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Les nanomatériaux vus par les industriels

Industrie et Technologies
Dijon, le 22 janvier. L’Ecole supérieure d’ingénieurs de recherche en matériaux a organisé un colloque sur le thème «Nanomatériaux, une réalité industrielle». Du beau monde. Et de beaux exempl

Parrainée par Frédéric Bernard, animateur de l’équipe de recherche «Matériaux nanostructurés, phénomènes aux interfaces» du Laboratoire de recherches sur la réactivité des solides (LRRS) à Dijon, cette journée a fait le point sur les développements des nanomatériaux dans l’automobile, le biomédical, l’outillage, l’aéronautique et le spatial.

Henri Van Damme, de l’ESPCI (Ecole supérieure de chimie et de physique industrielles de la Ville de Paris) présentait d’abord l’étendue des applications potentielles des nanomatériaux pour le développement de systèmes, machines ou dispositifs.

Parmi les exemples cités :
-un matériau solide aussi et résistant au choc que la nacre et capable de s’auto-réparer en cas de rupture comme l’os est capable de le faire
- un filtre aussi efficace, adaptable et peu énergivore que le rein pour dessaler l’eau de mer ou purifier les eaux usées ;
- un matériau mécano-transducteur susceptible de détecter d’infimes vibrations même lorsqu’elles sont moins intenses que le bruit ambiant…

Fabricant d'outils coupants et pièces d'usure en carbure métalliques durs, CarbexNSA (Le Creusot), présentait avec le LRRS le projet de «Centre solutions matériaux Dijon Bourgogne», dont l’une des trois composantes concernera les nanomatériaux et matériaux frittés.

Cette entité travaillera sur le développement de procédés industrialisables de poudres à grain nanométriques et sur la mise au point de pièces frittées à partir de la technologie SPS (Spark plasma sintering). «Ce procédé présente plusieurs avantages, explique Denis Dejeu, chez CarbexNSA. En particulier la densification de matériaux nanostructurés et la possibilité d’associer des nanomatériaux de natures différentes (métal et céramique, métal et polymère)»

Chez Renault, Gérard Maeder, directeur de l’ingénierie des matériaux, présentait les attentes de l’industrie automobile. «Le développement des nanomatériaux s’inscrit dans le cadre des exigences d’allègement des véhicules : cet allégement est imposé par la diminution de la consommation qui conditionne la réduction des émissions de CO2 ».

Gérard Maeder illustrait son propos par le cas d’une pièce existante (une aile) réalisée en alliage thermoplastique renforcé par des nanotubes de carbone. D’autres pièces de structures et de carrosserie pouvant bénéficier des atouts de ce type de nanocomposites étaient également évoquées. Selon lui, les nanomatériaux pourraient aussi déboucher dans de nouveaux catalyseurs pour le traitement de gaz d’échappement ou dans des fluides électrorhéologiques pour amortisseurs.

Chez Cime-Bocuze, Guy Nicolas, directeur technique, précisait quelques axes de recherches sur les transformations structurales dans les métaux à l’échelle nanométrique. «L’évolution récentes des sciences des procédés donne aujourd’hui accès à l’élaboration de matériaux massifs à structure fortement submicronique et/ou à structure nanométrique et à l’élaboration de poudres nanométriques dont il reste encore à maîtriser les voies de consolidation».

Catherine Dubernet, du Centre d’études pharmaceutiques (CNRS 8612) résumait l’intérêt des nanomatériaux dans la recherche de médicaments, notamment pour la vectorisation des principes actifs. «La taille de nano-objets vecteurs de médicaments ainsi que leurs propriétés de surface conditionnent le distribution dans l’organisme du principe actif véhiculé. La connaissance des potentialités de tels nano-objets en fonction de la voie d’administration (intraveineuse ou orale) pour mieux cerner les applications».

Chez Snecma propulsion solide, Michel Bourgeon présentait les grands axes de développement des nanomatériaux à base céramique. «Les nanotechnologies sont explorées dans un esprit d’amélioration des performances, de réduction des coûts et de recherche de nouveaux marchés. L’échelle nanométrique permettra d’intervenir à tous les niveaux de la conception d’un matériau céramique composite : fibres, textures, interphases, matrices et revêtements».

 La Snecma et le CEA ont d’ailleurs proposé un grand programme sur ce thème dans le cadre du 6e PCRD. 

Michel Le Toullec

Sites web des organismes ou entreprises cités
- Esirem : www.u-bourgogne.fr/ESIREM/
- LRRS : www.u-bourgogne.fr/REACTIVITE
- CarbexNSA : www.carbexnsa.com
- Cime-Bocuze : www.cime-bocuze.com
- Centre d’études pharmaceutiques : http://h0.web.u-psud.fr/umr-cnrs8612/DEA/dea.htm
- Snecma propulsion solide : www.snecma-propulsion-solide.com/

 

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