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Les innovations discrètes des verres exotiques

Ludovic Fery

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Les innovations discrètes des verres exotiques

Un barreau de chalcogénure.

© © CNRS Photothèque / Kaksonen

Les chalcogénures sont des verres qui filtrent spécifiquement les rayons infrarouges. Leurs applications sont nombreuses, du militaire au médical, en passant par l’automobile.



 

Fabriqués à partir de soufre, de séléniures ou de tellurures, les chalcogénures diffèrent singulièrement de leurs cousins issus de la silice. D’aspect opaque à l’œil nu, ils deviennent transparents dans la fenêtre du spectre lumineux correspondant aux rayons infrarouges, comprise entre 800 et 1 200 nanomètres.

Ignorée de l’industrie verrière, la chimie de ces verres dits exotiques est née dans les années 1990 au sein du laboratoire Verres et céramiques de l’Université de Rennes. A partir de ce savoir-faire, son ancien dirigeant Jacques Lucas a monté deux entreprises pour valoriser ces propriétés optiques exceptionnelles.

Lunettes de visée et assistance à la conduite

La première société, Vertex, a vu le jour en 1996 pour développer, à bas coût, des verres et des lentilles à base de chalcogénures. C'est maintenant le groupe belge Umicore, via sa filiale IR Glass, qui a repris cette activité.

On retrouve les verres exotiques dans la gamme Gasir, destinée en particulier au marché de l'automobile. Les optiques moulées en verres de chalcogénures aident le conducteur à repérer à plusieurs centaines de mètres une source de chaleur inhabituelle (piéton, animal...). Ces lentilles font par exemple partie des options proposées sur la série 7 de BMW, lancée en 2005.

Les verres exotiques donnent aussi lieu à des applications militaires. Grâce au couplage à des microbolomètres, des capteurs d'infrarouge non refroidis, les chalcogénures peuvent s'intégrer à des objets compacts, par exemple des lunettes de visée thermiques.

Les diagnostics non invasifs de Diafir

Mi-2011, Jacques Lucas s’est associé à Hugues Tariel pour créer la société Diafir, qui a pour but de commercialiser un dispositif utilisant une fibre de chalcogénure pour du diagnostic non invasif. Par contact avec un liquide biologique, par exemple le sérum d’un patient, la fibre détecte une signature chimique particulière dans les infrarouges. Par comparaison avec une banque de signatures "saines", le diagnostic peut être posé sans procéder à une biopsie. Diafir veut éprouver sa technique dans un premier temps sur la stéatose non hépatique du foie. 

Ludovic Fery

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