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Les priorités technologiques de la France

Thibaut De Jaegher

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Les priorités technologiques de la France
La France vient enfin de se doter d'une stratégie nationale de recherche et d'innovation. Elle définit 3 axes de recherche prioritaires pour notre pays : la santé, l'environnement et l'information.

Enfin ! Après plusieurs reports et huit mois de travaux, Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a présenté la stratégie nationale de recherche et d’innovation (SNRI). Impliquant plus de 600 personnalités issues du monde l'entreprise, des labos ou d'associations, cet exercice a permis de dégager trois priorités pour la France de la recherche : la santé et les biotechnologies ; l’urgence environnementale et les écotechnologies ; l’information, la communication et les nanotechnologies. Ce docuement sera remis pour avis à plusieurs instances du monde de la recherche avant d'être présenté en conseil des Ministres. Nous vous livrons ici la synthèse, réalisée par le ministère de la Recherche, des priorités définies par la SNRI.

Thibaut De Jaegher

 
 
 
 
 
Axe prioritaire n°1 : la santé, le bien-être, l’alimentation et les biotechnologies

Il s’agit de répondre aux attentes fortes de nos concitoyens sur ce sujet, d’anticiper et de faire face à l’apparition de nouveaux enjeux (vieillissement de la  population, maladies infectieuses...), et de développer notre tissu industriel dans ce domaine.
 
La stratégie distingue quatre thématiques :
  • Améliorer notre connaissance du vivant, du génome à l’individu, pour faire  progresser la recherche dans ce domaine.
  • Orienter la recherche de santé dans le sens des grands enjeux de santé publique, tels les maladies neurodégénératives  dans le cadre de l’allongement de l’espérance de vie de la population (ex. : Alzheimer), ou les maladies infectieuses et émergentes (ex : le virus H1N1).
  • Améliorer et sécuriser les conditions d’alimentation pour prévenir des maladies comme le cancer, en s’appuyant sur la recherche fondamentale pour mieux appréhender les mécanismes d’apparition d’agents toxiques, en opérant des suivis statistiques de population, et en développant des outils de prévention.
  • Générer une nouvelle médecine et une nouvelle agriculture fondées sur les biotechnologies pour assurer par exemple une médecine personnalisée avec des diagnostics plus rapides ou pour accompagner le personnel médical avec des technologies de télémédecine.

Axe prioritaire n°2 : l’urgence environnementale et les écotechnologies

La stratégie nationale de recherche et d’innovation s’est appuyée sur les grandes priorités définies lors du Grenelle de l’environnement et, en particulier, sur les travaux du comité opérationnel « recherche ».
 
On distingue plusieurs enjeux :
  • Scénariser et modéliser l’évolution du climat sur les moyen et long termes, en fonction de différentes hypothèses sur les émissions de gaz à effet de serre en développant nos capacités d’observation et de modélisation, avec des structures d’observation pérennes notamment par satellite, et des capacités de calcul intensif ; en inventant des technologies qui s’adaptent à la nouvelle donne climatique et qui permettent de diminuer l’impact de l’activité de l’homme sur le climat.
  • La biodiversité devient un sujet de recherche privilégié afin de mieux l’appréhender, grâce notamment à la création de la plateforme science-politique intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES),  pour mieux la protéger et la transformer en opportunité pour nos entreprises.
  • Renforcer l’effort de recherche sur la toxicologie et l’écotoxicologie.
  • Accroître la production d’énergie sans émission de gaz à effet de serre en s’appuyant sur le nucléaire pour assurer notre position au premier rang mondial dans ce secteur, et répondre à l’accroissement de la demande énergétique mondiale, en inscrivant l’énergie nucléaire dans une logique de développement durable (réacteurs de 4e génération et gestion durable des déchets radioactifs) ; en développant le photovoltaïque pour améliorer le rendement des cellules existantes et des futures technologies de rupture et développer les filières industrielles correspondantes ; en promouvant les biocarburants de 2e génération (par voie thermochimique et biochimique) avec pour enjeu majeur de valoriser la plante tout entière et non plus seulement la partie comestible ce que fait la filière existante, pour éviter la concurrence d’usage de l’agriculture entre l’alimentation et l’énergie ; en pariant sur les énergies marines en lançant un plan spécifique destiné à développer les technologies nécessaires à la valorisation de l’exceptionnel potentiel maritime français.
  • Diminuer la consommation de l’énergie au quotidien, tant en termes de logement que de mobilité en développant des véhicules terrestres propres grâce à l’amélioration des motorisations actuelles et à la préparation du véhicule électrique en passant éventuellement par l’hybridation pour accompagner notre tissu industriel dans cette nouvelle révolution de l’automobile ; en réduisant la consommation des transports aériens et leur pollution sonore, par l’usage des technologies satellitaires de navigation mais aussi par de nouvelles motorisations et de nouveaux matériaux ; en construisant des villes et des bâtiments durables (bâtiments à faible consommation énergétique, à énergie positive, stockage d’énergie, systèmes urbains durables...).

Axe prioritaire n°3 : l’information, la communication et les nanotechnologies

Les technologies de l’information sont omniprésentes dans nos vies quotidiennes, et sont susceptibles de nous permettre de répondre à de nombreux défis, comme l’économie d’énergie ou la santé.
3 grands types d’enjeux se dégagent :
  • Développer des architectures performantes, conçues conjointement par des informaticiens et des électroniciens, intégrant  et conjuguant totalement les aspects hardware et software pour en accroître les  fonctionnalités, la disponibilité et la fiabilité : renforcer la compétitivité de nos industries de service (banque, médias...) et de haute technologie (automobile, aviation...) par une forte capacité d’édition de logiciels performants ; renforcer notre position sur la sécurité des logiciels  qui répond à une problématique sociale et économique forte, en particulier pour la dématérialisation de procédures ou l’utilisation nomade des technologies numériques.
  • Définir et arrêter nos nouveaux choix techniques en matière d’internet du futur afin d’être en mesure de peser sur les normes internationales, un verrou clé indispensable à la compétitivité des nos entreprises.
  • Réussir la 4e révolution industrielle, la révolution des nanotechnologies, aussi bien dans les domaines de l’électronique, des matériaux, des technologies pour la santé que des énergies renouvelables.

 

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