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Les retombées technologiques des accidents

CLÉMENT CYGLER ccygler@industrie-technologies.com

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Depuis la catastrophe de Fukushima Daiichi, une pensée domine le monde : plus jamais ça. Comme après chaque accident nucléaire, des experts vont être envoyés au Japon pour en tirer les enseignements. Ces missions de retours d'expériences profitent aux installations existantes et à celles de demain en favorisant la diffusion de bonnes pratiques ainsi que le développement de technologies innovantes.

Suite au séisme et au tsunami du 11 mars dernier, le Japon est confronté à une grave crise nucléaire, la plus importante depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Pour analyser les causes et surtout tirer les enseignements de cet accident, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) mettra en place, dès que les conditions le permettront, une mission de retour d'expérience. Issue des Autorités de sûreté nucléaire (ASN) des différents pays utilisant l'atome, une équipe internationale sera constituée. « L'objectif est de disposer d'un panel d'experts compétents et surtout indépendants pour analyser les principaux événements survenus sur chacun des réacteurs de Fukushima Daiichi, et ainsi proposer des pistes d'amélioration », explique Julien Collet, directeur des services Environnement et situations d'urgence à l'ASN. Les conclusions de cette mission seront ensuite diffusées aux acteurs du nucléaire afin qu'ils puissent améliorer les installations existantes et les prendre en compte dans la conception de prochaines unités. Les leçons de l'accident américain de Three Mile Island, en 1979, et de tous les incidents survenus depuis, sont ainsi à l'origine des innovations décrites ici. La plupart ne feront leur apparition qu'avec la naissance des centrales de prochaines générations.

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incidents nucléaires ont été recensés en France en 2010.

Centrales de demainRécupérateur de corium

Dans l'éventualité d'une fusion partielle ou totale du coeur, Areva a conçu un dispositif à installer sous la cuve du réacteur. Composé d'éléments réfractaires en céramique, ce compartiment hautement résistant et étanche récupérera le corium, mélange de combustible, d'acier et de zirconium fondus, afin de l'empêcher de s'enfoncer dans le sol du bâtiment. Le corium, étalé sur une surface d'environ 170 m², sera ensuite refroidi par un système passif de circulation d'eau. Grâce à ce "noyage" et à la présence de structure métallique de refroidissement, le coeur en fusion, se stabilisera en quelques heures avant de se solidifier complètement sur le long terme.

Centrales d'aujourd'huiRobots réparateurs

En cas d'accident nucléaire, des engins commandés à distance peuvent intervenir sur les réacteurs. Ils se substituent au personnel exploitant, qui n'a plus à risquer sa vie. Capables de franchir des obstacles, d'ouvrir des portes, d'actionner des vannes ou d'effectuer des relevés de radioactivité, ces robots sont équipés d'une électronique durcie supportant des taux de radioactivité 100 fois supérieurs aux limites traditionnelles.

Centrales de demainRedondance des systèmes de sécurité

Pour assurer le refroidissement de secours du coeur du réacteur, le système d'alimentation en électricité et celui d'approvisionnement en eau seront présents en quatre exemplaires. Chacun pourra assurer, à lui seul, l'intégralité de la fonction de sûreté et prendre automatiquement le relais d'un autre dispositif en cas de dysfonctionnement ou d'agression de celui-ci. Ces systèmes seront séparés physiquement pour écarter le risque d'une défaillance simultanée.

Centrales de demainDouble coque protectrice

Une double paroi en béton précontraint et armé recouvre le bâtiment du réacteur, mais également celui contenant le combustible, deux des quatre systèmes de sécurité et la salle de commande. Cette enceinte a été conçue pour résister aux effets de très hautes pressions et températures, voire même à la chute d'un avion.

Centrales d'aujourd'huiRecombineurs d'hydrogène

Situés à l'intérieur de l'enceinte de confinement du réacteur, des systèmes de recombinaison de l'hydrogène (généré par le zirconium en fusion) transforment ce gaz en vapeur d'eau par réaction catalytique. Ils évitent ainsi son accumulation et donc une possible explosion.

AU-DELÀ DE LA TECHNOLOGIERevoir l'organisation

Les missions de retour d'expérience suite aux divers accidents nucléaires ne sont pas uniquement à l'origine d'améliorations technologiques. Elles ont également permis de renforcer les protocoles à suivre dans l'exploitation des centrales. Retour sur ces principales évolutions. L'INSTRUMENTATION A ÉTÉ RENFORCÉE avec la mise en place de capteurs de position et de niveau. Pour éviter l'ambiguïté de certaines indications sur l'activité du coeur du réacteur. L'UTILISATION DE SIMULATEURS pour la formation des opérateurs a été systématisée, rendant ainsi plus fiable le pilotage des centrales. LES RÈGLES DE CONDUITE ONT ÉTÉ PROFONDÉMENT RÉVISÉES LORS DE SITUATIONS CRITIQUES. Désormais, un panneau de sûreté, installé obligatoirement dans la salle de commandes, guide les opérateurs dans la mise en oeuvre des procédures à suivre en cas d'incident.

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