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Les moteurs à la diète

ANNE ROYER
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Alors que les moteurs consomment 70 % de l'électricité dans l'industrie, la réglementation européenne impose aux fabricants de proposer des moteurs aux rendements de plus en plus élevés. De fait, l'efficacité énergétique est devenue un critère déterminant dans la conception des systèmes d'entraînements. Tour d'horizon des technologies les moins gourmandes.

En Europe, deux tiers de la consommation électrique industrielle est liée aux systèmes d'entraînement. Des pompes aux compresseurs, en passant par les ventilateurs ou les convoyeurs, ces machines représentent donc un gisement d'économies substantiel. Depuis 2009, la Commission européenne a donc adopté un règlement qui impose aux moteurs électriques industriels des exigences d'efficacité énergétique, définies par la norme harmonisée de classement IE (International Efficiency). Les fabricants sont tenus depuis 2011 de proposer des moteurs industriels à haut rendement répondant à la classification IE2.

Ces directives ont eu pour effet de doper les avancées technologiques dans le secteur. Technologie du moteur, fabrication, design, électronique : les constructeurs ont dû développer une nouvelle offre ou optimiser la consommation énergétique de leurs produits afin de répondre aux spécifications internationales. « Ce contexte a boosté la R&D, témoigne Yves Jamet, directeur marketing chez Weg, fournisseur de systèmes électriques. Dès 2006 ou 2007, alors que la classe de rendement n'existait pas encore, nous avons anticipé la sortie de la première norme en 2008 pour remettre le W21 à plat et créer un nouveau moteur optimisant les pertes d'énergie. 2008 a été un vrai déclencheur. »

Les fabricants en avance sur la réglementation

L'enjeu reste le même pour les fabricants : anticiper les prochaines étapes réglementaires. Tous proposent déjà des moteurs IE3, au rendement dit « Premium », alors que cette norme ne sera pas imposée par l'Union européenne avant janvier 2015. Ils constatent cependant une réticence de la part des industriels français. « La demande pour l'IE3 a du mal à décoller », déplore Yves Jamet, évoquant une valorisation insuffisante du certificat blanc concerné. Michel Metzger, en charge du marketing de l'efficacité énergétique chez Siemens, blâme quant à lui le prix amélioré de l'électricité pour l'industrie en France (entre 12 et 16 centimes d'euros le kWh en Allemagne ou en Italie, contre un peu plus de 7 centimes d'euros dans l'Hexagone). Contrairement au coût de l'installation, l'efficacité énergétique n'est pas toujours un critère de choix. L'intérêt de l'investissement dépend surtout du nombre d'heures actives du moteur. « Si le constructeur peut récupérer le surcoût d'un moteur IE3 au bout de 8 000 heures de fonctionnement, l'investissement se justifie car le moteur aura réellement un meilleur rendement, explique Michel Metzger. Pour la plupart des moteurs, le passage à l'IE3 est justifié au moment de l'achat. »

Penser en termes de productivité énergétique : c'est l'argument de choix. « Il ne s'agit pas tant d'économiser mais de gagner en productivité, précise Christian Sibileau de SEW-Usocome, leader dans le domaine des systèmes d'entraînement. Faire plus à consommation égale ou consommer moins quand je fais moins. » Et de conclure : « L'enjeu énergétique restera un élément déterminant pour le développement de la gamme future, de même que la simplicité de mise en oeuvre. »

Les moteurs IE4, champions du haut rendement

Du côté des moteurs asynchrones, conçus pour fonctionner à vitesse constante et majoritairement utilisés dans l'industrie pour leur fiabilité et leurs prix compétitifs, le rendement dépend surtout de la qualité des matériaux utilisés dans la partie roulement. Une contrainte supplémentaire laisse peu de[…]

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