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Les meilleures technos de 2012 : Enerkem transforme les déchets en carburant

La gazéification des déchets pour produire du carburant passe en phase industrielle. En 2013, trois unités de production d'éthanol dans des réacteurs à lit fluidisé verront le jour.

Les Canadiens d'Enerkem comptent parmi les pionniers industriels de la gazéification des déchets. Leur site de démonstration, qui tourne en continu à Edmonton (Canada), a produit en juin 2012 ses premiers gallons d'éthanol à partir de déchets municipaux. En 2013, la société passe au stade commercial en équipant les villes de Varennes, Edmonton (Canada) et Pontotoc (États-Unis). Chacune de ces usines produira 38 millions de litres d'un biocarburant présentant l'avantage de ne pas entrer en compétition avec l'alimentation.

La technologie d'Enerkem repose sur la gazéification. L'opération centrale consiste à chauffer les déchets à blanc dans une atmosphère pauvre en oxygène. Elle a pour effet de décomposer les longues chaînes carbonées constituant les matières organiques sous forme de gaz de synthèse.

Un procédé adaptable à tout type de déchets

Ce cocktail de « briques de construction », primordial en pétrochimie, présente une forte teneur en hydrogène et monoxyde de carbone. Il permet de reconstruire des chaînes moléculaires sur mesure, via des transformations catalytiques. Ainsi, à partir du gaz de synthèse, Enerkem recombine du méthanol puis de l'acétate, pour synthétiser in fine l'éthanol carburant.

Pour ce faire, la société canadienne mise sur un réacteur à lit fluidisé. Un choix qui limite la complexité de son installation. Ce réacteur opère en effet à basse température - environ 700 °C - grâce à une agitation efficace du flux de déchets, qui permet d'accélérer la décomposition. Un concept issu des recherches d'Esteban Chornet, ancien professeur de génie chimique à l'université de Sherbrooke et spécialiste de renommée mondiale en matière de gazéification. À titre de comparaison, les procédés concurrents peuvent monter jusqu'à 1 500 °C.

L'usine d'Enerkem se distingue également par sa grande modularité. « Nous pouvons adapter le procédé à des profils de déchets très différents, notamment des résidus de construction en bois, des résidus agricoles ou encore des déchets municipaux », explique Marie-Hélène Labrie, directrice du développement et du marché. Et ce n'est pas tout : cette modularité permet également d'ajuster la nature du produit fini en fonction du marché : « Si un jour l'éthanol n'est plus un débouché intéressant, nous pouvons supprimer la dernière brique du procédé pour sortir du méthanol, ou rajouter un module pour produire une autre molécule d'intérêt. »

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