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Les matériaux et l'électronique en priorité

Propos recueillis par Michel Le Toullec
- Troisième fabricant européen de jouets, Smoby-Majorette axe sa R&D autour du couple matériaux-procédés et de l'électronique. Dans le domaine des plastiques, le groupe innove dans l'injection à l'eau et le soufflage avec étiquetage dans le moule. Côté métal, l'acquisition de Majorette lui ouvre des perspectives dans l'injection d'alliages légers.

Industrie et Technologies : Quels sont les grands axes de la R&D chez Smoby-Majorette ?

Dominique Meillassoux : Notre R&D technique se déploie dans deux principales directions qui concernent à la fois les matériaux et les procédés.

En ce qui concerne les matériaux, nous mettons l'accent sur l'apport de chaque famille, à l'opposé de la vision "tout plastique" ou "tout métal", pour proposer des jouets polyfonctionnels et plurisensoriels. Dans le domaine des plastiques, par exemple, nous faisons partie du groupe Plastisensoriel avec des industriels comme Renault, Salomon ou Lever Fabergé. Nous y confrontons nos idées et réflexions sur l'apport des polymères sur l'aspect sensoriel de nos futurs produits respectifs. Et, côté technologie, nous déployons des programmes sur les procédés comme l'injection IML (avec étiquetage dans le moule), le soufflage IML, le soufflage à détourage embarqué...

I. T. : Quelle est la genèse de vos travaux sur l'injection des plastiques par eau ?

D. M. : Il s'agit de notre développement le plus récent : la première application apparaîtra à Noël 2004 sur le tricycle baptisé Alu Plus. Le choix de cette technologie répond à notre volonté de nous démarquer de la concurrence - Berchet utilise l'injection gaz -, mais aussi de gagner en rentabilité. Ainsi, le prix de revient du guidon du tricycle en question est 25 % plus bas que par injection classique de deux demi-coques, et 10 % plus bas que par injection gaz.

Cette première mondiale dans le domaine du jouet est, en fait, un transfert de technologie de l'industrie automobile. Nous l'avons mené avec plusieurs partenaires : Battenfeld pour l'équipement et le procédé d'injection à l'eau, Basell pour le polypropylène utilisé, Herzog pour les injecteurs d'eau, le mouliste ETD, Simplast pour l'expertise sur le procédé et les simulations rhéologiques et Transvalor (École des mines de Paris) pour le logiciel de rhéologie Rem 3D.

I. T. : Dans quelle direction allez-vous développer votre activité de rotomoulage ?

D. M. : Nous sommes en train de créer Smoby Engineering Production qui sera une filiale dédiée principalement à la création et à l'optimisation des procédés plastiques. Cette opération représente pour nous l'occasion de reconsidérer notre savoir-faire de quinze années dans le rotomoulage, technologie réputée dans le jouet mais peu exploitée dans d'autres domaines, en tout cas en Europe. Nous voulons ainsi nous positionner en tant que force de proposition pour diversifier cette technologie, en optimisant son rapport qualité/prix, sa flexibilité, sa productivité...

En termes de matériaux, nous collaborons avec nos partenaires chimistes (BP, Borealis, Atofina) et fournisseurs d'additifs (Clariant, Ciba, Polyone) sur l'amélioration des formulations, mais aussi avec le Centre de transfert de technologies du Mans, le Pôle européen de plasturgie et l'Institut Fraunhofer en Allemagne.

Concernant les procédés, l'une des voies envisagées pour gagner en flexibilité de production consiste à utiliser le principe de la navette (shuttle en anglais), comme alternative au classique carrousel. Le rotomoulage multicouche est une autre piste à suivre. Quant aux nouvelles applications du rotomoulage, nous pensons au conditionnement de pièces mécaniques pour l'automobile, au nautisme, au marché de la piscine...

I. T. : Avec l'acquisition de Majorette, vous êtes désormais présent dans le monde des jouets métalliques...

D. M. : Avant cette opération, nous avions une petite activité dans le métal. Elle se limitait à la mise en oeuvre de tubes pour nos baby-foot et nos portiques notamment. L'acquisition de Majorette nous a fait entrer dans un domaine totalement différent : l'injection métallique. Nous avons maintenant des moyens d'innover ou de reconcevoir certaines pièces en fonction des atouts de ce procédé. Un exemple : le tricycle Alu Plus présentera un cadre et un train arrière en alliage d'aluminium injecté, et non plus en tubes acier cintrés et mécanosoudés ou en plastique injecté sous forme de deux demi-coques. Avec, à la clé, un gain en termes de rigidité et de légèreté. D'ailleurs, plus généralement, nous réalisons une veille technologique sur le thème des matériaux métalliques et de l'allègement.

I. T. : Quels sont vos axes de réflexion dans le domaine de l'électronique pour les jouets ?

D. M. : Nos développements les plus récents concernent les jouets intelligents, les smart toys. Nous travaillons notamment sur les laser lighting, c'est-à-dire des lasers à longueur d'onde compatible avec les normes de sécurité enfant, sur le dopage de matériaux et le relargage avec émission d'une longueur d'onde et sur les commandes à distance par infrarouge en modulation.

Par ailleurs, nous venons de terminer un contrat de recherche avec le Laboratoire d'automatique de Besançon (LAB) sur la mise au point de systèmes robotiques mobiles communicants. Ce partenariat nous a permis d'engranger des connaissances pour nos futurs jouets. Notamment dans le secteur des moteurs pas à pas en courant continu et dans la reconnaissance de coordonnées polaires à partir de technologies optonumériques et par ondes radio.

LES CHIFFRES CLÉS

La R&D de Smoby-Majorette - 4 % du chiffre d'affaires (285 millions d'euros en 2004) consacrés à la R&D - 200 personnes pour la R&D réparties entre la France, l'Espagne et Hong-Kong - 2 200 personnes dans le groupe

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