalkia, Stelia Aerospace ou encore Suez, sont partenaires d’Euratechnologies et ont renouvelé leur soutien pour préparer l'ère post-covid.

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Avec son nouveau centre de R&D aux Ulis, Bowen veut devenir incontournable dans l'innovation sur les radiofréquences

Avec son nouveau centre de R&D aux Ulis, Bowen veut devenir incontournable dans l'innovation sur les radiofréquences

Le 8 octobre, le spécialiste des systèmes de radiofréquences Bowen a inauguré aux Ulis (Essonne) son nouveau centre de[…]

09/10/2020 | Innovation
La signature électronique au cœur de la transformation digitale

Les publi-rédactionnels

La signature électronique au cœur de la transformation digitale

  « Les SATT vont jouer un rôle-clé dans la création des filières technologiques d’avenir », lance Caroline Dreyer, présidente du réseau

« Les SATT vont jouer un rôle-clé dans la création des filières technologiques d’avenir », lance Caroline Dreyer, présidente du réseau

Big Data Paris : optimisation sous contrainte et machine learning, les clés de Fashion Data pour rendre la mode « éco-rentable »

Big Data Paris : optimisation sous contrainte et machine learning, les clés de Fashion Data pour rendre la mode « éco-rentable »

Plus d'articles