Nous suivre Industrie Techno

Les sous-traitants automobiles à la recherche de l’Eldorado roumain

Industrie et Technologies

Sujets relatifs :

, ,
8-9 juin 2005, Bucarest, Roumanie. La conférence AutoCEE a donné quelques pistes pour devenir un sous-traitant automobile dans ce pays au coût de main d’œuvre imbattable en Europe.

Le coup d’arrêt qu’a connu la Constitution européenne fait des vagues à l’Est et semble avoir provoqué une douche froide sur certaines prévisions d’investissement. Ainsi la Conférence Autocee 2005 qui s’est tenu à Bucarest (Roumanie) les 8 et 9 juin derniers n’a pas connu l’affluence attendue.

Consacrée à la sous-traitance automobile, la manifestation était toutefois censée attirer un nombre considérable d’investisseurs potentiels dans ce pays qui fabrique la Logan, la voiture à 5000 euros de Renault qui vient de faire ses premiers pas sur les marchés occidentaux. Ni la future entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne au 1 er janvier 2007 ( une entrée hypothétique car certains responsables européens comme le Chancelier autrichien laissent entendre qu’elle pourra être retardée d’une année) ne semble pas avoir enthousiasmé outre mesure les armées d’investisseurs.

Seulement une cinquantaine d’industriels étaient ainsi présents à cette conférence, dont la plupart représentaient des entreprises étrangères déjà installées en Roumanie, mais aussi roumaines, la plupart étant regroupées dans l’Association des constructeurs d’automobiles en Roumanie (Acarom).
  
Calin Popescu Tariceanu, le Premier Ministre roumain, a cependant voulu rassurer les investisseurs dans son allocution d’ouverture sur le potentiel réel de l’industrie roumaine et notamment des opportunités dans le domaine de la fabrication automobile. Il a ainsi insisté sur la croissance très forte du pays (de l’ordre de 5,5% en 2005, après plus de 8% en 2004, les prévisions étant de plus de 5% pour 2006), l’inflation qui connaît une baisse sensible et une imposition à taux unique sur les bénéfices des sociétés de 16%.

Reste toutefois du pain sur la planche pour le gouvernement qui travaille d’arrache pied à une nouvelle mouture du Code du travail. Ce qui améliorera la position des entrepreneurs par rapport aux employés, ces derniers étant très, pour ne pas dire trop favorisés par l’ancien Code. Un texte qui verra le jour bientôt selon les informations fournies par le Premier Ministre roumain.
Le potentiel du pays qui compte aujourd’hui environ 20 millions d’habitants (nombreux étant ceux partis travailler dans les pays de l’Europe de l’ouest voire plus loin), reste important. Tout est à faire, de l’infrastructure aux usines, pour satisfaire une population assoiffée de consommation après tant d’années de restrictions. Les chiffres se passent ainsi de commentaire : selon le Premier Ministre roumain le marché automobile autochtone a connu au premier trimestre 2005 une croissance de 80% par rapport à 2004 !

François Fourmont, directeur général de Dacia, la filiale de Renault et fabricant de la Logan, confirme ces chiffres qui prouvent le dynamisme du marché. «Dacia fabriquera plus de 161000 automobiles en 2005 (dont un tiers seront fournies à l’exportation), ce qui lui confère 51% du marché roumain », précise le responsable, « attristé » par les délais trop longs de livraison de la Logan, victime de son succès.

Selon le spécialiste français, les perspectives sont encourageantes. Il a ainsi balisé quelques étapes clés : octobre 2005 verra l’arrivée d’une version Diesel de la Logan, suivie en 2006 par un break et en 2007 par une fourgonnette. La moitié de la production sera exportée dès 2006. «La production de l’usine de Mioveni (à une centaine de km de Bucarest) atteindra les 300 000 Logan en 2008 », estime François Fourmont.

Sans parler des éléments (moteurs, boîtes de vitesses, etc.) que l’usine fabriquera pour les autres sites de production de la Logan situés au Maroc, en Colombie, en Iran, en Russie et en Inde. Pour le moment toutefois, car la Chine est également visée. Soit quelques 650000 véhicules à équiper. « A terme, le site de fabrication roumain sera le plus grand centre industriel de l’Alliance Renault-Nissan », souligne le directeur général de Dacia. La production pourra-t-elle rester manuelle à ce niveau de cadences ? Dacia devra-t-elle robotiser ou construire d’autres halls de fabrication pour continuer à profiter d’une main d’œuvre bon marché ? L’avenir donnera la réponse.

Ce développement considérable constitue en même temps un appel lancé aux sous-traitants qui devront cependant répondre au cahier des charges draconien de Renault. 'La Logan est une voiture à bas prix mais sans aucune concession quant aux normes de qualité », avertit le responsable. Les fournisseurs qui sont déjà passés par les fourches caudines de la certification Renault ont fait le saut qualitatif. « La qualité de pièces et de composants s’est améliorée car elle est passée de 5852 ppm en 2000 à 91 ppm en février 2005 », confirme quant à lui Marc Siellet, directeur des achats de Dacia.

Quelques 279 fournisseurs apportent leur contribution à la fabrication de la Logan, dont 132 se trouvent en Roumanie.

Quels sont les critères pour rester ou devenir fournisseur de Dacia ? Marc Siellet les énumère : la stratégie ISO, les performances de fabrication (ppm, service, fiabilité, coûts…), les compétences (y compris dans les achats et la R&D), l’engagement dans le développement durable… Moyennant quoi un fournisseurs de Dacia peut aussi devenir sous-traitant de l’Alliance. Les fournisseurs attitrés sont accompagnés par Dacia dans certains domaines pour améliorer leurs performances comme la qualité (grâce à des audits réguliers), la logistique, etc. L’Institut pour la qualité et le management de Dacia a d’ailleurs dispensé dans la période 2002-2005 quelques 17532 heures de formation à 1413 personnes de 64 sous-traitants.

Le bas coût de la main d’œuvre reste le principal atout de la Roumanie et il le restera sans doute encore quelques années car le salaire mensuel moyen n’est que de 168 euros. Ce qu’a attiré Dura, une société spécialisée dans la fabrication de systèmes de contrôle, et  des éléments pour la caisse et les vitres qui a installé son usine à Timisoara, une ville située à l’ouest de la Roumanie. Mais aussi la capacité de fournir Dacia pour son programme Logan et de livrer des produits dans les autres pays à l’Est. 70% de la production de l’usine est ainsi exportée dans ces pays.

Les coûts de production intéressants ont attiré aussi Tenaris, un fabricant argentin de tubes et de pièces tubulaires pour l’industrie automobile qui a racheté en 2004 et 2005 deux entreprises roumaines (Silcotub et Donasid). « L’usine sidérurgique Donasid nous fournit l’acier nécessaire pour nos fabrications sur place et nous pouvons mieux contrôler sa qualité », indique Paolo Bassetti, vice-président de TenarisSilcotub. Dotée de nouvelles technologies de production, l’unité est capable de produire 470000 tonnes d’acier…

Mirel Scherer


 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Dossier composites : comment ils vont surpasser les métaux

Dossiers

Dossier composites : comment ils vont surpasser les métaux

Les composites ne cessent d'innover pour rester compétitifs face aux autres matériaux. L'innovation porte sur les matériaux eux-mêmes, mais aussi sur[…]

Les colloques à venir - Au 12 juin 2009

Agenda

Les colloques à venir - Au 12 juin 2009

Les Nanotechnologies, vous connaissez ?

Les Nanotechnologies, vous connaissez ?

IT 911 mai 2009

IT 911 mai 2009

Plus d'articles