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Les drones s'engagent dans le civil

Thierry Mahé

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- Deux nouveaux appareils ultralégers, conçus dans l'optique du prix le plus bas, inaugurent les applications civiles et industrielles.

Le salon du Bourget a fait la part belle aux drones, ces "bourdons" sans pilote à voilure fixe ou tournante, développés par et pour les militaires à des fins d'espionnage. Deux nouveaux appareils, tous deux français, se démarquent. Par leur coût bas et, surtout, par le marché visé : au moins pour un tiers des applications civiles et industrielles. Fait marquant, les deux entreprises sont des outsiders de l'industrie du drone. Bertin Technologies propose ainsi son drone Hovereye. Et Infotron s'est bâti, en 2002, sur le projet Drone IT 180-5.

Quels sont les marchés visés ? Nombreux, variés, parfois insolites. Au premier rang figure l'inspection d'ouvrages d'art, viaducs, sites industriels, lignes à haute tension... pour des prises de vue impossibles à quiconque s'il n'est alpiniste, et difficiles et onéreuses depuis un hélicoptère. « Pour détecter les défauts, les ingénieurs ont besoin de photos très fines, prises de très près », note Olivier Philippe, directeur de l'activité drone chez Bertin, qui vante l'excellence du vol stationnaire d'Hovereye, doublée du carénage de sa voilure lui permettant de frôler la cible.

Le drone d'Infotron, lui, doté d'un confortable rayon d'action, prétend à des missions de surveillance de feux de forêts, de survol maritime, etc. Infotron argue également de sa charge utile (5 kg) pour des applications dévolues à l'aviation légère comme le largage d'insecticides.

Un matériel acheté "sur étagère"

Quoi qu'il en soit, les deux appareils auront de toute façon pour clientèle tout le secteur paramilitaire, douanes et gendarmerie, circulation routière. Et bien sûr l'armée ! Qui n'est jamais très loin. Hovereye est, à l'origine, une demande de l'armée de terre, tandis qu'André Jolivet, fondateur d'Infotron, s'est associé à son frère, Alain, ingénieur général de l'armement.

Les deux industriels ont mené leur développement dans l'optique du prix le plus bas, précisément pour ouvrir de nouveaux champs d'application. Là où le plus petit drone militaire vaut 200 000 euros, l'Hovereye de Bertin commence à 20 000 euros, celui d'Infotron 30 000 euros. Et encore ! Ces prix n'intègrent pas l'effet volume. Or, les objectifs de production sont ambitieux. On vise 500 à 1 000 par an chez Infotron, dès la fin 2006. Plusieurs milliers d'exemplaires en dix ans, chez Bertin.

Comment les deux industriels ont-ils fait pour "casser" les coûts ? En achetant tout le matériel "sur étagère", comme les moteurs, les centrales inertielles. Olivier Philippe, de Bertin, explique : « En version civile, Hovereye sera commandé à vue donc sans GPS, et dénué des logiciels sophistiqués d'évitement d'obstacles. De même, radar et caméra IR sont ici superflus. »

Côté Infotron, on maintient en version civile le mode automatique (un parcours prédéfini est suivi par le drone qui se repère grâce à GPS) et le mode suivi de terrain (écart d'altitude constant avec le sol). Mais si la carte électronique qui gère la mécanique de vol est faite maison, avec capteur inertiel intégré et circuits mis en redondance, en revanche celle qui gère l'applicatif et la communication est une simple carte PC du commerce. Elle échange d'ailleurs avec le sol en mode TCP/IP.

EN BREF

Un nouveau champ d'applications Ces drones visent des applications telles que - L'inspection d'ouvrages d'arts, viaducs, sites industriels... - La surveillance de feux de forêts - Les survols maritimes - Le largage d'insecticides, etc.

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