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Les robots s'attaquent aux chantiers

Floriane Leclerc
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Les robots s'attaquent aux chantiers

Peinture et nettoyage de façades, charpentes, convoyage… En intervenant sur tous types de chantiers, les robots diminuent la pénibilité du travail et augmentent la productivité.

L'automatisation gagne les chantiers. Pour réduire la pénibilité du travail, assurer la sécurité, voire accroître leur productivité, les entreprises peuvent désormais compter sur un large éventail de technologies conçues pour les assister. Twinswheel a ainsi développé un droïde qui « seconde l’opérateur dans ses tâches logistiques », explique Vincent Talon, le cofondateur de cette start-up lyonnaise. Décliné en trois modèles, ce caisson intelligent sur roues supportant de 60 à 300 kg, et même plus selon les versions, achemine le matériel jusqu’à un point donné.

Il est équipé d’un système lidar, de six caméras 2D et d’une caméra 3D ainsi que de capteurs d’ultrasons, qui lui permettent de se déplacer sans encombres de façon plus ou moins autonome. L’opérateur peut le programmer en autonomie complète ou lui demander de le suivre (mode « follow me »). Il a aussi la possibilité de le contrôler à distance via le Wi-Fi, la 4G et bientôt la 5G. En mode « follow me », le droïde fonctionne par reconnaissance d’images. « On effectue un tracking dix fois par seconde. C’est-à-dire que l’on vérifie la position et l’identité de la personne suivie toutes les 100 millisecondes », précise Vincent Talon. Dans cette configuration, le robot ne dépasse pas 6 km/h pour respecter les réglementations, mais atteint 12 km/h s’il est seul.

Une meilleure dextérité

Afin de se faufiler entre les machines, « tous nos robots peuvent tourner sur place avec des rayons de braquage très courts, poursuit le dirigeant. Ils sont dotés d’une capacité de franchissement assez importante, jusqu’à 18 cm. Pour des raisons de sécurité, nous avons créé des pare-chocs virtuels autour du robot afin qu’il contourne les obstacles ou s’arrête devant eux. Nous allons aussi ajouter des niveaux de vision afin qu’il se repère mieux dans des espaces vastes et changeants comme les sites de construction. »

En vue de faciliter les opérations manuelles sur les chantiers routiers, l’entreprise RB3D a codéveloppé avec le spécialiste de la route Colas un exosquelette pour soulager l’opérateur lors du nivellement d’enrobés. Issu de travaux menés avec la Direction générale de l’armement sur des exosquelettes militaires, l’ExoPush est un râteau électrique composé de trois parties : le manche, qui gouverne et détecte l’intention de l’utilisateur, un actionneur linéaire électrique, qui amplifie la force du geste détecté, et une jambe de force, qui permet d’avoir un appui au sol pour soutenir la machine de 8 kg.

l’opérateur voit sa force multipliée par cinq

« Il a été conçu spécialement pour aider les travailleurs à casser les tas d’enrobés destinés à être étalés. C’est le geste le plus pénible : l’opérateur est alors penché à 50°. Notre exosquelette redresse sa posture à 20° et lui permet de faire trois à quatre fois moins de gestes qu’avec un râteau normal », indique Thierry Rolland, le directeur commercial marketing de RB3D. Surtout, une fois l’ExoPush sanglé par des harnais et activé, l’opérateur voit sa force multipliée par cinq afin d’atteindre une poussée allant jusqu’à 50 kg. De quoi doper sa productivité.

Un tour de force également réalisé par la société audoise Epur, dans le secteur de la charpente industrielle et de la construction en bois. Avec sa machine de fraisage à commande numérique portative, baptisée Oakbot, Epur offre un gain de temps de 50 % minimum par rapport au travail manuel et facilite les tâches du charpentier sur les poutres hors gabarit (mesurant plus de 13,5 m). Ce dernier n’a plus à déplacer les poutres jusqu’à la machine. C’est elle qui vient aux poutres. En effet, l’engin, « qui associe la mobilité et la modularité des appareils électroportatifs avec la précision et la répétabilité des robots stationnaires, vient se poser directement sur la pièce de bois à usiner », affirme Ilias Zinsstag, le président d’Epur.

« Il suffit au charpentier de tracer l’axe de son usinage sur la poutre, puis de brider la machine par rapport à cet axe afin qu’elle ne bouge pas. Vient alors l’étape de la programmation : les dimensions de la poutre et celles de la géométrie désirée sont entrées via l’interface tactile[…]

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