Nous suivre Industrie Techno

Les microalgues colorent l'avenir en vert

SOPHIE EUSTACHE
Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

Les microalgues colorent l'avenir en vert

© dr

Pression écologique et appauvrissement des réserves pétrolières poussent les industriels à se tourner vers d'autres ressources. Les microalgues deviennent alors un candidat idéal pour les bioraffineries de demain. Cependant, deux étapes restent à franchir : découvrir de nouvelles molécules d'intérêt et industrialiser les procédés.

S'affranchir du pétrole, oui... Mais pourquoi, et surtout, pour qui ? Régulièrement, au rythme des fluctuations des prix du pétrole, l'exploitation des microorganismes revient sur la scène médiatique. « L'intérêt pour les microalgues n'est pas nouveau. Après le premier choc pétrolier en 1973, les recherches avaient pris de l'ampleur puis ont ralenti avec la baisse du prix du pétrole dans les années 1990 », explique Thierry Stadler, directeur du pôle de compétitivité Industrie et agro-ressources (IAR).

Initialement étudiées pour remplacer les hydrocarbures, les microalgues rencontrent aujourd'hui un regain d'intérêt et, surtout, de nouveaux champs applicatifs. Des industriels comme Roquette ou Fermentalg ont réussi à industrialiser des procédés pour extraire des molécules d'intérêt, utilisées ensuite dans la fabrication de produits nutritifs, cosmétiques, chimiques ou de biocarburants. « La microalgue est un bon candidat pour rentrer dans les bioraffineries. Pour l'instant, elles sont particulièrement utilisées pour des applications cosmétiques et comme complément alimentaire. Pour ces applications, les procédés sont déjà industrialisés », précise Thierry Stadler. Mais les microalgues pourraient aussi trouver une application dans le secteur de la chimie, et en particulier dans la fabrication des plastiques.

Travailler sur les souches pour augmenter la biomasse

En 2013, la société américaine Cereplast (placée depuis sous la protection du chapitre II de la loi américaine sur les faillites) a mis en place sa filiale «Algaeplast », dédiée aux bioplastiques et chargée de développer de nouveaux monomères et polymères algosourcés. Les équipes R&D ont déjà identifié une espèce prometteuse de microalgues qui n'était pas exploitée pour la production de biocarburants. L'identification de souches pertinentes afin de répondre aux exigences du marché - en termes de qualité, de coût et de durabilité des molécules algosourcées - est justement l'un des enjeux majeurs de la recherche sur les microalgues.

Applications : l'alimentation a pris l'avantage

Les microalgues rencontrent de nombreux champs d'exploitation : plastique, biocarburants, cosmétique... Mais l'alimentation semble le secteur le plus porteur à court terme. Roquette a par exemple développé des farines complètes (entre autres de chlorelle), qui ont remporté deux prix FIE Innovation, dont celui de l'ingrédient le plus innovant de l'année 2013. Ces farines à haute teneur lipidique permettent par exemple de préparer des pâtisseries sans oeuf ni beurre. La chlorelle est produite sur le site de Lestrem, qui dispose d'une capacité de production de 4 000 à 5 000 tonnes/an.

[…]

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS

Déjà abonné ?

Mot de passe perdu

Pas encore abonné ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0970

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2014 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Aéronautique : Dassault aviation et le CNRS lancent un laboratoire commun pour la mise au point de matériaux nanostructurés

Aéronautique : Dassault aviation et le CNRS lancent un laboratoire commun pour la mise au point de matériaux nanostructurés

Le CNRS et Dassault aviation ont lancé le 5 juillet un laboratoire commun. Son objectif : mettre au point de nouveaux matériaux[…]

Semi-conducteurs : le LAAS et Riber créent un laboratoire commun pour repousser les limites de l’épitaxie par jet moléculaire

Semi-conducteurs : le LAAS et Riber créent un laboratoire commun pour repousser les limites de l’épitaxie par jet moléculaire

Repsol, Axens et IFPEN améliorent la recyclabilité des déchets plastiques traités par pyrolyse

Repsol, Axens et IFPEN améliorent la recyclabilité des déchets plastiques traités par pyrolyse

Le chimiste allemand Covestro produit un précurseur du polyuréthane à partir de CO2 plutôt que de pétrole

Le chimiste allemand Covestro produit un précurseur du polyuréthane à partir de CO2 plutôt que de pétrole