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Les microalgues reviennent dans la course aux biocarburants

Xavier Boivinet
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Les microalgues reviennent dans la course aux biocarburants

Photobioréacteur au CEA de Cadarache. Des travaux sont menés pour optimiser les conditions de culture des microalgues et la balance énergétique des procédés.

© Xavier Boivinet

Les microalgues suscitent un regain d’intérêt dans la production de biocarburants de troisième génération. Reste à trouver les bonnes souches et à optimiser les procédés pour passer à l’échelle industrielle.

Alimentation animale, compléments alimentaires, cosmétiques… Les microalgues parviendront-elles à dépasser les marchés de niche auxquels elles sont aujourd’hui cantonnées pour être mises à profit dans la production de biocarburants de troisième génération ? Jusqu’à récemment, Jean-François Sassi, le responsable du groupe de recherche sur les procédés et technologies des microalgues au CEA, n’y croyait plus. « Il y a deux ou trois ans, je me disais que c’était fini et que nous allions en rester à une industrie de valeur ajoutée. Mais les industriels, en particulier ceux du pétrole, ont réinvesti avec une volonté de déboucher sur de réelles applications dans les biocarburants. »

L’intérêt est mondial, notamment dans les pays producteurs de pétrole. « Ils ont tous des feuilles de route sur l’aquaculture, qui incluent la production de microalgues pour une utilisation en énergie », affirme Jean-François Sassi. En Occident, le mouvement est parti des États-Unis. « ExxonMobil a investi en amont dans des sociétés de biotechnologies pour optimiser les souches d’algues. Aujourd’hui, ils souhaitent développer un véritable pilote industriel. » En France, Total a pris ce virage en 2012, avec des partenariats dans le monde entier, dont un accord-cadre signé avec le CEA il y a un an et demi. « Notre progression n’a pas été linéaire, précise Laurent Fourage, le responsable du programme algues au sein de la division biocarburants. Il y a une accélération depuis deux ou trois ans. »

L’intérêt suscité par les microalgues pour la production de biocarburants remonte aux années 2000. Mais par rapport à cette première vague, les choses ont changé. « L’utilisation du dioxyde de carbone (CO2) est maintenant une donnée d’entrée importante, ce n’était pas le cas avant, note Jean-François Sassi. Le premier argument pour développer la filière était le cours du pétrole, avec un prix du baril pressenti pour dépasser les 250 dollars fin 2008. » La crise qui a frappé l’économie mondiale cette année-là en a décidé autrement.

Des rendements supérieurs

Comme les plantes ou les arbres à la base des biocarburants conventionnels et avancés, les microalgues utilisent la lumière du soleil et le COde l’atmosphère pour se développer lors de la photosynthèse. Mais certaines produisent aussi des lipides qui peuvent être extraits sous forme d’huile. De quoi envisager deux utilisations. Le recours aux microalgues en tant que biomasse pouvant être convertie en biopétrole par liquéfaction hydrothermale sous pression et à haute température. Et l’extraction de leur huile pour produire des biocarburants. « La première voie est plus mature, mais les deux voies nous intéressent de par la variété des produits auxquels elles donnent accès », précise Laurent Fourage. Le passage par un biopétrole permet de produire presque toutes les molécules[…]

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