Nous suivre Industrie Techno

Les premières vraies pièces flexibles

Industrie et Technologies

Sujets relatifs :

,
Francfort, Allemagne du 1er au 4 décembre. - Peu de révolution technologique à Euromold 2004, mais un effort notable d’amélioration des performances de machines de prototypage rapide ainsi que des matériaux utilisés.

Quelques 1502 exposants de 39 pays ont participé à cette édition du salon Euromold qui a connu le même franc succès que celles des autres années. Explication de cet engouement : le respect scrupuleux de la devise de la manifestation, « du design à la production en série en passant par le prototypage », qui permet aux visiteurs, moulistes surtout, mais aussi des fabricants de pièces complexes dans de nombreux autres domaines, de trouver en un seul jour chaussure à leur pied. Systèmes de prototypage rapide, outils de design, logiciels de CFAO, machines-outils, outils de coupe, solutions de contrôle/mesure… tout se trouve à portée de main.

« Euromold c’est la référence mondiale dans le domaine du prototypage rapide (PR) », confirme un des visiteurs français, Ziad Abou, directeur de CEP, une des principales sociétés de service en PR dans l’Hexagone. « Même si l’édition 2004 ne présente aucune révolution technologique, on peut toujours apprécier le travail effectué par les fournisseurs pour améliorer les matériaux et une offre plus vaste concernant les procédés qui gravitent autour du PR comme la fonderie ou la coulée sous vide. Mais aussi l’essor pris par les applications dans le domaine de la prothèse dentaire, présentes chez plusieurs constructeurs de machines de PR. »

D’autres industriels français du domaine sont venus chercher des sous-traitants pour leurs projets, comme c’est le cas du bureau d’études MoldProject.  « Créé il y a deux ans, notre BE sous-traite la fabrication des outillages conçus en France dans des pays à bas coût de main d’œuvre comme le Portugal, la Chine ou la Turquie », explique Laurent Parot, responsable sous-traitance outillages de cette PME de sept personnes située au Mans.

La Chine et la Turquie étaient d’ailleurs très présentes à Euromold, ce qui permet aux constructeurs de machines-outils d’élargir leur marché. Conformation de Gilbert Fischer, pdg de Huron : « les sous-traitants turques n’hésitent pas à descendre un étage dans notre hall pour trouver la machine qui leur faut. »
Plusieurs moulistes français, les derniers mohicans sans doute car le secteur est ravagé par une crise sans précédent, étaient présents sous la houlette de UBIFrance. Décidés à faire bon cœur contre mauvaise fortune, ces moulistes misent sur l’innovation. Comme AGP Développement qui regroupe plusieurs sociétés spécialisées dans la conception et l’industrialisation de moules de la région d’Oyonnax. Une de ces sociétés, Grosfilley, a mis au point avec Billion un système qui permet l’assemblage dans le moule de pièces injectées. Une autre, Georges Pernoud, une PME de 62 personnes, a installé une cellule flexible de deux machines, une Mazak et une fraiseuse UGV Röders associées à un robot Fanuc qui assure l’alimentation en pièces fixées sur des palettes Erowa. Cette installation traite des pièces différentes qui arrivent sur l’une ou l’autre de deux machines de manière aléatoire grâce au système de gestion des priorités mis au point par la société d’ingénierie Proconcept. Une installation pilotée à distance, qui peut travailler jour et nuit, toute l’année. Elle cumule ainsi jusqu’à 4500 heures/an ce qui baisse sensiblement les coûts de pièces fabriquées.

Peu de nouveautés marquantes à relever dans le domaine du PR, mais plutôt des évolutions dans la famille de machines ou dans les matériaux. Avec une grande surprise : l’absence remarquée du numéro un mondial du PR, 3D Systems.
Promesse tenu par le constructeur français Phenix Systems qui annonçait l’année précédente la présentation de solutions pour la dentisterie. Il exposait des armatures de prothèses dentaires réalisées en chrome cobalt, une application qui a selon François Reymondet, pdg de la société, le vent en poupe. « La majorité des armatures sont réalisées en utilisant ce matériau et leur fabrication par frittage pulvérise les délais par rapport au procédé classique (fonderie et usinage) », explique le spécialiste.  Les points forts de machines PM100 (prix : 210 000 euros) et PM250 (380 000 euros) de Phenix  Systems sont : la polyvalence céramique-métal, des sources laser (à fibre) haute fiabilité, un système de mise en couche paramétrable, l’utilisation des poudres du marché (dont l’alumine), une CFAO intégrée…
L’application « dentisterie » était présente aussi sur le stand de Trumpf qui annonce la vente de sept machines de frittage TrumaForm (développées avec le concours d’EOS) dont le prix avoisine tout de même les 550 000 euros. Dotée de deux chambres de travail pour améliorer la productivité, cette machine utilise des astuces technologiques que l’on retrouve chez Phenix Systems comme le chauffage par le bas.
Dentisterie aussi chez EOS (250 clients dans 32 pays, chiffre d’affaires de 43 millions d’euros, soit 16% de plus que l’année précédente) avec des bridges en chrome cobalt, qui développe toujours son concept e-manufacturing avec deux nouvelles machines : Eosint M 270 (frittage métal) dotée d’un laser à fibre et Eosint P 385 (frittage plastique). Cette dernière fabrique des couches plus fines et améliore le contrôle du laser ainsi que la vitesse de fabrication. Le constructeur allemand propose aussi plusieurs matériaux nouveaux comme le polyamide PrimePart qui réduit les coûts et améliore la qualité de surface. Ou le matériau réfractaire pour le frittage plastique qui est destiné aux applications aéronautiques. Côté métal, des poudres en titane et ses alliages, en inconel ou en acier inoxydable ont été testées avec succès sur les Eosint M.
A signaler aussi le rachat de Generis par ProMetal qui inclut ainsi dans son offre une solution de fonderie sable.

Les imprimantes 3D améliorent aussi leur vitesse et précision comme le prouve Next Factory avec deux systèmes (020 à 35000 euros et 010 à 25000 euros) destinés à la fabrication des bijoux ou autre pièces petites mais complexes.
Même cible pour les systèmes d’Envisiontec, dont la dernière née Vanquish présente une vitesse de construction de 25 mm/h, une résolution XY de 25 mµ, une épaisseur des couches de 15 mµ, des coûts d’exploitation de moins de 1 ollars/h…

Objet Geometries propose des matériaux colorés et des pièces en résines flexibles plus ou moins rigides qui étaient exposés pour la première fois. Un procédé qui est à l’étude.
SolidScape propose deux machines de bureau, de la taille d’une imprimante, les T66 et T612 Benchtop, qui améliorent la vitesse et la rigidité des pièces. Des machines destinées à l’industrie bijoutière qui coûtent entre 35000 et 40000 euros.
Materialise annonce lui aussi des pièces flexibles construites grâce à trois types de résines Flex 45, 65 et 80. Le fournisseur belge a également réalisé les premiers tests avec des résines nano, les Nano 5000. Il s’agit de verres plastiques prototypes pour l’éclairage public réalisés pour R-tech. L’avantage de résines nano c’est d’offrir une bonne résistance aux hautes températures, la rigidité, stabilité dimensionnelle…

DSM Somos débute la commercialisation du matériau NanoForm 15120 après un an de betatests à travers le monde dans différentes applications. Il s’agit d’un matériau composite pour la stéréolithographie qui incorpore des nanoparticules non cristalines qui a les mêmes avantages que le matériau de Materialise.

La machine-outil était comme d’habitude bien représentée avec quelques nouveautés notables :
- Huron annonçait sa nouvelle fraiseuse UGV la KX 50 (voir IT no 862)
- FPT présentait une fraiseuse, la Stinger, dotée d’une tête à double rotation capable d’usiner à 45°
- Depo, spécialiste des outils de coupe pour l’UGV et des machines à grande vitesse exposait une nouvelle fraiseuse horizontale, la Depo H, dotée d’une broche de 38 kW. Le constructeur allemand vient d’être racheté par Sandvik.
- Wissner exposait une fraiseuse UGV dotée d’un système de palettisation maison qui peut supporter 5, 10 ou 60 pièces en fonction de la taille et qui autorise le travail en temps masqué. Sa machine 5 axes Gamma 605 était équipée d’une tête d’usinage dotée de moteurs couples et d’une table qui offre une accélération de 50 m/s2. Le constructeur qui fabrique ses propres broches annonce pour 2005 une broche capable de développer une vitesse de rotation de 250 000 tr/min destinée aux usinages de microfinition.
- Digma exposait une fraiseuse 3/5 axes UGV, la HSC 450, dont la vitesse d’axes est de 75 m/min et l’accélération, de 20 m/s2.
- Forest Liné a été trop modeste : mise à l’épreuve, sa tête d’usinage ébauche et finition 5 axes Easymill affiche des puissances plus importantes que prévu (30 et 45 kW).
- Spécialiste de centres d’usinage pour la fabrication de modèles et de moules, Eima est en discussion avec le Cirtes et RP2I pour fabriquer et commercialiser des machines de stratoconception 5 axes.
- DS Technologie annonce une machine multifonction ainsi qu’un équipement à table horizontale qui intègre sa tête hexapode Ecospeed.
- Hermle présentait un centre d’usinage qui intègre la système de mesure 3D Form Inspect de M & H qui permet de contrôler la forme et la position de la pièce sur la machine-outil.
- L’usinage robotisé semble prendre son envol avec deux solutions présentées à Euromold. Escad exposait le système Roboprot qui assure l’usinage des plastiques et des alliages légers avec un robot Kuka doté d’une broche Fischer de 10,5 kW et 24 000 tr/min ou une broche Precise de 3,4 kW et 40 000 tr/min. Cette solution utilise le système de CFAO OpenMind et coûte entre 120000 et 150000 euros tout compris. Sa précision est de 0,1 mm. Delcam exposait un système similaire avec robot Kuka et broche Ibag. « L’avantage d’une telle solution est, au-delà de son prix très concurrentiel, sa flexibilité », considère Otto Kellenberger, responsable des applications aéronautiques chez Kuka. « Cependant, dès que l’on dépasse une certaine profondeur, le procédé robotisé est moins efficace qu’une machine-outil. »

Mirel Scherer

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Dossier composites : comment ils vont surpasser les métaux

Dossiers

Dossier composites : comment ils vont surpasser les métaux

Les composites ne cessent d'innover pour rester compétitifs face aux autres matériaux. L'innovation porte sur les matériaux eux-mêmes, mais aussi sur[…]

Les colloques à venir - Au 12 juin 2009

Agenda

Les colloques à venir - Au 12 juin 2009

Les Nanotechnologies, vous connaissez ?

Les Nanotechnologies, vous connaissez ?

IT 911 mai 2009

IT 911 mai 2009

Plus d'articles