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Les écoles d'ingénieurs se mettent au vert

CÉLINE LACOURCELLE redaction@industrie-technologies.com

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Les écoles d'ingénieurs se mettent au vert

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Le développement durable est à la mode dans les écoles d'ingénieurs. Si certaines préfèrent égrener cette thématique au fil de leur cursus général afin de sensibiliser, d'autres créent des diplômes de toutes pièces pour spécialiser.

Mastères, modules spécialisés, options... Les contenus dédiés au développement durable fleurissent dans les écoles d'ingénieurs. Parmi les initiatives les plus récentes, l'Estaca propose à partir d'octobre deux spécialisations en cinquième année, l'une sur l'écoconception, l'autre sur les nouvelles énergies. Si presque toutes les écoles se sont mises sur le créneau, « elles entrent majoritairement dans une logique de compléments intégrés à la formation générale et technique », observe Alexandre Rigal, directeur exécutif de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (Cdefi). Selon lui, elles jouent la prudence, l'employabilité des profils green trop marqués restant encore à trouver. Mais aussi parce que la préoccupation environnementale concerne tous les métiers. C'est le dessein de l'École des mines de Nantes qui a intégré, dans le programme général, cinq demi-journées dédiées à l'appréhension des enjeux sociétaux. Et le marquage a lieu dès la première année. « L'enjeu n'est pas d'avoir des spécialistes mais des personnes responsables », précise Bernard Lemoult, son responsable développement durable.

Beaucoup d'écoles ont sauté le pas à la demande des élèves

Même raisonnement à l'Université de technologie de Troyes (UTT) qui a ouvert en 2002 une filière « Économie des matériaux et environnement » d'une quinzaine de modules intégrés à son cycle ingénieur matériaux. « C'est une compétence supplémentaire, une sorte de coloration que l'on propose, intermédiaire entre la spécialisation et la simple sensibilisation », présente Alexandre Vial, responsable du programme.

Certaines écoles vont plus loin, avec l'affichage d'un diplôme. À l'instar de l'Isep qui, en partenariat avec l'Ifradd, a choisi la formule MBA « Ingénierie décisionnelle et management équitable », en complément du module développement durable présent dans le cursus initial des élèves. L'UTT propose un master ingénierie et management de l'environnement et du développement durable. Plus technique, le mastère spécialisé énergies marines renouvelables est lancé par l'Ensieta de Brest avec, notamment Telecom Bretagne et l'École navale, comme l'avaient fait avant elle Mines ParisTech et Arts et Métiers. La transformation, demain, des actuelles spécialisations de l'Estaca en mastères est le but de Jean Le Guen, en charge du développement durable à l'école, car « ce type de diplôme permet une meilleure visibilité de l'offre de formation et une ouverture internationale ». Alexandre Rigal remarque pour sa part que beaucoup d'écoles ont sauté le pas à la demande des élèves. C'est ce qu'explique Gay Tall, directeur des programmes de l'Esigelec. « Il y a quelques années, nous proposions parmi nos dominantes une sur l'énergie jusqu'à ce que des étudiants signalent leur intérêt pour la problématique du développement durable. Depuis deux ans, nous associons donc ces deux thèmes dans une dominante revisitée. » D'autres le font par engagement citoyen. Ainsi, pour Denis Beautier, directeur de la formation continue à l'Isep et cofondateur de l'Association française du management équitable, « il est indispensable de former des responsables d'entreprise et chefs de projet aux nouvelles contraintes sociétales pour élever les consciences. »

Ces messages semblent faire écho chez les élèves. Pour preuve, les spécialisations de l'Estaca, limitées volontairement à 30 inscrits, ont d'emblée fait le plein. Même accueil à l'Esigelec où la dominante développement durable est spontanément la plus choisie. Et cela n'étonne pas Alexandre Rigal car lorsque le Cdefi a réalisé une enquête sur l'éthique auprès des élèves, le développement durable a été le premier sujet cité.

La semaine des ingénieur-e-s du développement durable

Les écoles d'ingénieurs fourmillent d'idées, d'initiatives et de projets de recherche en matière de développement durable. C'est ce que tend à prouver, à chaque printemps depuis 2009, la « Semaine des ingénieur-e-s du développement durable » (appelée Semaine des ID), pilotée par la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (Cdefi). Chaque jour de l'opération, un projet innovant, porté par une école et ses élèves, est mis en exergue. L'édition 2011, dont les dates ne sont pas encore fixées, sera consacrée aux énergies renouvelables.

HENRI TIGER CHERCHEUR AU LABORATOIRE DES SCIENCES DE LA CONCEPTION, (G-SCOP) À GRENOBLE INP« Attention à ne pas former trop de spécialistes »

« Il y a beaucoup trop de formations dédiées aujourd'hui à l'environnement et trop d'étudiants voulant se spécialiser sur cette thématique, quelquefois survalorisée. Le risque est de ne pas avoir le nombre d'emplois correspondants. À l'exception de certaines niches (traitement des déchets, toxicologie, production et stockage de l'énergie...), les industriels ont besoin d'abord d'ingénieurs forts dans leur métier de base (mécanique, électronique, thermique, génie industriel...). Tous ne seront pas responsables environnement ! Quant aux secteurs des énergies renouvelables, même si le marché potentiel est important, beaucoup de sociétés n'ont pas encore fait la preuve de la viabilité de leur modèle économique. Il est stratégique de développer une vraie prise de conscience mais à l'intérieur des formations existantes, notamment à travers les approches de type écoconception. »

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